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Philippiens 4 v 6-20 Josiane RANDRIANARIDERA



Texte : Philippiens 4/6-20
Genre : Prédication
Auteur : Josiane RANDRIANARIDERA
Source : Prédication pour le 03.10.2004 à l’ Eglise Réformée de l’Ile de La Réunion.



Nous le connaissons bien : il n’était pas très grand de taille, des cheveux clairsemés, en bonne condition physique, avec des sourcils qui se rejoignaient et un nez un peu crochu, citoyen romain et pharisien. Il était né dans un centre d’éducation à Tarse et a continué ses études à Jérusalem : il n’était encore qu’un jeune homme quand il s’opposait violemment au christianisme jusqu’à en devenir un des persécuteurs les plus féroces de l’Eglise chrétienne.

Il persécutait ceux qui proclamaient que Jésus est le Dieu Sauveur ! Etant un passionné, il les détestait passionnément : son obsession à l’époque était de menacer de mort et de tuer les chrétiens. Il n’aimait pas ceux qui fréquentaient les églises. Il lui arrivait de les observer avant d’agir. Certains chrétiens se contentent de paraître, mais arrivés dans leur foyer, ils deviennent invivables avec leurs compagnes et leurs enfants ! D’autres se disant chrétiens vont jusqu’au scandale en emmenant dans les murs de ces églises la personne avec qui il ou elle entretient une relation adultérine comme pour défier l’Eglise pour dire me voici avec mon péché plus fort ou plus forte que tout ! Certains se disaient chrétiens, mais entre eux, ils se détestaient ! En pensant à cela, notre jeune homme riait doucement en lui ! Il observait aussi ceux qui demandaient pardon à l’église et recommençaient ou continuaient leur vie de péchés. En fait, cela ne faisait que le conforter dans sa haine pour les chrétiens. Les prédicateurs qui disaient toujours qu’il fallait aimer Dieu, aimer les autres, se repentir, changer de vie, ceux qui chassaient les démons au nom de Jésus, même ceux-là, ils ne les aimaient pas.

Bref, tous les genres garnissaient son répertoire et faisaient partie de son colossal plan de persécution qu’il méditait dès qu’il se levait le matin et le soir jusqu’à ce qu’il s’endorme !

Il s’affairait à récolter des lettres de pouvoir des responsables des synagogues pour les arrêter ! C’est avec une de ces lettres de pouvoir accordée par les chefs des prêtres de synagogues qu’il allait à Damas : il s’approchait de cette ville quand, tout à coup, une lumière qui venait du ciel brilla autour de lui. Il tomba à terre et entendit une voix qui disait : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? ». C’était une des rares fois dans sa vie où son cœur battait la chamade, et il tremblait. Et il demanda : « Qui es-tu Seigneur ? ». Et la voix répondit : « Je suis Jésus que tu persécutes. Mais relève-toi et va dans la ville, et là on te dira ce que tu dois faire ». Ses compagnons se sont arrêtés avec lui ; ils entendaient la voix mais ne voyaient personne.

Il s’est relevé de terre et ouvrait les yeux mais ne voyait plus rien ! On le prit par la main pour le conduire à Damas. Pendant trois jours, il fut sous le choc et il resta incapable de voir, de manger, de boire !

Heureusement que Dieu a envoyé son disciple Ananias lui imposer les mains et, miraculeusement, il a pu voir de nouveau, il a pu manger et a repris des forces !

Vous comprenez qu’il a changé de camp. Passionné comme je vous l’ai dit, au lieu d’emmener les lettres de pouvoir d’arrestation, il a osé prêcher dans les synagogues au grand étonnement des chefs des prêtres et à l’incompréhension même de certains, car il proclame que maintenant Jésus est Dieu, que Jésus est son Dieu ! Il était dans une position inconfortable, car il cumulait à la fois la méfiance des chrétiens et le mépris des Juifs qui, constatant son changement, voulaient le mettre à mort.

Il est vrai que parfois il s’inquiétait un peu de la vengeance éventuelle d’un côté ou de l’autre, mais il vivait en parallèle une nouvelle naissance, un renouveau, une sensation incommensurable de paix qu’il n’avait jamais ressentie auparavant. Les mots sont trop faibles pour décrire ce genre de paix ! Et pour rien au monde, il ne reviendrait dans son état du passé, dans ce qu’il ressentait avant. Sa décision était prise, décision difficile à vivre au vu de la situation, mais il savait que c’était la bonne décision. Désormais, son "oui" pour le Dieu vivant sera un "oui" passionné, et son "non" contre le mal sera un "non" passionné.

Il était en paix avec lui-même, mais aussi avec tous et bizarrement avec ses ennemis aussi. Mais surtout, il était en paix avec Dieu ! Il a compris que c’est l’Esprit Saint qui était en lui qui permettait de vivre cela, et il s’exerçait à Le faire grandir en lui.

Auparavant, il était chargé, son âme était encombrée, il n’aimait personne, à vrai dire il ne s’aimait pas lui-même. Maintenant, il se sent comme soulagé d’un poids, léger, il arrive à aimer son prochain ; de plus, il est passionnément convaincu de défendre désormais le Seigneur Jésus !

Oui, chers frères et sœurs, vous avez reconnu l’histoire très connue de Paul qui, par passion, a écrit plusieurs lettres dont notre lettre aux Philippiens 4/6 d’aujourd’hui !

Ayant Jésus en lui, il peut nous dire : « Ne vous inquiétez de rien » ; n’ayez crainte ; rejetez toute peur. Soyez en paix. Que la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence garde vos cœurs et vos pensées en Jésus. La paix en Dieu se vit d’abord en soi, en nous-mêmes, en profondeur dans le cœur, dans la pensée de chacun. Ne vous inquiétez de rien ne veut pas dire soyez nonchalants, ou manquer de réactivité, ne rien faire ! Ceci veut dire : ayez confiance, ayez la foi, Dieu est de notre côté, Il nous aime, Il nous protège à chaque instant, même les épreuves que nous traversons concourent à notre bien !

Bannir l’inquiétude en nous, c’est déjà la victoire de Dieu assurée dans notre vie, c’est croire que Dieu déploie sa puissance de paix, sa puissance de protection, sa puissance de sagesse, en notre faveur à chaque instant ! Ne pas s’inquiéter, c’est croire fermement que Dieu tiendra ses promesses ! Certaines promesses sont classiques, c’est : « Je suis avec vous chaque jour de votre vie » ; c’est aussi : « Je t’aime d’un amour éternel » ; c’est aussi : « Je n’ai que des projets de paix pour toi et non des projets de malheur » ; c’est : « Celui qui croit au Seigneur Jésus aura la vie éternelle » ; d’autres promesses sont moins classiques, comme « Je me tiens à la porte de ton cœur et je frappe ; si tu entends ma voix et ouvre la porte de ton cœur, dit le Seigneur, j’entrerai chez toi, je prendrai un repas avec toi et toi avec moi ». Ici, il s’agit évidemment d’un repas spirituel avec le Seigneur : c’est la confiance, le calme, le repos, l’assurance, la conviction, etc… Pour le dire autrement, il s’agit de s’exercer à écarter le doute et son corollaire qui est la peur, ainsi que leurs conséquences immédiates : soucis et inquiétudes !

Si toutefois l’inquiétude persiste, car, parfois, il est vrai qu’en tant qu’humain, il est difficile de faire demeurer la paix dans le cœur, si l’inquiétude persiste, faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications ! Parler à Dieu, Le supplier, se mettre devant Sa Face, Le consulter, L’écouter !

La prière du juste a une grande efficacité ! Prions avec les psaumes, les proverbes, les mots contenus dans la Bible, les mots que Dieu utilise : nous pouvons prier les yeux fermés, mais aussi les yeux ouverts. Certains enfants pensent qu’on ne prie que les yeux fermés. L’avantage quand on prie les yeux ouverts, c’est que cela peut durer assez longtemps ! De plus, nous pouvons le faire même quand nous marchons, nous conduisons, nous faisons la cuisine ou autre.

Nous pouvons faire des prières courtes, comme « Mets ton parfum dans ce que j’entreprends, Seigneur Jésus ! ».

Prier, c’est en paroles, mais aussi en pensées, de belles pensées pour une personne que vous aimez pour que Dieu la bénisse et la protège.

Nous pouvons aussi prier et programmer un moment précis dans la journée, tous les soirs par exemple, ensemble avec toute la maisonnée après avoir pris quelques versets dans la Bible et chantés ! Et dans les moments d’épreuves, prier à genoux : si vous persévérez, je vous garantis, vous allez constater de vous-mêmes l’efficacité : Dieu peut faire des merveilles pour vous ; ce n’est pas forcément ce que vous attendez, j’en ai fais l’expérience, mais la réponse est merveilleuse et divine !

Prier, c’est aussi rester dans le silence et être à l’écoute de Dieu, ressentir sa douce présence, sa Puissance, son Eternité, sa Force !

Faites connaître vos besoins à Dieu par des actions de grâce : oui ! Nous devons apprendre à remercier le Seigneur, à le louer pour tout ! Nous avons tendance à demander et il faut équilibrer notre prière : le remercier pour sa fidélité, pour le soleil qu’il nous donne tous les jours ici à La Réunion, pour les téléphones, pour les voitures qui sont pratiques dans notre vie quotidienne, pour une prière qui a été exaucée, pour un ou une malade guéri(e) !

Nous avons tendance à voir les choses négatives ! Un jour, un collègue était préoccupé et soucieux pendant un moment, et moi aussi, je me suis dit en moi-même que c’était grave. Quelque temps après, très sérieux, il me disait que son grand problème était qu’il ne trouvait pas un grand écran pour pouvoir regarder des films chez lui ! Ouf, j’étais soulagée en entendant cela, mais aussi je n’ai pas osé lui dire qu’il devait savourer déjà ce qu’il avait : des parents en bonne santé, des beaux-parents en bonne santé, sa petite famille heureuse dans une maison confortable ! Oui, nous devons apprendre à nous contenter de ce que nous avons, à apprécier ce que nous possédons déjà et rendre grâce à Dieu pour cela ! Le louer, lui dire merci simplement pour ce qu’on a !

Dans nos versets aussi, il est dit : « Je sais vivre dans la pauvreté et je sais vivre dans l’abondance. En tout et partout j’ai appris à être satisfait partout et dans toutes circonstances, que j’aie assez à manger ou que j’aie faim, que je n’ai trop ou que je n’ai pas assez ! ». Boileau résume ceci en disant : « Qui vit content de peu possède toute chose ».

Avec le Seigneur, nous savons nous adapter à toutes situations, à vivre avec les changements d’un extrême à un autre ! Etre content dans la situation où on se trouve, c’est ce que Dieu veut ! Se contenter de ce qu’on a, apprécier ce que nous possédons. Ma grâce te suffit, dit le Seigneur. Connaître l’Evangile, c’est entrer dans le Royaume de Dieu, c’est avoir franchi la porte du Royaume même en étant ici-bas, et quoiqu’il en soit, que nous soyons heureux ou pas, que nous vivions ou que nous mourions, nous sommes déjà entrés dans le Royaume par la porte qui est Jésus. Je suis la porte, dit Jésus, je suis le chemin du Royaume de Dieu ; venez à moi, c’est par ici que se trouve l’eau qui ne donne plus jamais soif et le pain qui rassasie en tout temps, partout et en toutes circonstances ; si vous entendez ma voix, n’endurcissez pas vos cœurs, que vous soyez dans la disette ou dans l’abondance, vous serez bien, car vous êtes déjà dans mon Royaume ! Si vous demeurez dans mon Royaume, plus rien ne peut nous séparer de l’amour du Christ, ni la pauvreté, ni l’abondance, ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les forces d’en haut, ni les forces d’en bas, ni le présent, ni l’avenir, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu en Jésus. Si nous voulons le croire (car la foi est une clé importante de la vie avec Dieu), nous pouvons aller partout, et partout, nous serons bien.

En Jésus se trouve la plénitude de la vie divine qui est ancrée en nous, dans nos cœurs et dans nos pensées.

Amen !




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