|
|
Accueil |
Envoyer à un ami |
Version imprimable |
Augmenter la taille du texte |
Diminuer la taille du texte
Proverbes 9 (David MITRANI)
Texte : Proverbes 9
Genre : Prédication Auteur : David MITRANI Source : Prédication pour le 20.08.2000 à Jarnac (17). Chers frères et sœurs, il arrive, dans notre Eglise, dans notre société, il arrive que nous ayons honte de l'Evangile. Oh ! non pas l'Evangile que nous croyons : notre société reconnaît que ce genre de choses regarde l'individu… Mais l'Evangile que nous annonçons ! Nous n'osons pas dire ce qui nous fait vivre, au point que même nos enfants et nos amis peuvent ignorer que c'est cela qui nous fait vivre ! Alors, dans ces cas-là, tout au plus lançons-nous timidement, comme une invitation qui n'ose pas se dire, oui, nous suggérons à peine, que l'Evangile, pour tout être humain, peut être un "plus", un "mieux"… Vous me direz, comme évangélisation c'est mieux que rien. Certes. Mais ce n'est guère là l'ambition de la Bible ! Les textes de ce matin nous montrent autre chose. Ils ne disent pas que l'Evangile complète harmonieusement l'esprit du monde, ils ne disent pas qu'un peu d'Evangile ne peut pas faire de mal à ceux qui, d'habitude, s'en passent fort bien. Non. Ils posent une alternative, ils disent un choix, comme autrefois Moïse et Josué l'avaient énoncé, comme les évangiles eux-mêmes le disent, un choix crucial au sens premier, puisqu'il passe par la Croix du Fils unique. Cette alternative, le livre des Proverbes nous la montre ici curieusement. Regardons le tableau : c'est une ville, la même ville, un monde, notre monde – et, d'ailleurs, nous y sommes, dans le tableau ! Mais c'est une ville un peu étrange : il y a deux femmes, deux personnalités, à n'en pas douter ! Chacune fait beaucoup de bruit… Sont-elles dans le même tableau, ou bien s'agit-il de deux scènes différentes, vous savez, comme dans les tableaux d'autrefois ? Qui le dira ?… Il se peut bien, après tout, que ce soit la même scène, il se peut bien qu'il arrive à ces deux femmes de se rencontrer, ou, en tout cas, de passer aux mêmes endroits, sur les mêmes "hauteurs de la ville". En plus, elles semblent tenir le même discours : "Quiconque est stupide, qu'il fasse un détour par ici !". Vous iriez, vous ? Ces femmes appellent toutes deux les ânes : mais je n'en suis pas, n'est-ce pas ? Ce n'est pas pour moi !… Moi, je suis intelligent, je sais ce qu'il faut savoir, je fais ce qu'il faut faire… enfin, je fais ce que je crois devoir faire… Comme tout le monde ou presque. Chacun, dans notre société, raisonne ainsi. Le monde devrait être un paradis, alors, vous ne pensez pas ? Autant de gens intelligents et moraux, autant d'esprits supérieurs qui n'ont rien à apprendre de personne, qui se sont fait eux-mêmes à l'image de ce qu'ils divinisent… "Je fais ce que je crois être le bien". Bon… Mais d'où le sais-tu, que c'est le bien ? D'où le sais-tu, que c'est là ce que tu devais faire, que c'est là la manière dont tu dois vivre ? Tu n'as tué personne ? Et alors ? A voir la manière dont nous conduisons ne serait-ce que nos voitures, je me le demande, d'ailleurs ! Il n'en faudrait pas beaucoup… Mais, bon, si tu es emmuré dans ta bonne conscience, restes-y, n'écoute pas ces femmes qui crient. "Les eaux dérobées sont douces, et le pain caché est agréable". Reste donc chez la seconde femme, puisque c'est là ta maison. Bonne nuit ! Bon, d'accord, je suis un insensé de m'être pris moi-même pour ma propre règle, pour mon propre sens, pour mon propre dieu. Je reconnais, je confesse à Dieu devant mes frères et sœurs, je confesse que je ne sais pas où je vais, que je ne sais pas qui je suis, que je ne sais pas du tout comment guider ma propre vie ni comment me relever chaque fois que je tombe. Parce que, oui, je reconnais aussi que je tombe sans cesse… Ça ne paie pas, dans notre société, de dire ça, hein ? Comment trouver du boulot, si je me présente ainsi ? Comment être élu, ou au moins respecté, si les gens savent que ça, c'est moi ? Pourtant, pour entendre la première femme, il faut bien que je me reconnaisse dans son appel ! L'avez-vous remarqué ? La seconde s'adresse, en fait, à ceux qui marchent droit ! Mais pour le moment, ce n'est pas moi, ça. Je ne suis donc concerné maintenant que par la première, celle qui s'adresse aux fous, à toux ceux qui zigzaguent, qui titubent. Les gens peuvent bien se moquer, qu'ils se nourrissent donc de leur moquerie ! Ce que cette femme me propose, m'offre, sans contrepartie, gratuitement, c'est de la vraie nourriture qui fortifie, c'est de la vraie boisson de fête. Là, je ne m'empoissonnerai pas. Mais il faut que j'y aille, il faut que je fasse un détour, il faut que je me détourne de "la vaine manière de vivre héritée de [mes] pères", comme écrira saint Pierre (1 Pierre 1/18). Ce n'est pas un "plus", de répondre à cette voix tonitruante, à cette femme décidée qui m'appelle à travers toute la ville. Ce n'est pas un "plus", c'est un "moins" ! L'Evangile, la sagesse de Dieu pour moi, c'est de renoncer. Renoncer à ce qui n'est rien en comparaison, certes. Renoncer aux mirages du pouvoir et de la richesse, renoncer à paraître aux yeux des autres pour plus ou mieux que je ne suis en réalité, renoncer à devenir par moi-même quelqu'un de bien, comme si je n'étais pas précédé, comme si je ne savais pas qui est Dieu ni ce que lui a choisi comme étant pour moi le bien, le bon. Il me faut renoncer à être moi par moi-même, il me faut renoncer à être mon propre père, sorte d'aberration que peut-être la science un jour rendra tangible, mais qui est hélas déjà vraie et actuelle depuis toujours. Il me faut accepter et apprendre à être fils. Fils d'un autre. Fils de Dieu. Alors j'aurai trouvé la Sagesse, quoi que j'aie pu être avant cela. Oui, quoi que j'aie pu être, quoi que j'aie pu faire, quelque misère où je me sois fourvoyé. "Autrefois, en effet, vous étiez ténèbres, mais maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Marchez comme des enfants de lumière…" (Ephésiens 5/8). C'est alors, mes amis, c'est alors que nous passons sans même nous en rendre compte dans l'autre scène… La femme crie la même chose, mais ce n'est plus la même femme, et je ne suis plus le même, moi non plus. Je marche droit. Je marche dans la lumière de Christ. Je sais que c'est "par [sa] lumière [que] nous voyons la lumière" (Psaume 36/10). Je ne dis pas que je suis bon, je ne dis pas que je suis moi-même capable de m'éclairer, non : quelle illusion ce serait, quel retour en arrière aussi… Mais je confesse désormais que sans Christ je ne suis rien, alors qu'en lui j'ai la vie éternelle. Et elle m'appelle, elle m'appelle comme si j'étais l'insensé que j'étais avant, avant la rencontre de Christ qui a changé ma vie. Son appel est comme une négation de l'Evangile, une dénégation de mon salut en Jésus-Christ. Mais sa voix est attirante. C'est la voix du monde, la voix des enfers, mais elle s'accroche à mes pas. Et si, après tout, mon droit chemin était faux, mensonger ? Et si, après tout, j'étais toujours et même encore plus qu'avant un insensé ? Et si je n'étais pas sauvé ? Et si je n'étais rien qu'une misérable poussière dans le vide, et qu'il me fallait à tout prix trouver quelque chose pour exister ? Ne réponds pas, mon frère, ma sœur. Cette voix est celle du doute, et toujours tu l'entendras ; elle s'accroche à ton chemin, à chaque occasion elle retentit à tes oreilles ou dans ton cœur. Ne l'écoute pas, ne cède pas à la folie, au non-sens, ne rejette pas le trésor merveilleux que tu as reçu au profit de chimères, de fantômes : au bout, il n'y a que la mort. Reste plutôt sur la route, ne fais pas comme si c'était ta route et que tu l'aies choisie. Non, c'est celle de Dieu, c'est celle où lui t'a placé, pour ton bonheur et pour ta vie ; ne la quitte pas ! Tombes-y si tu ne peux faire autrement : il te relèvera ! Mais reste dessus ! Il n'y a pas d'accommodement. Je ne puis écouter la première femme le dimanche et la seconde la semaine, comme si c'était au temple que m'appelait la première et à la réalité du monde la seconde. Oui, la seconde appelle bien à la réalité du monde, mais d'un monde sans Christ, d'un monde insensé : elle appelle à la mort. Tandis que la première n'appelle pas à venir au temple ! Vous y êtes, c'est bien, mais surtout n'y restez pas ! Le monde vous attend, la réalité de la vie, mais il vous attend comme chrétiens, il vous attend et il a besoin de vous comme de gens qui marchent droit, qui marchent à la lumière de l'Evangile dans leur vie de tous les jours, dans leur famille, dans leur entreprise, dans leur vie sociale, etc… Ne prêtez pas votre voix à la seconde femme, ne laissez pas croire qu'on peut vivre chrétiennement en se comportant en sagouin, en égoïste, en pensant d'abord à soi-même ou en ne jugeant les gens que d'après une idée qu'on se fait d'eux ou du bien qu'ils devraient faire. La seconde femme appelle et nourrit le péché, elle conforte les pécheurs et séduit les justes, mais pour tous c'est la mort. Tandis que la première appelle les pécheurs pour les faire vivre. Si vous devez prêter votre voix à l'une de ces femmes – et comment ne pas le faire, puisque se taire, c'est laisser parler la seconde ? –, alors empruntez les accents de la première : faites-vous vous-mêmes les témoins que la vie est offerte à ceux qui en manquent, que la sagesse est donnée à ceux qui ne l'ont pas trouvée. Ne soyez pas des évangélistes mous, ne témoignez pas contre la sagesse qui ne serait pas capable de transformer le monde ! Parce qu'elle le fait, avec vous ou sans vous… Entrez dans son œuvre étonnante, appelez, vous aussi, ceux qui sont aussi perdus que vous l'étiez ou que vous l'êtes parfois. Alors, tous sauront qu'il y a ici des sages, des sages selon Dieu. Amen. Autre lecture : Ephésiens 5/8-21 Cantiques : * NCTC 254 = ARC 261 Gloire à ton nom * NCTC 258 = ARC 252 Nous te célébrons Autres textes de la même catégorie
|
Inscription à la newsletter
|
Cultes contemporains
Proverbes 23 v 15-26 Louis Honnay