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Proverbes 8 v 22-31 Alphonse Maillot
Texte : Proverbes 8/22-31 ou Psaume 8
Genre : Notes homilétiques Auteur : Alphonse MAILLOT Source : Je suis qui je serai — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année C [Carême – Semaine sainte – Temps de Pâques – Ascension – Pentecôte – Trinité (18 dimanches et fêtes)]. Mission Intérieure de l’Eglise Evangélique Luthérienne, 1991 (p. 155-157). Trinité Proverbes 8/22-31 (ou Psaume 8) En ce qui me concerne, je préférerais vraiment commenter plutôt le Psaume de ce jour (Psaume 8) qui, paradoxalement, en face de l'affirmation de la foi trinitaire, rappelle que Dieu, parce qu'il est trinitaire, n'a pas voulu rester seul, même à trois (« Il n'est pas bon que... Dieu soit seul ! »), mais il a voulu avoir en face de Lui, son image, une créature qu'il fera, à un rien près (Psaume 8/6), l'égale de Lui-même = l'homme gérant de l'univers et dont la louange, même jaillie des bouches des nourrissons, lui est plus chère et plus douce que celle des univers (Psaume 8/2). En effet, il eût été intéressant d'essayer de voir comment la doctrine trinitaire, au lieu d'être simplement une longue incantation à Dieu en-Soi, est au contraire ce qui aide à mieux saisir la vérité, l'altérité de l'homme, simple créature et pourtant prince de la Création. La petitesse et la grandeur de l'homme, chères à Pascal — de tout homme faut-il ajouter — sont ce qui conjure à jamais tous les intermédiaires, les tyrans, les surhommes et les sous-hommes, et elles trouvent leur fondement stable dans la doctrine trinitaire dont j'ajoute cependant qu'elle n'est encore pour nous qu'une manière infirme (quoique la moins infirme) de parler de Dieu. Pour en revenir à Proverbes 8/22, le fameux hymne à la Sagesse qu'on s'attend si peu à trouver au milieu des recommandations et autres aphorismes du livre, des chrétiens (trop pressés !) y ont vu Jésus-Christ, puis d'autres le Saint-Esprit, tandis que les Juifs y voyaient la Torah elle-même, présente auprès de Dieu depuis toujours, et qui devra être donnée aux hommes par des anges (Actes 7/53 ; Galates 3/19, etc…) ; ou la Parole (de Dieu ; tradition reprise dans Jean 1/1ss), elle aussi présente à Dieu avant toute création. Aujourd'hui, on va chercher du côté de l'Egypte (avec la déesse de l'ordre : Ma'at), après avoir exploré les richesses grecques, etc… Ce n'est pas que je m'oppose à une lecture chrétienne de ce passage (il y en a d'ailleurs plusieurs), pourtant j'aimerais bien savoir, non seulement ce qui en est de la lecture juive actuelle, mais aussi ce qui fut la lecture juive primitive... Car c'est de l'antisémitisme pur et simple que de croire pouvoir mépriser le contexte et le sens primitifs de ces passages « énormes » de l'Ancien Testament, pour en arriver tout de suite aux interprétations chrétiennes. Seulement, je dois avouer que, personnellement, j'en suis toujours à tourner autour de cette splendeur, sans pouvoir y pénétrer [mon ami Lelièvre semble beaucoup plus avancé que moi sur ce sujet]. Je ne puis en tirer que quelques bribes et quelques réflexions de traducteur. Au v. 22, le verbe employé (et qu'on retrouve dans... Caïn, au moins d'après Eve : Genèse 4/1) signifie bien « créer », voire « procréer » (même si c'est un autre verbe que celui de Genèse 1 ; c'est pourquoi il y a ici « conçue », même si ce n'est pas le verbe habituel). Et si la Sagesse est à la « genèse (ici c'est bien Genèse 1/1) du plan de Dieu », (cf. cependant Job 40/19), elle n'est cependant qu'une œuvre de Dieu, préalable à toutes les autres (v. 23ss) ; avant même ce que nous appelons le « temps », et que l'hébreu désigne par un terme signifiant étymologiquement « cacher » et qui sert aussi bien à désigner (ce que nous appelons) l'éternité préalable que celle qui vient. La Sagesse a été créée avant, disons avec un sourire, le fameux « Big-Bang » ! Le v. 29 fait allusion à la Mer domestiquée, soumise aux règles des marées pour ne pas submerger la terre ; Mer dans laquelle, selon la cosmogonie de l'époque, la terre, un simple disque plat, plongeait ses piliers (que personne ne peut ébranler, sauf l'homme avec sa méchanceté : Psaume 11/3). Dans le v. 30, une chose (?) est certaine, la Sagesse (comme la philosophie et la théologie [et la prédication] devraient l'être) est joueuse et joyeuse ; elle veut la joie des hommes, et c'est en eux qu'elle trouve sa propre joie (quand ils l'accueillent, cf. v. 31). Mais le v. 30a contient un mot dont probablement les exégètes discuteront jusqu'à la fin des temps : « Pupille » (enfant) selon les uns, « architecte » selon d'autres... Je ne sais pas ! La Sagesse n'a pas daigné m'éclairer sur ce point, ce qui n'empêche pas ce passage, dans sa complexe simplicité, d'être une perle de l'Ancien Testament ! Autres textes de la même catégorie
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Cultes contemporains
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