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Romains 5/1-5 Alphonse Maillot
Texte : Romains 5/1-5
Genre : Notes homilétiques Auteur : Alphonse MAILLOT Source : Je suis qui je serai — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année C [Carême – Semaine sainte – Temps de Pâques – Ascension – Pentecôte – Trinité (18 dimanches et fêtes)]. Mission Intérieure de l’Eglise Evangélique Luthérienne, 1991 (p. 158-159). Romains 5/1-5 Je crois que, tout d'abord, il faut revoir de près la traduction, non pour critiquer les diverses interprétations, mais pour mieux faire l'investigation des trésors que nous offre ce texte. Tout d'abord, aussi bien que « désormais justifiés par la foi » (ce qui est bien sûr exact), on peut traduire, ou pour le moins le sous-entendre, par « désormais Justes par la foi ». Les deux sont vrais. Ensuite, c'est le plus souvent par a priori théologique que l'on prend la vieille tradition de lecture : « Nous avons la paix avec Dieu » ; mais je crois qu'on peut et doit prendre l'autre lecture, tout aussi bien attestée : « Soyons en paix avec Dieu » (souvent prise aussi par a priori théologique !). Pourtant, on ne blesse aucune sensibilité théologique en comprenant cette exhortation comme signifiant : « Ne vivez plus comme si Dieu était votre ennemi, votre espion, votre juge sans cesse aux aguets. Dieu, Lui, est en paix avec les justes que vous êtes ; que donc les justes se sachent en paix avec Lui (et donc avec eux-mêmes ; cf. Jean 14/27, où c'est sa propre paix face au Père que Jésus donne à ses disciples). Que donc chacun d'entre nous se débarrasse (ça ne se fait pas toujours en un seul jour) de tout ce qui pourrait l'accuser (1 Jean 3/20-21), le ronger ou le paralyser, en se souvenant bien que cette vie paisible dans une liberté réelle et débarrassée de faux soucis, cette grâce quasi palpable dans toute l'existence, il les doit au Seigneur Jésus-Christ (5/2). Et maintenant, au lieu de chercher à nouveau à trouver en nous (ou nos sermons), un sujet d'autosatisfaction, sinon de vanité, si nous placions tout ce qui fait nos certitudes, nos enflures (= le mot « orgueil ») dans cette espérance nouvelle qui est notre seul moyen de rendre gloire à Dieu (v. 3) ? Et Paul va tout de suite montrer que ce n'est pas de la langue de bois litanique. Tout de suite, il va placer cela en pleine réalité. Et même dans la plus dure des réalités : la détresse, c'est-à-dire les plus grandes des difficultés. Attention ! Il ne s'agit en aucun cas de les rechercher (elles nous trouvent toutes seules !), mais de savoir que ce qui, jadis, quand nous n'étions pas en paix avec Dieu, nous abattait et nous faisait renoncer ou désespérer, cela peut, désormais, devenir le tremplin de notre assurance. Cela peut servir à nous affermir, au lieu de nous ronger. Paul décrit alors le processus qui désormais, peut inverser le signe de toutes choses pour nous (v. 3). La détresse (fécondée par la paix de Dieu) produit la persévérance, la force de supporter. Puis cette persévérance va, elle aussi, nous permettre de changer une situation en son contraire : Paul fait alors un jeu de mots impossible à traduire sur le double sens d'un mot grec : épreuve et preuve... Comme l'épreuve à un examen peut fournir la preuve de notre persévérance à apprendre, l'épreuve, traversée avec persévérance (qui n'est ni résignation ni gros dos), va nous administrer la preuve que notre foi est vraie ; et elle va nourrir notre espérance qui, elle-même, trouvera que l'amour de Dieu n'est pas resté une simple réalité extérieure, mais a pénétré, par la force de l'Esprit, au fond de nous-mêmes, pour se traduire dans nos existences. Nous avons à notre disposition la preuve que tout cela est vrai : en triomphant de l'épreuve. La preuve de la vérité du Christ n'est pas dans un raisonnement (heureusement !) ni dans des œuvres merveilleuses (encore heureusement !), etc… Elle est dans ces victoires, petites ou grandes, dont nous savons que nous n'aurions pas su les remporter nous-mêmes. Essayez, frères !... L'amour de Dieu a été répandu dans vos vies. Autres textes de la même catégorie
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