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Matthieu 21/1-11 Alphonse Maillot
Texte : Matthieu 21/1-11
Genre : Notes homilétiques Auteur : Alphonse MAILLOT Source : Qui a péché… ? — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année A (Carême – Semaine sainte – Temps de Pâques – Ascension – Pentecôte - Trinité). Mission intérieure de l’Eglise Evangélique luthérienne, 1993 (p. 64-66). Rameaux Matthieu 21/1-11 Fidèle à son habitude, Matthieu relève essentiellement tout ce qui est ici accomplissement de l’Ancien Testament : l'ânon (Zacharie 9/9, où il est question d'un ânon, petit d'une ânesse, et non d'une ânesse accompagnée d'un ânon). On étudiera au passage le paradoxe : "Le Seigneur en a besoin", d'autant plus que c'est la seule fois où, dans Matthieu, Jésus est désigné comme Seigneur (cf. note TOB). Le v. 4 éclaire cette intention scripturaire de Matthieu ; et le v. 5 en revient à Zacharie 9/9 (on n'oubliera pas de lire Zacharie 9/10). Et au lieu d'en rester à l'hébraïsme : fille-de-Sion (cf. ville-de-Paris)... on lira (et dira) : toi, la ville-de-Sion (id. pour fille_ville-de-Jérusalem). On regrettera que Matthieu ait fait disparaître le "sauvé-sauveur" (littéralement) de Zacharie 9/9 (même racine que "Jésus"), devenu "victorieux" et "Seigneur" dans la TOB. Le jeu de mots, évident pour Matthieu, ne l'est plus pour nous (cf. Esaïe 62/11, où on consultera encore les notes TOB). Le v. 8 rappelle (nous l'avons déjà signalé) le Psaume 118/26s ; tout comme le "Hosannah" (118/25). Bien entendu, Jésus est appelé ici : "Fils de David" (v. 9) et le "venant" (Apocalypse 1/8 et autres). Le "au nom du Seigneur" est placé par la TOB juste après "Béni soit...", ce qui semble plus conforme au sens du Psaume 118, mais donne un rôle sacerdotal à la foule qui prononce elle-même la bénédiction réservée à la prêtrise. A partir du v. 10 (la ville est "secouée", cf. 2/3), il faut songer au Psaume 24, très vraisemblablement évocation de la procession annuelle (?) de l'arche en souvenir de l'entrée de David dans Jérusalem (cf. Psaume 132). Mettre en parallèle le Psaume 24/8 et le v. 10 de ce chapitre 21. Dans le Psaume 24, on rappelait ironiquement l'étonnement et les questions des Jébuséens (assurés de l'invincibilité de leur ville : 2 Samuel 5/6ss) à l'arrivée de David. Ici de même, les Jérusalémites — assimilés volontairement ou involontairement (?) aux antiques Jébuséens — s'interrogent. La réponse est d'ailleurs curieuse : "Le prophète Jésus" ; peut-être allusion au prophète Elie ? (cf. Actes 3/22s ; Jean 1/21) ; ce qui empêche la foule de fêter Jésus (en tout cas d'après Matthieu) comme le Messie (malgré toute la fête qui précède) ; et son origine est ici bien précisée : Nazareth, en Galilée (Elie était prophète du Royaume du Nord). C'est pourquoi le titre TOB : "Entrée messianique à Jérusalem", me semble, en tout cas pour Matthieu, discutable. Certes, l'évangéliste voit dans tout ce qui se passe l'accomplissement des Ecritures à propos du Messie entrant dans sa ville (et dans son Temple, cf. la suite : 21/12-13), mais il précise bien que les Juifs, même les plus favorables, n'y ont vu que l'arrivée du "prophète", prélude à l'arrivée du Messie. >>>>>>>>>>> "Plan" de prédication Même si Philippiens 2/6-11 est le texte le plus riche théologiquement, on se rabattra pour ce jour des Rameaux sur Matthieu 21/1-11. C'est l'occasion de montrer (rapidement) les résonances de l’Ancien Testament dans ce texte, véritable puzzle composé de réminiscences de l’Ancien Testament : David entrant dans Jérusalem ; le retour de l'arche (1 Samuel 7/2... ; Psaume 132, Elie, etc…), mais on n'oubliera pas l'éclairage postérieur que Paul donnera à cet événement dans Philippiens 2/6-11 : celui qu'Israël fêtait comme un prophète sinon comme un roi, était "celui-qui-est-devenu-serviteur". C'est ici qu'on regrettera le jeu de mots extraordinaire de Zacharie 9/9 = le "Sauvé-Sauveur" (cf. commentaire de Lacocque). On n'oubliera pas non plus combien cette fête des Rameaux montre que Jésus accepte l'hommage de ceux qui le fêtent mal et qui, déjà, "ne savent pas ce qu'ils font" et... heureusement pour nous tous. Car qui est sûr de bien fêter Jésus ? |
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Cultes contemporains
Matthieu 21 v 1 - 11 Pierre Muller