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Matthieu 4/12-23 Alphonse Maillot
Texte : Matthieu 4/12-23
Genre : Notes homilétiques Auteur : Alphonse MAILLOT Source : Voici l’homme — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année A (Avent-Noël-Epiphanie jusqu’au Carême non compris). Mission intérieure de l’Eglise Evangélique luthérienne, s.d. (p. 84-86). 3° dimanche ordinaire Matthieu 4/12-23 1°- Le ministère du Baptiste s'arrête, celui de Jésus commence. 2°- Ce n'est pas pour rien que Matthieu reprend le texte d’Esaïe 8/23 à 9/1ss devenu par la suite, pour les premiers chrétiens, messianique et universaliste ; en particulier à cause de l'énigmatique Galilée (carrefour, rond-point ?) des nations (v. 15 ici), où Jésus va exercer une partie essentielle de son ministère. Ceci explique, au passage, pourquoi Jésus, le Messie juif, n'a pas exercé, comme le croyaient déjà les Mages (Matthieu 2/2), l'essentiel de son ministère dans la capitale d'Israël. 3°- On remarquera que, les temps n'étant pas encore accomplis, Jésus ne cherche pas la provocation (le v. 12 suppose que la Tentation, 4/1-11, s'est déroulée dans le désert de Judée). 4°- Une fois encore, on s'efforcera de "dé-banaliser", sinon de profaner le terme de "repentance" ou le verbe "se repentir" (v. 17). L'exhortation du Christ signifie (en partie...) : "Apprêtez-vous à écouter quelque chose d'inouï (sens étymologique) jusqu'ici ! Apprêtez-vous à ne pas, à ne plus comprendre (Marc 4/10-12) ! Ce qui va arriver n'est pas encore monté au cœur de l'homme (1 Corinthiens 2/9). Les paroles qui vont être dites vont mettre en cause les vérités les plus établies, comme la Torah (Marc 2/27) ou mettre en question les autorités les plus sûres : grands prêtres, scribes, professeurs en Ecriture Sainte. Apprêtez-vous à voir déchoir et se briser vos hochets, vos certitudes, vos théorèmes, votre théologie. Disposez-vous à croire autrement, à penser autrement (c'est le sens même de metanoia). Sortez de vos torpeurs, de vos conforts... et aussi de vos angoisses !". Certes, tous ces impératifs ne sont pas du meilleur aloi théologique, d'autant plus que la vraie repentance ne peut avoir lieu qu'avec et après le Christ en croix. Les hommes de l'époque ne pouvaient pas d'eux-mêmes changer tout leur jeu et toutes les règles de ce jeu, avant que Dieu ne change toutes celles de ce monde, en y apportant le don de son Fils. Mais au moins pouvaient-ils et pouvons-nous soupçonner qu'elles vont changer, et nous changer. Comme les prophètes avaient déjà annoncé, par exemple, avec un monde pacifié par un enfant, le changement des règles (guerrières le plus souvent) de ce monde (Esaïe 9/4-5). Or, comme le christianisme redevient sans cesse une habitude, un train-train, nous devons sans cesse en revenir à une prédication de ce bouleversement, ce grand chambardement trop souvent exténué, ou nivelé. Et vous qui prêchez, et moi qui vous écris, apprêtons-nous à du nouveau ! 5°- La deuxième partie (v. 18-23) ne doit pas être oubliée, car elle est dans la logique de la première : la Bonne Nouvelle va être, à partir de la Galilée, annoncée aux nations ; il faut donc, et c'est la deuxième partie, que Jésus mette à part des messagers pour porter à toutes les nations, cette Bonne Nouvelle (lire ici la fin de l'évangile : 28/10 et v. 19-20), mais ce choix de messagers est une grâce. Quant au fait que Simon-Pierre et André étaient des pêcheurs, on ne doit ni ne peut en tirer des conclusions misérabilistes, même si cela fait bien ressortir la grâce du Christ. Si Jésus ne les a pas recrutés dans la classe des intellectuels de l'époque (scribes ou professeurs d'Ecriture Sainte), ils ne sont pas pour autant des ignares absolus ni des mendiants ; simplement des gens très ordinaires, de ces gens souvent méprisés par la classe des intellectuels, ou par la "secte" pharisienne cumulant les œuvres et les vertus, ou encore par la classe très "bourgeoise" des sadducéens. Les uns (scribes et légistes) disaient ce que contenait la Torah, les autres (pharisiens) essayaient (avec beaucoup de fidélité) de la mettre en pratique. Jésus en profite pour tirer une image de leur profession de pêcheurs. La mission, la prédication qui attendent Pierre et André ressembleront à la pêche au filet (et non pas à la ligne) où l'on jette l'épervier (ou un engin semblable), et dont ne sait jamais d'avance quel en sera le résultat (Luc 5/5). Même mal jeté, il peut ramener un nombre considérable de "poissons" (Actes 2/41). Tandis que, jeté dans toutes les règles de l'art, il ne ramènera parfois que des algues ou des saletés (Matthieu 13/42 in fine). Misère et grandeur de la prédication ! |
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Matthieu 04 v 12-23 Richard Bennahmias