|
|
Accueil |
Envoyer à un ami |
Version imprimable |
Augmenter la taille du texte |
Diminuer la taille du texte
Romains 1/1-7 Alphonse Maillot
Texte : Romains 1/1-7
Genre : Etude biblique Auteur : Alphonse MAILLOT Source : Le Christianisme au XX° siècle, n° 6, 11/02/1980 (p. 4). A ceux qui ont vocation… TEXTE 1 Paul, serviteur du Christ-Jésus, ayant reçu vocation d'apôtre et mis à part en vue de l'Evangile de Dieu ; 2 [(cet Evangile) promis à l'avance par Dieu au moyen de ses prophètes dans les Saintes Ecritures, 3 concerne son fils qui, d'après la chair, est descendant de David, 4 et qui, d'après l'Esprit Saint, a été établi fils de Dieu avec puissance, par la résurrection des morts : Jésus-Christ, notre Seigneur. 5 C'est par lui que nous avons reçu la grâce de l'apostolat, afin d'amener, chez toutes les nations, des hommes à l'obéissance de la foi, pour (la gloire) de son nom. 6 Vous êtes de ces nations vous à qui Jésus-Christ a adressé vocation] ; 7 (Paul), à tous ceux qui ont reçu vocation de chrétiens, à vous, grâce et paix de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus-Christ. Romains 1/1-7 NOTES Dans ce passage très controversé on remarquera : a) qu'en fait il n'y a qu'une seule phrase ; b) que Paul y a intercalé (v. 2-5) une confession de foi (qui pourrait être romaine) ; c) que le message contenu correspond étroitement à son dessein ; d) qu'il commence (presque) avec « Christ-Jésus » et finit avec « Jésus-Christ ». Celui-ci est l'Alpha et l'Oméga de l'histoire du salut. v. 1 : « Ayant reçu vocation d'apôtre » : d'habitude « appelé apôtre », mais le verbe « appeler » est trop faible (cf. v. 6 et 7). On notera que cela correspond, au v. 7, à « ceux qui ont reçu vocation de chrétiens ». « Mis à part » : terme parent du mot « établi » du v. 4. Ce n'est probablement pas fortuit : Dieu a mis à part le Christ qui a mis à part les apôtres. L'établissement de Jésus comme Fils, entraîne l'institution des apôtres. « En vue de l'Evangile » : plutôt que « pour l'annonce de l'Evangile », traduction trop restrictive ; l'Evangile est plus large que la prédication. L'annonce de l'Evangile est encore l'Evangile, la preuve en est les Actes des apôtres (et les épîtres). v. 2 : « Les Saintes Ecritures » : seul emploi de cette expression dans le Nouveau Testament ! Cf. Romains 7/12. v. 3 : « D'après la chair » : et non « selon la chair » ; comprendre donc « si l'on s'en tient à la chair », c'est-à-dire à ce que l'homme naturel peut comprendre... Et pour la suite « si l'on s'en tient au Saint-Esprit... », c'est-à-dire à ce que Dieu nous a révélé... Descendant de David : littéralement « de la semence de David ». v. 4 : « A été établi » : grande querelle théologique entre ceux qui veulent d'un « Fils engendré et non créé », et ceux (les adoptionistes) qui s'appuient sur ce texte et Philippiens 2/9, pour voir en Jésus un homme élevé au rang de Fils de Dieu après sa mort et par sa résurrection (à laquelle ils ont souvent d'ailleurs bien de la peine à croire). Le mot évoque les « décisions irrévocables », les « serments sur lesquels on ne peut revenir », les « bornes qu'on ne peut bouger ». Alors ce qui est important, c'est que pour nous aujourd'hui Jésus-Christ est irréversiblement Fils de Dieu. Avec puissance : ?? Difficile ! La meilleure hypothèse : « Par la Puissance (c'est-à-dire Dieu lui-même) qui a ressuscité Jésus ». v. 5 : littéralement « la grâce et l'apostolat » ; et encore littéralement « en vue de l'obéissance de la foi chez toutes les nations ». On notera que si l'apostolat est d'abord « grâce », il est aussitôt « mission ». Il n'y a donc pas d'apôtre « in partibus ». En hébreu, en grec (et en français aussi selon l'étymologie), le mot « obéissance » se recouvre avec le mot « écoute ». Cependant cette expression « obéissance de la foi » (qu'on retrouve en 16/26, passage qui n'appartient pas à l'épître primitive) est curieuse, peu paulinienne (cf. Galates 3/2). Paul a ses raisons (qui nous échappent) pour l'employer ici (cf. cependant le 5° des Remarques). « Pour la gloire de son nom » : littéralement « par son nom ». Tout vient de Jésus-Christ et tout doit y concourir. Peut-être y a-t-il là un léger « coup de patte » envers ceux qui ont évangélisé les Romains ; Paul rappelle qui est le véritable « auteur » de la foi. « Ceux qui ont reçu vocation de chrétiens » : littéralement « appelés saints ». REMARQUES — En utilisant cette confession de foi, différente de celle de Philippiens 2/6-11 et de celle de 1 Corinthiens 15/3-5, Paul veut probablement montrer qu'il se sent en « accord de foi » avec ces Romains qu'il n'a pourtant pas encore rencontrés. — Si dans 1 Corinthiens 15 (v. 8-11) il a relié apostolat et Résurrection, il va relier ici son apostolat (qui semble beaucoup moins discuté à Rome qu'à Corinthe) à l'Evangile tout entier, mais un Evangile dilaté à toute l'histoire du salut, même s'il est centré sur Jésus-Christ. On remarquera que cette confession ne fait aucune allusion à la crucifixion. — Cette confession de foi correspond étrangement au projet de Paul dans cette épître : montrer comment Jésus-Christ « aimante » et explique l'histoire humaine. En une phrase Paul réussit à parler : a) du Christ passé, déjà vivant en David et promis par les prophètes ; b) du Christ venu parmi les hommes et ressuscité ; c) du Christ qui, ensuite, envoie les apôtres pour que l'Evangile soit reçu par tous. Ces trois temps qui sont la globalité de l'Evangile, ont une trame fondamentale : le Christ qui assure l'unité et la continuité de l'histoire du salut. Et maintenant dans toutes les nations il adresse vocation à des hommes pour qu'ils s'associent à l'Evangile puissance de salut. Cette association à l'Evangile, ce sera la foi. On remarquera bien que, pour Paul, l'Evangile n'est pas simplement un message, encore moins un texte bloqué dans un livre, mais c'est le mouvement même du salut au travers de l'histoire. Et quand nous recevons ou annonçons l'Evangile, nous sommes aussi dans l'Evangile, dans sa trajectoire salutaire. — Cette dynamique qui transperce le temps de l'Incarnation, nous permet de saisir que cette épître parlera encore plus (sur le fond) de l'espérance que de la foi. Si la foi est de discerner (et d'accepter d’y voir sa propre histoire) le plan de Dieu d'Adam au Christ en passant par Abraham, Moïse et David, l'espérance est de lire le présent de manière christologique et de voir tout (création, Israël, Eglise, puissances diverses) converger vers la révélation des enfants de Dieu, et aussi de s'associer à ce mouvement du futur. — Si le « nous » du v. 5 désigne l'apôtre Paul (je n'en doute pas), il y a là un rappel du théorème de Galates 2/8 : « A Pierre l'Evangile pour les circoncis ; à moi Paul, l'Evangile pour les païens ». Or ici, à Rome, l'Evangile n'est pas arrivé par Paul ; peut-être même est-il venu par Pierre ? Alors est-ce Pierre qui n'a pas joué le jeu ? Ou n'est-ce pas Dieu qui trouble les théorèmes des hommes, fussent-ils apôtres ? De toute manière Paul est perplexe ; on peut dire « qu'en gros », il s'incline devant les faits, mais sa lettre, si précise et si catéchétique, est bien la preuve qu'il ne renonce pas totalement à être aussi à Rome, l'apôtre des païens. Mais le plus important, à mon avis, est que si Paul et Pierre d'un commun accord avaient décidé d'annoncer chacun une « partie d'Evangile à une partie d'humanité », il y a eu quelqu'un qui s'est tenu et se tient encore au-dessus de nos stratégies, de nos ecclésiologies et de nos frontières. « Le Seigneur qui est dans les cieux, rit » (Psaume 2/4). — On notera que cette épître qui se veut description de l'Evangile à l'œuvre dans l'histoire des hommes, essaiera d'intégrer à cette histoire les réponses négatives ou les révoltes de l'homme, en montrant que Dieu pèse sur le péché de telle sorte qu'il devienne le tremplin de la grâce... Alors péchons afin que la grâce abonde ? Absurde ! |
Inscription à la newsletter
|
Cultes contemporains
Matthieu 01 v 18-25 Christian Tanon