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Michée 5 v 1-4a (Alphonse Maillot)



Texte : Michée 5/1-4a
Genre : Notes homilétiques
Auteur : Alphonse MAILLOT
Source : Mon âme magnifie le Seigneur — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année C - Avent-Noël-Epiphanie. Mission Intérieure de l’Eglise luthérienne à Paris, 1991 (p. 27-28).



4° dimanche de l’Avent

Michée 5/1-4a

Si Juifs et Chrétiens ont été d’accord depuis longtemps pour faire une lecture messianique de ce passage (cf. déjà Matthieu 2/6), les traducteurs doivent avouer leurs nombreux désaccords et, en tout cas, leurs grandes difficultés à obtenir et à donner un texte vraiment limpide.

Cependant, il reste clair qu’après le chapitre 4, où ont curieusement alterné promesses (ainsi 4/1-8 et 11-13) et menaces (sans doute en cours de réalisation : 4/9-10 et 14), vient maintenant une grande promesse que le prophète (qui n’ignore pas les fautes de son peuple) rattache à l’indéfectible promesse que le Seigneur a faite à David (2 Samuel 7/16), mais il en profite pour dire que, pour ce Roi-de-paix (Châlôm), nouveau Salomon (jeu de mots avec Châlôm), fidèle cette fois, Dieu va abandonner les palais d’une Jérusalem trop orgueilleuse et revenir aux origines, à la bourgade paysanne (David était simple berger ; cf. ici v. 3 où “paître” = aussi “gouverner”) de Bethléem, pour que naisse celui auquel Dieu pense depuis l’Antiquité (probablement depuis David).

On remarquera...

1) que le mot “roi”, désormais déshonoré et dévalué, n’est pas employé. C’est un vrai berger qui doit venir, même si parfois on fait un autre jeu de mots entre “paître” et “détruire” (cf. Psaume 2/9).

2) que l’homme n’est pour rien dans cette nouveauté ; même nouveau, ce berger (v. 3) ne tiendra son pouvoir que du Seigneur.

3) le traitement curieux mais combien riche que Matthieu (aidé par quelques manuscrits de la Septante) a fait subir à cette promesse du v. 1. Il a lu : “Toi, Bethléem Ephrate, tu n’es pas (plus !) le plus minable des chefs-lieux de Juda”. Il a compris que Dieu choisit ce qui est abaissé, et humilie ce qui est élevé (Jérusalem !).

4) le début du v. 4 peut être traduit :
— soit “Et lui sera le Châlôm” (ce qui est bien plus que la paix, mais la plénitude, avec un jeu de mots sur Salomon qui, d’ailleurs, ne disputa pas de guerre, mais au prix d’apostasies),
— soit “Et alors, à ce moment-là, viendra le Châlôm”.

5) au v. 2, il ne faut peut-être pas s’empresser de se rapprocher d’Esaïe 7/14, car ici ce peut être le simple signe de la brièveté de l’épreuve (le temps qu’une parturiente accouche) qui doit précéder le retour des frères (du Royaume du Nord ? ?) sur la terre d’Israël.




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