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Romains 10 v 8-13 (Alphonse Maillot)
Texte : Romains 10/8-13
Genre : Notes homilétiques Auteur : Alphonse MAILLOT Source : Je suis qui je serai — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année C [Carême – Semaine sainte – Temps de Pâques – Ascension – Pentecôte – Trinité (18 dimanches et fêtes)]. Mission Intérieure de l’Eglise Evangélique Luthérienne, 1991 (p. 9-11). 1° dimanche de Carême Romains 10/8-13 Si l'on peut se réjouir que, pour une fois, il y ait une parenté avec le texte précédent (puisque Romains 10 cite plusieurs fois le Deutéronome : 9/4, 30/12, 30/13, 30/14, 32/21, 29/3), on peut regretter de ne pas avoir été incité à lire Romains 10/17, où la TOB traduit de manière malencontreuse : « (la foi vient de) la prédication », alors que c'est le mot « écoute » — ce qui nous permettait de nous retrouver de plain-pied avec le Deutéronome où Dieu ne veut être « qu'une VOIX » (4/12-17) (qui suscite la foi). De toute manière, il convient de remonter à Romains 10/6-7 qui fait un savant amalgame entre Deutéronome 9/4 et 30/12-13. Ce dernier passage fait sans doute allusion aux mythes sotériologiques étrangers où, pour ramener aux hommes la pluie et la fécondité, des divinités devaient affronter les enfers ou les dieux infernaux avant de retrouver leur place au ciel (cf. par exemple le cycle de Ba'al). Ce qui, bien entendu, était impossible aux hommes, réduits au rang de spectateurs craintifs et impuissants qui pouvaient tout juste encourager « l'auteur » de leur « salut ». Mais, en fait, ils ne pouvaient rien accomplir d'efficace, incapables qu'ils étaient, aussi bien de monter au ciel que de descendre affronter les divinités infernales. Or, la Torah, c'est tout autre chose ; Dieu, non seulement l'a donnée dans l'Ecriture, mais déposée dans le cœur de l'homme. Elle lui est accessible — vraiment accessible — et pour le Deutéronome, le sort de l'homme ne dépend ni de la réussite ni de l'échec des divinités dans leur « Mission impossible », mais désormais de son écoute de la Torah et de sa mise en pratique. Voilà la problématique nouvelle (et antireligieuse) de la Torah. Seulement Paul a découvert que, pour lui, les Juifs, en recevant mal le Christ, ont montré qu'ils avaient aussi mal reçu la Torah, devenue instrument d'auto-affirmation et d'auto-justification ; elle s'est transformée, ipso facto, en ciel inaccessible ou en enfer redoutable ; de toute manière en idéal qui m'épuise, me désespère, me déchire ou me gonfle (cf. Romains 7/7ss et 10/2-3). Seule la parole de la foi où j'ai d'abord tout à recevoir à hauteur d'homme, et rien à conquérir au-delà ou en deçà, est vraiment à ma portée. Dieu, en Jésus-Christ, est venu à hauteur d'homme, tout me donner jusqu'à sa vie. Je n'ai ni à m'abaisser ni à me surélever pour recevoir le salut ; j'ai simplement, humainement et vraiment à le recevoir et alors fermement m'y tenir. Puis ensuite, moi aussi, j'aurai à raconter, à dire ce qui a été fait pour moi (Romains 10/10-11). Le salut n'est ni dans les enfers qu'il me faudrait forcer ni dans un ciel que seul un alpinisme dément me permettrait d'atteindre. Il est là, dans la parole que tu lis en ce moment, et dans la parole que tu vas dire, après l'avoir écoutée. C'est tout simple. Tu as seulement à recevoir et seulement à dire. Et c'est valable pour tous (v. 11). Il n'y a même plus, dit Paul, de « diastolè » entre les hommes, (bien difficile à traduire ; = il n'y a plus de force centrifuge qui écarte les hommes les uns des autres ; au contraire, la foi les réunit vers un même salut ; on pourrait parler de « systole »). Avant le Christ, le monde était en éloignement centrifuge et continu. A partir du Christ, autour de la Croix, les hommes sont en rapprochement continu aux pieds d'un même Sauveur (cf. Ephésiens 2/14-17). On ne craindra pas ici de dénoncer ceux qui voudraient aujourd'hui à nouveau mettre les hommes en « diastole », parfois au nom même du Christ. Blasphème ultime ! Vient alors la grande promesse universaliste du verset 13. Autres textes de la même catégorie
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