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Matthieu 24 v 37-44 Alphonse MAILLOT
Texte : Matthieu 24/37-44
Genre : Notes homilétiques Auteur : Alphonse MAILLOT Source : Voici l’homme — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année A (Avent-Noël-Epiphanie jusqu’au Carême non compris). Mission intérieure de l’Eglise Evangélique luthérienne, s.d. (p. 12-13). 1° dimanche de l’Avent Matthieu 24/27-34 (n’est-ce pas plutôt 24/37-44 ?) On notera, une fois n'est pas coutume, l'extraordinaire parenté Paul-Evangile (en n'oubliant pas que Paul — cf. 1 Thessaloniciens 5/2 — a écrit 30 ans environ avant Matthieu) et Apocalypse (Paul a dû écrire 25 à 30 ans avant Apocalypse). Il est clair cependant que c'est Paul (très avare d'habitude sur les paroles du Christ qu'il a pourtant certainement connues) qui citera Jésus. Comme son Maître, tout en étant paisible, il est frappé par "l'urgence de la conversion" (attention à ce mot, cf. le commentaire de Matthieu 3/1-12 du 2° dimanche de l'Avent) de l'homme. Ici, Jésus avertit : a) ceux des chrétiens qui "se laissent vivre", ceux qui se laissent aller au train-train ennuyeux (et mortel) de l'habitude, sans rien attendre, sans mobile, sans avenir et sans fil directeur, "sans Sens", pour leur dire : "Si vous voulez trouver un mobile de vie, ou un sens pour elle, c'est tout de suite, car un voleur (la vie elle-même, par exemple) peut vous dérober cette vie dont vous croyez trop que c'est demain que vous en découvrirez la vérité". Le "voleur de vie" est tout proche ; attention, vous pouvez peut-être la perdre bientôt, et même tout de suite, sans jamais vous être rendu compte que vous viviez (cf. Luc 12/20) ; b) ceux qui croient vivre en consumant leur vie dans un appétit, une fièvre de vie, qui sont aussi autant d'essais d'oublier de vivre. On ne doit ni se laisser vivre ni vivre en "surrégime", mais recevoir chaque jour paisiblement sa tranche de vie comme pouvant être la dernière, mais aussi comme un don réel qu'il nous est possible de remplir de vie (cf. Qohélét). Et Jésus prend l'exemple du Déluge, avec des gens qui ne pensaient (littéralement : qui ne connaissaient ou ne reconnaissaient) plus à rien et que le Déluge (le "Kataclysme", littéralement) va surprendre, en prenant brutalement leur vie creuse. Attention ! Jésus n'interdit pas ici qu'on mange, boive ou se marie, mais que l'on croie que cela suffit à rendre une vie réelle. Le "jour du Fils de l'homme", s'il doit être compris comme un jour de salut, doit aussi être le jour auquel nous devons référer (sans hâte) chacun des nôtres, pour lui donner une réelle consistance et même une réelle existence. Ce jour correspondra à la destruction des vies vides de ceux qui seront venus sans avoir vraiment vécu. Attention encore à ne pas voir, dans les v. 40-41, une confirmation de l'arbitraire divin ou de la doctrine de "la double prédestination". Ces versets ont une portée pédagogique, comme le proverbe désormais courant (hélas !) : "Ça n'arrive qu'aux autres !". Jésus veut ici impliquer chacun et appeler chacun à la vigilance. Vigilance : encore un mot piégé où l'on a oublié que, pour nous décrire cette "vertu", le même Matthieu, dans la parabole des "dix vierges", nous rappellera que, même les vierges dites sages (astucieuses) dormaient quand l'époux a surgi ; simplement elles, elles avaient songé à un éventuel retard du Maître (25/4-5 & 7). "Veiller" ne signifie pas être dans l'inquiétude, ou sur le pied de guerre vingt-quatre heures sur vingt-quatre, mais ne pas subir, ne pas oublier que ce jour même peut être celui de notre fin (ou de la fin de l'histoire). Jésus ne veut pas "nous prendre en traître" (v. 44). Alors, avant de venir, il tient à nous prévenir. |
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Matthieu 24 v 42 Jean-Daniel Wohlfahrt