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Romains 13 v 11-14 Alphonse Maillot



Texte : Romains 13/11-14
Genre : Notes homilétiques
Auteur : Alphonse MAILLOT
Source : Voici l’homme — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année A (Avent-Noël-Epiphanie jusqu’au Carême non compris). Mission intérieure de l’Eglise Evangélique luthérienne, s.d. (p. 10-11).



1° dimanche de l’Avent

Romains 13/11-14a

Il serait dommage de ne pas relier ce texte à ce qui précède : le chrétien n'est pas l'ennemi juré du genre humain, pas même de Néron ni du percepteur (13/1-7) ; car Paul en revient au comportement chrétien dans l'Eglise (lire au v. 8 : "Celui qui aime, accomplit totalement la Torah"). Le raisonnement se prolonge ; en effet (v. 11), il est des chrétiens qui déjà sommeillent (pas seulement ni surtout durant les cultes) ; c'est dire qu'après un moment d'enthousiasme, où ils se sont cru déjà en plein ciel, et où ils ont pensé que l'histoire se terminait, leur espérance et leur patience se sont ensuite émoussées ; leur foi est devenue léthargie, car à chaque jour qui passait, ils ont estimé que la venue du Royaume reculait d'autant.

Il est probable qu'au v. 12, l'apôtre ne veut pas simplement exprimer le truisme : "Chaque jour qui passe nous rapproche (temporellement) du dernier jour", mais plutôt dans la ligne de l'Apocalypse : "Chaque jour, le Christ fait un pas vers nous ; chaque jour, il nous est plus proche, plus accessible". Cette proximité est, oserait-on dire, plus spatiale que temporelle (cf. Apocalypse 3/20 et, pour la suite de notre texte, Apocalypse 2/16, 3/11, etc…). Ce qui signifie, pour nous qui pensons souvent qu'au fur et à mesure que l'histoire se déroule, nous nous éloignons du Christ, que c'est, en fait, tout le contraire. En effet, chaque jour, le Christ construit un peu plus son Royaume, donc chaque jour, le Christ devient plus proche de chacun d'entre nous. Il est (v. 13) tout proche. Nous sommes à l'aurore du Royaume. Déjà sa lumière (rappelée à Noël de mille manières) nous illumine de ses premiers rayons ; évidemment nous n'allons pas nous enfoncer dans de nouvelles ténèbres (destinées le plus souvent à fuir nos angoisses, v. 13). Paul fait sans doute allusion aux Saturnales, fêtes nocturnes et... débridées, qui, cependant, ne connaîtront leur apogée qu'à la fin du 5° siècle. De toute manière, ces excès dénoncés par Paul avaient un alibi religieux. Mais au lieu de cette course aux ténèbres, nous pouvons "nous mettre dans la peau du Seigneur Jésus-Christ". Je préfère cela au verbe trop "externe" : revêtir (en effet, nos garde-robes fournies ne nous permettent pas de vraiment saisir la force de cette expression ; cf. cependant notre "changer d'idées comme de chemise").

On peut voir ici que la prédication du "Réveil" doit sans cesse être reprise dans l'Eglise, et donc aujourd'hui encore, en rappelant toujours la proximité de Jésus. Celui-ci n'est pas au ciel, au sens que ce terme a pris en marquant la distance de Dieu d'avec nous, mais il est à notre porte (Apocalypse 3/20) :

a) par son appel,

b) et, ne l'oublions pas, par la médiation de ceux qui y frappent parce qu'ils ont besoin de nous (Hébreux 13/2).




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