Accueil | Envoyer à un ami | Version imprimable | Augmenter la taille du texte | Diminuer la taille du texte

Sophonie 3 v 14-17 (William Edgar)



Texte : Sophonie 3/14-17
Genre : Méditation biblique
Auteur : William EDGAR
Source : Nuance, journal réformé évangélique (EREI), février 1997 (p. 26-27)



LE CHANT GLORIEUX DE LA RÉDEMPTION

La musique est une façon de répondre au mandat culturel et au salut — Le style de musique est affaire de cœur ; il dépend de notre communion avec Dieu — Dieu chante pour son peuple : voilà l’étonnante révélation !

Faire de la musique, comme toute autre activité culturelle, est tout simplement un mandat que Dieu a confié aux êtres humains au commencement (Genèse 1/28-30). C’est de là que la musique tire son sens et non d’une quelconque qualité divine intrinsèque. La musique est donc une manière de répondre à l’ordre de Dieu, à sa bénédiction sur la race humaine.

Si la musique possède un grand pouvoir, ce n’est pas parce qu’elle est magique, mais parce que son langage est particulièrement élevé, nous dégage des simples concepts verbaux et parle à l’âme. De cette manière, elle nous rappelle les choses élevées et nous rapproche de Dieu. La musique nous émeut parce que notre communion personnelle avec Dieu renferme une grande puissance, quelle que soit la forme de son expression artistique.

Répondre au salut
La capacité humaine à répondre par la musique n’a pas été perdue dans la Chute. Mais, par la grâce de Dieu, il lui fut donné un nouveau sens en relation avec la nouvelle réalité. Le but de la musique fut modifié, puisque adapté non seulement à la création mais aussi à la rédemption. Lorsque nous faisons de la musique maintenant, ce n’est pas simplement pour remplir la mission culturelle que Dieu nous a confiée : soumettre la terre et la dominer, mais également pour répondre au salut.

Considérons maintenant notre texte de Sophonie (3/14) : “Pousse des cris de joie, fille de Sion ! Lance des clameurs, Israël ! Réjouis-toi, exulte de tout ton cœur, fille de Jérusalem !”. Notre musique à ce moment-là est donc une réponse à “l’Eternel qui a écarté de toi les jugements” (v. 15).

Lorsque notre réponse musicale à l’adresse de Dieu est correctement faite, avec bonheur et dans la joie, le style prend en quelque sorte soin de lui-même. Il est certain, pour des raisons de contexte, que tous les styles ne sont pas appropriés à l’Eglise. Il nous faut choisir. Faire de la musique ne vient pas sans réflexion ni sans effort, même pour les chrétiens. Pourquoi en serait-il autrement ? David jouait habilement devant l’Eternel. On dispose d’une quantité de musique chrétienne mal faite. Toutefois, même cela émane d’un problème spirituel et non d’une erreur de style.

La difficulté avec bien des musiques d’Eglise actuellement est que nous travaillons beaucoup à chercher un style approprié, mais sans nous préoccuper du véritable sujet. Car tout commence avec le cœur. Quand les chrétiens chantent des cantiques sentimentaux, c’est parce que leur piété est sentimentale. Quand les chrétiens chantent une musique très complexe, c’est que leur piété est trop intellectuelle. Quand les chrétiens s’attardent sur le passé et déplorent tout ce qui est nouveau, ils ont une piété nostalgique. Lorsqu’ils rejettent l’ancien et n’acceptent que le nouveau, c’est que leur piété ignore la communion des saints.

La raison pour laquelle la musique de la Réformation était pleine de vie, simple mais profonde, belle et édifiante, vient du fait que la spiritualité de cette époque était profonde, réelle et pleine de grâce !

Quand nous réalisons avec Sophonie que “l’Eternel a écarté de toi les jugements, il a détourné ton ennemi”, dès lors nous pouvons entonner un chant nouveau, crier à voix forte et être heureux. Le style sera adéquat. Quand nous réalisons que le Seigneur, le Dieu d’Israël, est avec nous, nous n’avons plus jamais de crainte ; alors nous pouvons exulter, et notre âme peut s’émouvoir d’une telle intensité que seule la musique parvient réellement à exprimer.

Un héros qui sauve
Israël connaissait une période de grande décadence, de grave corruption pénétrant tous les rangs de la société, des rois aux prophètes et au peuple. C’était une nation “cynique” et “oppressive envers les veuves et les orphelins”. Mais, là encore, le prophète pouvait déclarer que Dieu était un héros, un guerrier qui sauve : “L’Eternel, votre Dieu, est au milieu de vous, il est puissant pour vous sauver”. Jésus-Christ viendra pour écarter le jugement qui pèse non seulement sur vos ennemis mais sur vous-mêmes : “En ce jour-là, tu n’auras plus honte de tous tes agissements, des crimes que tu as commis contre moi, dit le Seigneur” (v. 11). Quand nous croyons cela, quand nous le réalisons vraiment, dès lors nous pouvons chanter le chant glorieux de la rédemption.

Mais, voyez-vous, il y a quelque chose de plus ici. Quelque chose de merveilleux. Sophonie nous révèle un grand secret. Nous apprenons que, au delà du Christ envoyé comme guerrier qui sauve, il y a un Dieu débordant d’émotion. Et cette émotion de Dieu comble son peuple d’allégresse. Dieu, le puissant créateur, fait ses délices de la joie de son peuple. Comment est-ce possible ? Plus je me connais moi-même, plus je me sens ingrat et absolument désagréable envers Dieu. Et malgré tout, que dit notre texte ? Comment cela se peut-il ? “Grâce étonnante, combien est doux le son qui a sauvé un misérable comme moi”.

Pas de condamnation
Alors le prophète dit quelque chose d’extraordinaire. Il déclare “qu’il gardera le silence dans son amour pour toi”. On pourrait comprendre que cet immense amour de Dieu est si profond qu’il le médite dans son cœur. Mais cette idée romantique ne correspond pas au contexte, surtout si l’on considère le verset suivant. Non, le silence de Dieu est en rapport avec autre chose. Dieu nous aime tant qu’il ne veut pas nous frapper par son jugement. Il refuse de prononcer une parole de condamnation.

Vous le savez, notre Seigneur Jésus-Christ a vécu la même expérience : “Il a été maltraité, il s’est humilié et n’a pas ouvert la bouche, semblable à l’agneau qu’on mène à la boucherie” (Esaïe 53/7). Quel tableau étonnant ! Jésus garde le silence non parce qu’il est résigné ou amer, mais parce qu’il refuse de prononcer un jugement. S’il avait parlé, il aurait déclenché ou déchaîné la colère des anges. Et personne, ni vous, ni moi, n’aurions été sauvés.

Dieu chante
Mais il y a davantage encore ! Et c’est peut-être la plus étonnante de toutes les révélations. L’amour de Dieu est si grand, sa tendresse si profonde, sa joie si intense, qu’en réalité il chante pour son peuple. Quel chant cela doit être ! Si notre musique est le fruit de nos émotions, et que nous pouvons produire un Bach ou un Beethoven, que penser de la musique divine ? “Dieu est sorti avec un cri”, “de Sion, beauté parfaite, Dieu a répandu la lumière. Notre Dieu est venu et n’a pas gardé le silence” (Esaïe 42/13 et Psaume 50/2-3).

Mais encore et encore, la pensée la plus précieuse pour nous n’est pas le chant, mais le cœur qui l’a chanté. Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique. Ce si grand amour que Dieu a manifesté, il le chante. Charles Spurgeon, commentant ce passage, déclare : “Cela est tellement merveilleux ! Quand Dieu a terminé la création, il n’a pas chanté, mais dit simplement : cela est bon ; mais lorsqu’il s’agit de la rédemption, dès lors, la sainte Trinité éprouva une joie telle qu’elle l’exprima par un chant. Pensez-y et soyez émerveillés ! Jésus Dieu chante son union avec l’épouse qu’il s’est choisie”.

Lorsque nous considérons cela, lorsque nous y croyons, il ne nous reste plus qu’à nous prosterner et à adorer. En réponse, nous chanterons à Dieu : “Et moi, je chanterai ta force ; au matin j’acclamerai ta bienveillance” (Psaume 59/17). Découvrons le Dieu qui nous commande de l’aimer de tout notre cœur, de tout notre esprit, de toute notre âme et de toutes nos forces, car il nous a aimés lui-même de tout son coeur, de tout son esprit et de toutes ses forces. Redécouvrons ce Dieu dont l’amour est si grand qu’il le pousse à chanter.




Inscription à la newsletter

Sondage
Quelles rubriques devraient être développées prioritairement ?