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Romains 8 v 8-11 Alphonse Maillot
Texte : Romains 8/8-11
Genre : Notes homilétiques Auteur : Alphonse MAILLOT Source : Qui a péché… ? — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année A (Carême – Semaine sainte – Temps de Pâques – Ascension – Pentecôte - Trinité). Mission intérieure de l’Eglise Evangélique luthérienne, 1993 (p. 51-52). 5° dimanche du Carême Romains 8/8-11 v. 8 : Lectionnaire catholique : "... sous l'emprise de la chair" (sic !) ; TOB : "... sous l'empire de la chair" ; quant à mon travail sur cette épître, on y trouvera une bien maladroite périphrase : "...(eux qui vivent) selon la créature charnelle". Le texte grec : "... ceux qui sont de la chair" = ceux qui croient possible de trouver la justice à l'aide d'eux-mêmes et de leurs œuvres. Surtout il faut n'accorder au mot "chair" ici (et souvent dans le reste de l'épître) aucun autre sens péjoratif que celui-là : le désir de propre justice (la pire faute cependant pour l'apôtre). La "chair" peut recouvrir ici les œuvres les plus superbes, comparables à celles données en 1 Corinthiens 13/1-3, mais vues comme concurrentes de la grâce de Dieu. Comprendre donc : "Celui qui veut se sauver lui-même ne peut pas (contrairement à l'un de ses désirs les plus profonds) plaire à Dieu". C'est le grand paradoxe paulinien : "Qui croit pouvoir par lui-même plaire à Dieu est sûr de ne lui point plaire". Dieu lui barre la route avec la Croix que le désir humain profond de propre justice a plantée (puis-je rappeler au passage qu'il faudra attendre Luther pour retrouver en plénitude cette interprétation ?). Tout le chapitre 7 en est éclairé. Mais, après avoir tous été "de la chair", nous sommes devenus, par la grâce de Dieu, "ceux de l'Esprit" = ceux qui ne cherchent plus dans leurs œuvres ou en eux-mêmes ou dans leur existence propre, un moyen de plaire à Dieu. Ce sont ceux qui acceptent que Dieu ait vraiment tout fait pour eux, ceux qui vivent désormais détendus, apaisés (5/1), sans jugement sur eux (8/1), réconciliés avec eux-mêmes tout comme avec Dieu (5/1 & 10), etc… car l'Esprit de Dieu (sans pour autant qu'ils le sentent) a pris toute la place dans leur vie (ici v. 9), comme Dieu a pris possession de toute leur existence. Certes, cette dernière (le corps du v. 10) est toujours mortelle, tout comme elle porte encore les marques et les stigmates de ce péché qui nous incline toujours vers l'auto-justification (dont nous n'arrivons jamais à nous libérer totalement), mais déjà l'Esprit qui nous fait vivre comme justes, habite aussi en nous et y commence son œuvre de vie et de dé-préoccupation de nous-mêmes. Tout comme il a fait sortir le Christ de son tombeau, non seulement il nous donne dès à présent des prémices de vie éternelle (comme la dé-préoccupation de soi), mais surtout Dieu lui-même donnera à nos personnes (autre moyen de rendre le mot "corps") la même vie que celle qu'a reçue Jésus (v. 11). On remarquera combien les trois "personnes" : Esprit, Fils, Dieu, sont ici inextricablement liées dans leur œuvre de vie en faveur des chrétiens. Mais on ne fera que le constater, sans pour cela pouvoir construire (ici) une doctrine rigide autant que définitive de la Trinité. Autres textes de la même catégorie
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