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Philippiens 4 v 4-23
ÉTUDE BIBLIQUE
OECUMÉNIQUE Libourne, 29 Juin 1998 La lettre de Paul aux PHILIPPIENS Philippiens 4/4-23 Recommandations pratiques (4/4-9) Remerciements pour les dons reçus (4/10-20) 1 Corinthiens 9/15-18: Paul annonce l’Evangile gratuitement. 1 Corinthiens 4/11-13 ) 2 Corinthiens 6/3-10 ) les souffrances de l’apôtre. 2 Corinthiens 11/23-29 ) Marc 13/19 & 2 Thessaloniciens 1/6: la tribulation, aux temps de la fin. 2 Corinthiens 11/8-9: l’aide antérieure des Philippiens. 1 Thessaloniciens 2/9: l’apôtre travaille de ses mains. Exode 29/18: sacrifices de bonne odeur à l’Eternel. Romains 12/1: le sacrifice est spirituel. Ephésiens 3/20-21: une doxologie. Salutations et bénédictions finales (4/21-23) Bien des églises locales vivent en vase clos; des échanges avec d’autres communautés (visites, lettres, salutations) apporteraient une autre dimension à leur vie, celle de la communion fraternelle au-delà de leur clocher-nombril! A Dieu notre Père, la gloire pour les siècles des siècles. Amen! (20) Notre Dieu n’est ni un tyran ni un “père fouettard”; il est un Père qui nous aime et veut ce qu’il y a de meilleur pour nous. Si nous vivons dans cette certitude et dans la confiance qui en découle, nous ne pourrons plus jamais accuser Dieu de nous vouloir du mal. Cette relation père-enfant est basée sur Jésus-Christ, le don de l’amour. Gloire à Dieu pour toujours! Recommandations pratiques (4/4-9) Ces quelques versets peuvent paraître assez tranquilles. Ils succèdent pourtant à quelques prises de position très dures de Paul contre ceux qui réintroduisent des pratiques juives (chapitre 3). En opposition, l’éloge des vertus dont nous avons la liste: “ce qui est vrai et noble, juste et pur, digne d’être aimé et honoré” est très enraciné dans la culture païenne du 1er siècle. Ce sont les valeurs reconnues de l’idéal des philosophes grecs que les chrétiens sont invités à “prendre à leur compte”. On dirait qu’un rempart est dressé contre ceux qui reviennent aux traditions juives dictées par la Loi, ce que Paul n’a jamais enseigné de mettre en pratique. “Ce que vous avez vu et entendu de moi” est donc à opposer avec “ce qu’enseignent d’autres prédicateurs tant que je suis en prison, avec qui, moi, Paul, je ne suis pas d’accord”. Contre la division opérée par ceux qui cherchent à maintenir les Philippiens sous le joug de leur influence, Paul invite donc à la liberté de la communion et à la prière en commun faite dans la paix. Les événements de son incarcération n’ont pas à inquiéter les fidèles, ni les remous qui s’ensuivent; la lettre de l’apôtre est là pour en témoigner, avec la confiance qui l’anime et la sollicitude qu’elle manifeste pour les chrétiens de Philippes. Signes d’aujourd’hui, n° 126 bis, Juillet 1996 (p. 4) Remerciements pour les dons reçus (4/10-20) Ce texte étonne souvent le lecteur: pourquoi l’apôtre a-t-il attendu la fin de sa lettre pour remercier les Philippiens? On en a souvent conclu que ce passage était en fait un bref billet, antérieur aux autres morceaux de l’épître et expédié dès la réception du don apporté par Epaphrodite. L’embarras de l‘apôtre face à cette offrande peut pourtant expliquer qu’il ait préféré retarder l’expression de sa reconnaissance. Car —c’est indéniable— son merci est retenu, mesuré. Les commentateurs allemands parlent même de “merci sans merci”. Certains ont pensé que les Philippiens, en envoyant leur don, avaient enfreint une demande expresse de Paul, qui ne désirait pas être soutenu financièrement (cf. 1 Corinthiens 9/15-18); cependant Paul n’entretenait pas avec les Philippiens les mêmes relations qu’avec les Corinthiens. Un commentateur suggère au contraire que Paul, en situation difficile, aurait sollicité la générosité de ses amis; il voudrait maintenant montrer qu’il n’attache pas trop d’importance à l’argent. On imagine pourtant mal l’apôtre en situation de quémandeur. S’il insiste tant sur son indépendance vis-à-vis des questions matérielles, c’est peut-être que les Philippiens y attachent, eux, trop de prix. Empêchés par des circonstances extérieures d’envoyer plus souvent des dons à l’apôtre, peut-être s’étaient-ils culpabilisés et Paul voudrait leur montrer que l’essentiel n’est pas là. Ainsi peut s’expliquer le enfin du v. 10, l’apôtre se plaçant du point de vue des donateurs. Il apprécie leur dévouement, mais il tient à les voir attachés à Dieu d’abord et non point à lui-même. Il reçoit donc leur don comme une participation à l’Evangile (cf. 1/5). 10 J'ai éprouvé une grande joie dans le Seigneur de ce que vous avez pu enfin renouveler l'expression de vos sentiments pour moi; vous y pensiez bien, mais l'occasion vous manquait. 10 ecarhn de en kuriw megalwv oti hdh pote aneyalete to uper emou fronein ef w kai efroneite hkaireisye de Le verbe refleurir, unique dans le Nouveau Testament, désigne le bourgeonnement des plantes, souvent après une période d’assoupissement: “Vous avez fait refleurir votre intérêt pour moi”. L’expression votre intérêt, votre souci pour moi, difficile à traduire fidèlement, reprend le verbe fronein si fréquent dans cette épître et qui a trait au comportement (cf. début du chapitre 2). Cette expression fait pendant à 1/7 où Paul se souciait des Philippiens, ce qui confirme la tendresse particulière qui unissait l’apôtre et ses destinataires. Paul fournit lui-même une excuse à la longue inaction des Philippiens: aucune occasion favorable ne s’est présentée, pour une raison que nous ignorons. Peut-être l’église était-elle trop pauvre, ou occupée par la collecte pour Jérusalem? Ou la situation de l’apôtre ne le justifiait pas? Ou bien encore il n’était pas possible de le joindre parce qu’il travaillait dans des contrées éloignées? 11 Ce n'est pas en vue de mes besoins que je dis cela, car j'ai appris à être content de l'état où je me trouve. 11 ouc oti kay usterhsin legw egw gar emayon en oiv eimi autarkhv einai Paul n’exprime ni regret ni jugement sur cette situation. Ses propos ne sont pas dictés par l’indigence ou la nécessité. Car il a appris à ne pas se laisser accabler par les circonstances, à se suffire à lui-même. Il choisit ici l’adjectif grec autarchs, auquel correspond le nom français autarcie. C’est un terme stoïcien bien connu. Mais, alors que, dans le stoïcisme, le sage devait trouver en lui les ressources qui lui permettaient de rester indépendant des aléas de la vie, c’est en Dieu que Paul puise sa force; c’est ce qu’il va exprimer au v. 13. 12 Je sais vivre dans l'humiliation, et je sais vivre dans l'abondance. En tout et partout j'ai appris à être rassasié et à avoir faim, à être dans l'abondance et à être dans la disette. 12 oida kai tapeinousyai oida kai perisseuein en panti kai en pasin memuhmai kai cortazesyai kai peinan kai perisseuein kai ustereisyai On a ici une phrase très rythmée, construite sur l’opposition entre l’abondance et le dénuement. Elle rejoint, dans l’énoncé des difficultés, des passages comme ceux de 1 Corinthiens 4/11, 2 Corinthiens 6/3-10 et 11/23-29. Paul apprend par la précarité matérielle le chemin de l’humilité. Les conditions extérieures, telles que la faim ou l’indigence préparent ainsi toute une attitude intérieure. Mais, face à l’abondance, une discipline est également nécessaire: il faut, bien sûr, user des richesses avec modération. Peut-être n’est-il pas évident non plus de les recevoir avec joie, comme un don de Dieu, sans être prisonnier d’un idéal de pauvreté ou d’ascétisme. Enfin, c’est aussi et surtout un apprentissage de passer d’une situation à l’autre sans en être profondément affecté. Paul sait maintenant accepter toutes ces circonstances, parce qu’il y a été exercé. Le verbe employé appartient au vocabulaire des cultes à mystères et signifie: j’ai été initié. L’apôtre, évidemment, n’évoque pas les initiations païennes, mais déclare: j’ai appris le secret. 13 Je puis tout par celui qui me fortifie. 13 panta iscuw en tw endunamounti me Le secret se trouve en Christ. En lui, Paul trouve le pouvoir de supporter, et même de dépasser toutes les situations. Car le Christ le rend fort, il lui donne cette puissance (dunamis) qui aide à vivre sans se détacher pour autant de l’humanité. 14 Cependant vous avez bien fait de prendre part à ma détresse. 14 plhn kalwv epoihsate sugkoinwnhsantev mou th yliqei Paul explique maintenant le véritable sens du don des Philippiens. Il ne le reçoit pas à titre individuel, mais en tant que participation à la tribulation. Comme en 1/5 & 7, revient un mot de la famille de koinonia indiquant à la fois la communion ensemble (accentuée ici par le préfixe sun-, avec) et la participation à la même réalité, ici la tribulation, l’épreuve. Or, ce terme yliqis fait référence aux temps de la fin (cf. Marc 13/19; 2 Thessaloniciens 1/6). Les Philippiens, par leur don, participent donc au combat douloureux qui doit précéder le règne du Christ. 15 Vous le savez vous-mêmes, Philippiens, au commencement de la prédication de l'Évangile, lorsque je partis de la Macédoine, aucune Église n'entra en compte avec moi pour ce qu'elle donnait et recevait; vous fûtes les seuls à le faire, 15 oidate de kai umeiv filipphsioi oti en arch tou euaggeliou ote exhlyon apo makedoniav oudemia moi ekklhsia ekoinwnhsen eiv logon dosewv kai lhmqewv ei mh umeiv monoi Paul insiste sur les autres dons envoyés précédemment par les Philippiens, dans l’intention probable de leur rappeler qu’ils ont beaucoup fait pour lui, plus même que les autres, et qu’ils n’ont aucun reproche à se faire. En effet, aucune autre église n’entra avec lui dans un compte de profits et pertes. Cette expression du langage commercial évoque une relation à double sens; l’apôtre donnait aux Philippiens des biens spirituels et recevait d’eux des dons matériels (cf. 1 Corinthiens 9/11). De fait, les frères de Macédoine occupent une place privilégiée en 2 Corinthiens 11/8-9, alors que d’autres églises semblent avoir soutenu Paul. Pourquoi l’apôtre situe-t-il à Philippes le début de l’Evangile? Il se place du point de vue des Philippiens et de la constitution de l’église: dès le commencement, ils lui ont apporté une aide. Mais on a aussi noté que la ville de Philippes marquait le début du ministère de pleine responsabilité de l’apôtre, le voyage précédent ayant été effectué sous l’égide de Barnabas. Cette ville fut aussi la première d’Europe à être évangélisée par Paul: il y fut spécialement conduit par le Saint-Esprit (Actes 16/6s) et elle inaugura une nouvelle orientation dans son ministère. 16 car vous m'envoyâtes déjà à Thessalonique, et à deux reprises, de quoi pourvoir à mes besoins. 16 oti kai en yessalonikh kai apax kai div eiv thn creian moi epemqate Ce verset renforce l’expression au début de l’Evangile, puisque Thessalonique a été pour Paul la première étape après Philippes (Actes 17/1-9) et qu’il y a déjà été secouru. L’expression une fois et deux fois peut être comprise au sens étroit, mais plus probable est le sens large, “plus d’une fois”, qui laisse penser que, dès Thessalonique, mais aussi en d’autres lieux, Paul a reçu divers dons (cf. 2 Corinthiens 11/9). Ces générosités n’ont cependant pas été suffisantes pour le dispenser de travailler (cf. 1 Thessaloniciens 2/9). 17 Ce n'est pas que je recherche les dons; mais je recherche le fruit qui abonde pour votre compte. 17 ouc oti epizhtw to doma alla epizhtw ton karpon ton pleonazonta eiv logon umwn Encore une fois, Paul veut marquer son désintéressement (cf. v. 11). C’est le bien des Philippiens qu’il recherche et il l’exprime en langage financier: * le fruit, outre la nuance eschatologique qu’il comporte (cf. 1/11), désigne les intérêts; * le participe traduit par qui abonde est un terme technique qualifiant la croissance du capital; * logos, compte ou capital, est aussi à prendre au sens commercial. Ainsi, par leurs dons, les Philippiens ajoutent-ils des intérêts au capital qu’ils possèdent auprès du Seigneur. Paul avait déjà usé d’un tel vocabulaire, pour lui-même, en 2/16. 18 J'ai tout reçu, et je suis dans l'abondance; j'ai été comblé de biens, en recevant par Épaphrodite ce qui vient de vous comme un parfum de bonne odeur, un sacrifice que Dieu accepte, et qui lui est agréable. 18 apecw de panta kai perisseuw peplhrwmai dexamenov para epafroditou ta par umwn osmhn euwdiav yusian dekthn euareston tw yew Le verbe apecw, j’ai en mains, appartient également au langage technique: il signifie que l’on a reçu une somme et que l’on en donne un reçu. Grâce au don transmis par Epaphrodite (cf. 2/25), Paul est désormais dans l’abondance. Mais, allant plus loin qu’au v. 14, où il considérait avoir reçu ces bienfaits en tant que serviteur de Dieu, l’apôtre affirme que c’est directement à Dieu que l’offrande a été faite. C’est pourquoi il reprend les termes sacrificiels de l’Ancien Testament: le parfum de bonne odeur rappelle les sacrifices qui se consumaient en répandant un parfum de bonne odeur à l’Eternel (Exode 29/18, 25, 41; Lévitique 1/9 & 13; Ezéchiel 20/41; cf. Ephésiens 5/2). Comme en 2/17, le sacrifice est spirituel; Dieu l’accepte et il lui est agréable (cf. Romains 12/1; Colossiens 3/20; Tite 2/9). Ces qualificatifs montrent combien la participation pécuniaire à l’oeuvre de Dieu est un signe nécessaire de la dépendance de l’homme devant Dieu. 19 Et mon Dieu pourvoira à tous vos besoins selon sa richesse, avec gloire, en Jésus-Christ. 19 o de yeov mou plhrwsei pasan creian umwn kata to ploutov autou en doxh en cristw ihsou L’expression mon Dieu (ici et en 1/3) est unique chez Paul. Au don de l’homme correspond l’abondance divine. Paul, qui fait l’expérience de la fidélité de son Dieu, sait que Dieu accorde bien au-delà de ce qui lui a été remis et qu’il pourvoira à tous les besoins des Philippiens, matériels ou spirituels. Certitude précieuse pour une église pauvre et éprouvée (cf. 2 Corinthiens 8/2), mais aussi pour tous ceux qui se confient en lui. L’ampleur de cette bénédiction n’est pas étonnante, puisque Dieu répond selon sa richesse. Que signifie exactement avec gloire? Sachant que Paul n’applique jamais ce terme à la vie présente du chrétien, on peut y voir une référence à l’ ”ère glorieuse à venir”; pourtant le Père prend soin de ses enfants dès maintenant: cette interprétation n’est donc pas très satisfaisante. D’autres y voient une tournure hébraïque pour dire “Dieu pourvoira… abondamment, magnifiquement”. 20 A notre Dieu et Père soit la gloire aux siècles des siècles! Amen! 20 tw de yew kai patri hmwn h doxa eiv touv aiwnav twn aiwnwn amhn Les remerciements de l’apôtre se terminent par une doxologie qui jaillit spontanément après l’évocation du nom de Dieu. En effet, de lui, le Tout-puissant, procèdent tous les biens; il sait prendre soin de chacun, car il est notre Dieu et notre Père. Sous la formulation liturgique, marquée du sceau de l’Ancien Testament (cf. aussi Romains 16/27; Galates 1/5; Ephésiens 3/21; 2 Timothée 4/18) s’expriment la reconnaissance et l’adoration profondes de l’homme qui, au sein de l’épreuve, a su garder la joie de Dieu. Salutations et bénédictions finales (4/21-23) Dans l’antiquité grecque, les lettres se terminaient le plus souvent par un rapide “porte-toi bien” ou par un “bonne chance”. Paul prend pour sa part l’habitude de salutations détaillées. Celles-ci, parfois accompagnées de nouvelles personnelles, reflètent la qualité des relations fraternelles entre les chrétiens des différentes églises. 21 Saluez tous les saints en Jésus-Christ. Les frères qui sont avec moi vous saluent. 21 aspasasye panta agion en cristw ihsou aspazontai umav oi sun emoi adelfoi Le verbe traduit par saluez comporte une forte colloration d’affection, d’empressement. Les salutations ne sont pas une simple marque de politesse, mais le signe d’un amour fraternel profond. Paul, sans nommer personne, s’adresse à chaque saint. Dans cette église divisée, il ne veut donner la préférence à aucun, ni oublier personne. Le mot saint (cf. 1/1) trouve ici son seul emploi au singulier, dans cette acception, mais c’est évidemment en tant que membre de l’Eglise du Christ que chacun est saint. Il n’est pas facile de déterminer si l’expression en Christ-Jésus se rattache aux saints (chaque saint en Christ-Jésus) ou au verbe saluez (saluez en Christ-Jésus). La première possibilité paraît plus conforme à l’usage paulinien. Dans ce verset, qui est un dernier appel à l’unité, ce n’est pas l’apôtre qui salue les saints, mais les membres de l’église qui sont appelés à se saluer réciproquement: c’est en effet à eux tous qu’est adressée l’épître et ils sont donc le sujet de l’impératif saluez. Les frères qui sont avec moi sont ceux qui soutiennent l’apôtre dans sa captivité, tels que Timothée ou Epaphrodite et peut-être aussi des membres de l’église locale proches de lui. 22 Tous les saints vous saluent, et principalement ceux de la maison de César. 22 aspazontai umav pantev oi agioi malista de oi ek thv kaisarov oikiav Les saints de ce verset représentent sans doute un groupe plus large que les frères du verset précédent. Peut-être s’agit-il de l’ensemble de l’église locale? La mention particulière de la maison de César ne permet pas de situer le lieu de rédaction de l’épître. Elle désigne des affranchis et des esclaves travaillant dans l’administration impériale, éventuellement des soldats qui gardaient Paul. Elle prouve qu’un certain nombre de gens étaient chrétiens, peut-être conduits à la foi par la prédication de l’apôtre (cf. 1/12-13). On s’est demandé pourquoi Paul leur avait réservé une mention particulière: pour rassurer les Philippiens, heureux de savoir qu’il avait des amis dans son entourage? ou parce que la maison de César entretenait des relations spéciales avec la colonie romaine de Philippes? Ou tout simplement parce qu’étant plus proches de Paul, ils avaient partagé quelque peu son intérêt pour l’église de Philippes?… 23 Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ soit avec votre esprit! 23 h cariv tou kuriou ihsou cristou meta tou pneumatov umwn Comme toutes les épîtres de Paul, cette lettre se termine par une bénédiction appelant la grâce de Dieu sur ses lecteurs. Pareille insistance laisse à penser que la grâce tenait une place essentielle dans les formules liturgiques de l’Eglise primitive. Quant au titre le Seigneur Jésus-Christ, il revêt son sens plénier dans cette épître, qui a magnifié la seigneurie de Jésus. L’esprit sur lequel est invoquée la grâce, désigne l’homme tout entier, mais considéré plus particulièrement dans sa capacité d’entrer en relation avec l’Esprit de Dieu. Dans les épîtres aux Galates à et Philémon, Paul reprend cette même formule, alors que partout ailleurs il écrit: “Que la grâce soit avec vous (ou: avec vous tous)”. De nombreux manuscrits terminent cette lettre par un “Amen”, rejeté par les éditions et les versions modernes. Il apportait une confirmation à la bénédiction finale. Mais il représentait peut-être la réponse apportée par l’Eglise lors de la lecture publique de l’épître, qu’un copiste aura cru bon d’ajouter. Autres textes de la même catégorie
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