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Philippiens 4 v 4-7 (Alphonse Maillot)
Texte : Philippiens 4/4-7
Genre : Notes homilétiques Auteur : Alphonse MAILLOT Source : Mon âme magnifie le Seigneur — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année C - Avent-Noël-Epiphanie. Mission Intérieure de l’Eglise luthérienne à Paris, 1991 (p. 21-22). 3° dimanche de l’Avent Philippiens 4/4-7 (lire surtout le v. 8) A la lecture de ce passage, on peut se demander si finalement l’une des plus grandes trahisons de l’Eglise envers le message évangélique et apostolique n’a pas été... “l’esprit de sérieux”, non pas celui qui sait que seule la Parole (parfois souriante) de Dieu doit être prise au sérieux, ni celui qui se souvient que certaines décisions doivent être étudiées sérieusement avant d’être prises, mais celui qui oublie qu’un sourire peut aider au sérieux ; il s’agit surtout de l’esprit qui nivelle tout au même niveau de sérieux figé ; celui qui amène fatalement à se prendre soi-même au sérieux ou en particulier à exagérer les fautes des autres (voire les siennes propres). On n’a pas assez remarqué que l’exhortation réitérée de Paul à la joie (cf. 3/1) suit l’amusante exhortation à la réconciliation de deux paroissiennes fidèles (dont les noms les disposaient à l’amitié : “Bonne route” et “Rencontre”) et qui, prêtes au martyre (v. 3), refusent... de se serrer la main. Leur dispute est devenue une affaire... d’Eglise. Et la disproportion entre la futilité de cette affaire face à la grandeur de l’amour qu’elles ont pour le Christ, réjouit Paul, ou plutôt amuse Paul. C’est littéralement ridicule. Alors l’apôtre s’écrie : “De l’humour, en tout temps, à cause du Christ, je vous en prie, de l’humour”. “Et ne vous donnez pas en spectacle aux autres” (v. 5). De plus, le Seigneur est proche. On ne peut pas se disputer quand Jésus est à la porte ! La vraie urgence est de l’attendre et de le servir, et non de se disputer pour ce qui, comparé à la proche venue du Christ, n’est nécessairement qu’une vétille, une... peccadille... Hélas, les peccadilles (cf. Matthieu 23/24) ont par la suite, et aujourd’hui encore, bien souvent empoisonné la vie des Eglises. Faute de joie et d’humour ! Et c’est ainsi que, faute d’humour, l’inquiétude a souvent gagné le coeur des chrétiens. Qui parmi nous ne s’inquiète pas aujourd’hui du sort de nos Eglises ? Voire de celui de notre monde ? Cf. Matthieu 6/25. Oh, il ne s’agit pas de tomber dans l’indifférence à l’égard de ce monde (c’est pour éviter cette erreur, commise souvent à propos de la théologie paulinienne, que j’ai recommandé la lecture de l’extraordinaire v. 8) ; mais au contraire, il s’agit de prier et prier encore (ce qui n’est guère facile à certains dont, hélas, je suis). Alors la paix insondable de Dieu gagne nos coeurs et nous permet d’agir sans fébrilité, de souscrire à tout ce qui dans ce monde est “vrai, élevé, juste, propre, aimable et honorable”, voire même d’en pratiquer les vertus (s’il en existe une). Nous voici loin du “monde tout pourri et tout corrompu” qui est “cher” à tant de chrétiens qui y trouvent une justification pour ne pas agir. Autres textes de la même catégorie
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