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Romains 15 v 4-9 Alphonse Maillot
Texte : Romains 15/4-9
Genre : Notes homilétiques Auteur : Alphonse MAILLOT Source : Voici l’homme — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année A (Avent-Noël-Epiphanie jusqu’au Carême non compris). Mission intérieure de l’Eglise Evangélique luthérienne, s.d. (p. 18-20). 2° dimanche de l’Avent Romains 15/4-9 Tout d'abord, on prendra garde à ne pas oublier le contexte, 15/1 en particulier : "Les forts (ceux qui ont compris vraiment la nouveauté de l'Evangile et la royale liberté qu'il conférait) doivent prendre en charge les infirmes ou les faibles, c’est-à-dire ceux chez qui cette liberté n'a pas pu s'épanouir et qui ont encore besoin d'une béquille — un peu de prescriptions ou de préceptes — pour parvenir au plein Evangile". Et Paul a rappelé au v. 2 la "morale" (?) relationnelle qu'il développe (depuis le chapitre 12) : le seul critère "moral", c'est le prochain et non pas mon autosatisfaction doctrinale ou éthique. Si le prochain est faible, je dois en tenir compte dans mon propre comportement ; tout comme le Christ s'est fait faible pour ceux qui l'entouraient (cf. v. 3)... sauf — et on n'oubliera pas, par exemple, Matthieu 23 — quand ces "faibles" se voulaient directeurs et lumières du peuple. Il est net que Paul, comme son Maître, distingue très bien entre les chrétiens "courants" (qui deviendront "les paroissiens") et ceux qui les dirigent ; et s'il a pitié de ceux-là, qui sont les brebis qui n'ont pas de vrais bergers, en revanche il est très sévère pour ceux-ci, préoccupés de leur autosatisfaction intellectuelle, morale, hiérarchique, etc… Paul doit alors penser à des textes comme Ezéchiel 34 (et autres) ; il retrouve donc déjà, dans les textes "pro-écrits" (littéralement) (qui deviennent "l'Ecriture" dans la fin du verset), cette exhortation à la "dépréoccupation de soi" (par exemple de savoir si ce qui est écrit ici, me fera plaisir ou non), que le Christ a été le premier à vivre pleinement (et qui lui vaudra des injures, comme à l'auteur du Psaume 69). Attention à la traduction "Ecriture" ou "livres saints" ; il ne s'agit pas du Nouveau Testament, qui est loin d'être rédigé à l'époque, mais de la Torah et même des "Ecrits" (ainsi qu'en témoigne le Psaume 69). [Rappelons que l'Ancien Testament (mauvaise expression d'ailleurs) est composé de trois parties : Torah (Pentateuque), Prophètes (qui comprennent les livres historiques), Ecrits (ce que nos frères juifs appellent le TaNaK), que la TOB a enfin respectées (cf. Luc 24/44)]. Il semble alors peu logique que Paul en vienne au v. 4 "à l'espérance, la patience et le réconfort, etc…". Pourtant, le lien existe, d'après l'apôtre en tout cas : c'est quand je me "dépréoccupe de moi", de mes soucis ou de ma grandeur, que justement disparaissent le découragement, le désespoir (cf. Romains 7) et l'impatience. Paul relie clairement l'espérance (qui a une très grande place dans l'épître) au souci des autres, à la prise en charge de leurs faiblesses : "Si tu veux trouver l'espérance, casse ton miroir pour t'occuper des frères". On notera qu'au v. 13, Dieu est appelé "Dieu-de-l'espérance", ce que montrerait le mouvement de l'épître, et ici il est (v. 5) le Dieu (qui donne) de la patience (traduction un peu faible : le terme exprime la possibilité de porter et supporter les difficultés) et du réconfort (à la fois reçu et partagé). Paul, d'ailleurs, se croit obligé de rappeler que Dieu est celui-là, et que nous, nous pouvons recevoir ce qu'il donne, à cause de Jésus-Christ. Et au v. 6, Paul demande aux forts et aux faibles de se mettre vraiment d'accord, en chantant ensemble la Gloire du Dieu-Père-de-Jésus-Christ. Les cantiques (et Psaumes) ne sont pas ici tant des preuves de l'accord des chrétiens que des moyens d'y parvenir. "Vous êtes divisés ? Eh bien, chantez le Dieu-Père ensemble, et ça ira mieux ! Le verbe "accueillir" (du v. 7) pourrait très bien se traduire : "Prenez-vous, acceptez-vous (les uns les autres) comme vous êtes", c'est-à-dire : "Ne mettez pas de condition préalable à l'accueil des autres ; prenez-les avec leurs limites, leur liberté s'ils sont forts, leurs infirmités s'ils sont faibles". Signalons que Paul n'est pas toujours d'une telle ouverture (cf. l'épître aux Galates). Et Paul en revient à la "bi-composition" (relire les chapitres 9-11) de l'Eglise de Rome : les judéo-chrétiens, peut-être évangélisés par Pierre, et les pagano-chrétiens, peut-être disciples des "fameux Hellénistes" : Actes 9/29 (?). Il rappelle que, si Jésus-Christ s'est mis au service (ici, c'est le mot "diacre") des Juifs, et a accepté les prescriptions de la Torah, c'est parce qu'il n'entendait pas renier les promesses faites par son Père, à ses pères ; mais, pour les non-Juifs (meilleure traduction que "païens"), la joie de l'Evangile a été ouverte par ce même Jésus-fin-de-la-Torah (10/4). Répétons que la lecture des chapitres 9 à 11, ainsi que le repérage du double objectif continuel : "Juifs et non-Juifs", de Paul dans cette épître, sont nécessaires à une meilleure compréhension de sa "théologie". Autres textes de la même catégorie
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