Accueil | Envoyer à un ami | Version imprimable | Augmenter la taille du texte | Diminuer la taille du texte

Néhémie 8 v 1 - 8



L’importance de la Bible

Néhémie 8.1 à 8 + Jean 16. 13 à 15 + 2 Timothée 3. 16 - 17

Le catalogue Moss est la Bible de tout qui cherche à restaurer une voiture anglaise. Tout s’y trouve, depuis le plus petit écrou jusqu’au châssis. Chaque domaine a ainsi sa Bible, son livre de référence, le bouquin dans lequel vous êtes censé tout trouver et qu’il faut avoir lu et bien connaître si vous voulez passer pour quelqu’un de sérieux dans le domaine.

Vous trouverez ainsi la « Bible du collectionneur de timbre », la « Bible du berger allemand » ou encore « la Bible du bricolage » sur les rayons de nos librairies. Jusqu’à un éditeur de bottin téléphonique en France qui avait comme slogan publicitaire au dessus de son produit, ces deux seuls mots : La Bible. Voilà donc un mot qui est entré dans le langage courant. « Biblos » était tout d’abord le nom d’un village où l’on réalisait des papyrus de très bonne qualité. Ainsi, le livre, cet objet nouveau que produisait ce village a pris en grec le nom de Biblos. Et lorsque les chrétiens ont eu en main le livre des livres, cette bibliothèque de 66 livres que représente la révélation de Dieu, ils l’ont tout simplement appelée Le Livre, biblos, ce qui a donné « La Bible » en transcription française.

La Bible est, depuis des dizaines d’année et cette année encore, le livre le plus vendu. A tel point qu’elle n’apparaît bien souvent pas dans les statistiques. La Bible est hors concours. Tout d’abord, c’est un livre à la valeur historique et littéraire sans égal. Personne n’oserait nier son influence sur la Culture et sur l’Histoire européenne. Celui qui n’a pas lu la Bible ne peut pas comprendre dans leur totalité les œuvres de Bach ou Beethoven, de Michel Ange ou de Léonard De Vinci ou encore l’histoire de l’architecture.

La Bible est donc un livre essentiel. Mais les chrétiens évangéliques proclament qu’elle est encore bien plus. Elle est parole de Dieu, dans ce sens que Dieu assume pleinement ces paroles écrites par des hommes comme étant les siennes. Ce que Moïse, David, Jean ou Paul a écrit, Dieu l’authentifie comme étant le message qu’il veut donner aux hommes. Et cette conception de la Bible n’est pas neuve, ce n’est pas une invention de quelques théologiens intégristes de notre époque. Au sein même de la Bible, nous avons des témoignages de ce fait : la Bible est message de Dieu aux hommes.

Les hommes fidèles qui ont, sous la conduite de Néhémie, bravé mille dangers pour reconstruire Jérusalem le savaient. Après avoir reconstruit les murailles, ils ont reconstruit leurs maisons à l’intérieur de celles-ci. Enfin, ils étaient dans leur ville, dans leur maison, auprès du Temple de Dieu. Et la première chose qu’ils vont avoir à cœur de faire, comme pour consacrer la ville, c’est de se lever pour aller chercher Esdras, le scribe, celui qui savait si bien lire et lui demander de lire la Parole de Dieu, c’est à dire les écrits inspirés disponibles à l’époque, c’est à dire la quasi totalité des écrits de l’Ancien Testament. « Comme un seul homme », ils se lèvent et vont chercher Esdras : lis pour nous, lui demandent-ils. C’est merveilleux de lire cela : une seul volonté, une seule pensée, un même désir : connaître au mieux et au plus vite ce Dieu qui les a libéré de l’adversaire et qui leur a permis de réaliser ce miracle de la reconstruction de Jérusalem, le connaître lui et sa volonté afin de s’y conformer. « Comme un seul homme » ! Cette expression souligne bien que c’est vraiment tout le peuple qui s’est levé pour aller écouter. pas un qui dise : attends, je dois finir ma maison. Attends je dois préparer la soupe pour mes fils qui ont travaillé durement, attends je dois encore faire ceci ou cela. On ne trouve même pas de attends, je suis trop jeune, c’est trop compliqué, barbant pour moi d’écouter cela. Non, comme un seul homme, homme et femme, tous ceux qui étaient capables d’entendre la loi de Dieu se sont avancés pour l’entendre. On peut certainement mettre derrière cette expression tout les Israélites de plus de 12 ans.

Au moins, penserions-nous aujourd’hui, cela se passait dans une salle confortable, avec de bonnes chaises et une bonne sonorisation. Rien de tout cela ! Sur une place, en plein air, debout. Et la lecture, au minimum, a duré trois heures. Esdras lisait, en présence de notables et de prêtres. Ensuite les lévites, disséminés dans la foule expliquait la loi à ce peuple qui ne l’avait plus entendue depuis des dizaines d’années et dont certains membres ne parlaient certainement pas très bien hébreu. Qu’importe, leur soif d’entendre la parole de Dieu était plus forte que toutes les mauvaises conditions et les mauvaises excuses que nous pouvons nous donner aujourd’hui. Chacun voulait entendre, comprendre, retenir, assimiler. Et la lecture dura entre trois et six heures. Le premier pasteur qui fait un culte comme celui-là dans nos Églises aujourd’hui risque bien de se faire tirer les oreilles : trois à six heures de lecture et d’explication du texte biblique, d’affilée, en plein air, devant une foule nombreuses. Il faut être fou !

Il faut être fou à moins que la foule ne soit animée par une envie véritable de connaître la volonté de Dieu pour elle. Aujourd’hui, nous sommes certainement trop gâté. Nous avons chez nous plusieurs éditions de la Bible, avec plusieurs commentaires, avec du temps libre pour lire la Bible et la méditer. Comment ? Nous n’avons pas le temps ? Une journée de travail à l’époque de Néhémie durait entre 12 et 15 heures et élever des enfants n’était pas plus facile qu’aujourd’hui. Ces un peuple de réfugié, qui n’a pas encore eu le temps de laisser sécher le mortier des murs de ses maisons et qui va prendre 8 jours d’affilée pour entendre la parole de Dieu et la mettre en pratique. La vérité est que nous avons le temps : nous avons le temps pour ce que nous voulons. Nous avons toujours le temps de lire ce roman que nous voulons terminer, nous avons le temps de regarder ce film qu’il faut aller voir, nous avons le temps d’aller faire du shopping pour trouver cette veste qui va si bien avec le tailleur vert, nous avons le temps pour ce que nous voulons. Le problème est simplement que nous ne faisons pas de la lecture de la Bible une priorité dans notre temps et que, lorsque nous voulons l’y inclure, il n’y a plus de place. La bible perd alors très vite son statut de lettre de Dieu et devient pour nous le « livre qu’il ne faut pas oublier le dimanche matin parce qu’on va y lire un petit passage ».

Quel est le statut de la Bible pour nous ? Quelle importance accordons-nous à la lecture et la méditation de la lettre que Dieu nous a écrit ? De la réponse que nous donnons à ces questions découlent bien souvent la clef de notre humeur, de nos succès spirituel, de notre vie de prière, de nos victoires avec Dieu. Il n’est pas nécessaire de vouloir se tenir debout pour écouter la lecture de la Bible pendant 3 à 6 heures. Mais il faut redonner à la Bible sa place dans notre spiritualité, cette place que les réformateurs ont mis en évidence et que nous, leurs héritiers, nous avons tendance à oublier.

La Bible est sans nul doute le livre le plus précieux que nous puissions posséder. Elle contient de l’histoire mais ce n’est pas des histoires ; de la poésie, mais pas seulement pour nous chatouiller les oreilles ; des lettres, les Epîtres, qui ne sont pas seulement des messages adressés à des Eglises d’il y a 2000 ans mais message de Dieu pour tous les hommes de tous les temps. Et un récit merveilleux mais qui est le centre de l’Histoire humaine et universelle : la naissance, la vie et la mort de Jésus-Christ pour le salut de tous les hommes qui placeront leur confiance en lui. Il est temps que nous redécouvrions la richesse de la Bible, ce livre si important que pour souligné l’importance d’un autre ouvrage, on lui donne son nom.

Les protestants ont été appelé le peuple de la Bible, les protestants évangéliques ont reçu le surnom de biblistes : puissions-nous être digne de ce titre de noblesse, comme le peuple d’Israël sous Néhémie l’était. Amen.



Inscription à la newsletter

Sondage
Quelles rubriques devraient être développées prioritairement ?