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Matthieu 2 v 1-12 Alphonse Maillot



Texte : Matthieu 2/1-12
Genre : Notes homilétiques
Auteur : Alphonse MAILLOT
Source : Voici l’homme — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année A (Avent-Noël-Epiphanie jusqu’au Carême non compris). Mission intérieure de l’Eglise Evangélique luthérienne, s.d. (p. 68-70).
= C’est par la foi — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année B (Epiphanie et les dimanches suivants jusqu’au Carême). Mission intérieure de l’Eglise Evangélique luthérienne, 1993 (p. 17-20).



Epiphanie

Matthieu 2/1-12

Il y a beaucoup d'anomalies (enrichissantes autant qu'ironiques) dans ce texte si souvent rabâché.

Alors que le Grec Luc, païen d'origine, médecin sans doute aisé (en tout cas intellectuel) rappelle que les premiers témoins de l'enfant de Noël ont été de simples pâtres, mais juifs, avertis cependant par les phalanges et les orchestres célestes, Matthieu, bon Juif, à l'affût de tout rappel de la Torah, et enraciné dans la stricte orthodoxie, nous présente de riches (cf. les présents) étrangers, peut-être descendants des Babyloniens (mais ce peuvent, en souvenir de Cyrus, être des Perses) qui, près de 600 ans auparavant, avaient déporté Israël (de même, il n'oubliera pas les Egyptiens : v. 13-15). Ce sont plus sûrement encore des hérétiques, non seulement dans leurs croyances, mais dans toute leur existence : des astrologues qui, pour se guider ici-bas, essaient de déchiffrer l'avenir dans les constellations (usage absolument condamné par la Torah, car l'avenir est dans la seule main du Seigneur). Comme, à l'époque, astrologie et astronomie se confondaient, c'étaient donc aussi des savants (dont Jésus rappellera l'incompétence en 11/25 !).

Or, ce sont ces hérétiques qui, en pratiquant leur science "abominable", ont su, avant tous les Juifs, et même les plus versés dans la Torah, que le Messie-roi-des-Juifs était né. Et encore c'est en se guidant sur une de "leurs" étoiles qu'ils sont venus depuis l'Orient. Et ce sont ces païens (ô combien !) qui vont informer les Juifs de la naissance de leur Messie.

Certes, s'ils ont su quand le roi des Juifs était né, ils n'ont pas su où ; plus exactement ils n'ont pas imaginé qu'une telle naissance puisse avoir lieu ailleurs que dans la capitale ; le texte laisse bien entendre que s'ils avaient continué de suivre l'étoile, ils seraient arrivés à Bethléem (v. 7-10), à moins que Dieu lui-même ait voulu cette étape à Jérusalem (cf. Psaume 87).

En tout cas, ce sont les chefs de la religion juive qui vont leur dire (à l'aide de la Torah) où l'événement a eu lieu ; cf. Michée 5/1ss, à qui Matthieu fait subir un renversement magnifique et polémique du texte : "Toi, Bethléem, tu (n')es (plus) la plus petite...".

On notera que c'est encore à l'aide d'une de leurs méthodes religieuses (l'interprétation des rêves : l'oniromancie, pratiquée par quelques patriarches jusqu'à Salomon) qu'ils découvriront le chemin du retour.

Si, tout d'abord, on doit penser que Matthieu voit ici l'accomplissement d'une série de promesses de l'Ancien Testament, non seulement celle de Michée 5, mais encore, par exemple, celles du Psaume 72/7-11 (qui a facilité le passage, illicite, de mages à rois-mages), cf. Psaume 68/30 ; des prophètes : Esaïe 60/5-9, etc…, on doit aussi "cerner" les flèches décochées par Matthieu ; en effet :

a) si, pour lui, Jésus porte à son comble (sa plénitude) la Torah, il est aussi celui qui en termine le règne (Matthieu 5/17 et 12/8). En effet, la Torah, réservée aux Juifs, a été incapable de leur permettre de reconnaître leur Roi quand il est né. Maintenant, c'est le temps de l'Evangile destiné aux nations (28/19-20) ; on notera l'inclusion avec 27/54 et 28/19.

b) ce sont désormais en priorité les étrangers qui auront accès au royaume : 8/11 et 15/21-28.

Enfin, on prendra garde à ne pas donner, par ce texte, droit de cité à l'astrologie. Il est seulement certain que nous devons être prudents dans nos jugements à l'égard des non-chrétiens. En tout cas, de ceux qui l'avaient reconnu, Jésus n'a pas méprisé les dons et en particulier le don cultuel par excellence : l'encens.

"Ils regagnèrent leur pays par un autre chemin". Quelle qu'en soit la raison, la découverte du Christ dans l'étable (une maison ici, v. 11), amène à repartir chez soi, mais en suivant une autre route, en ayant une autre conduite.



"Plan" de prédication

Les trois textes ont des points communs qu'il est bon de relever : en particulier les promesses qu'ils contiennent pour les peuples de toute la terre : Esaïe 60/3 & 5 (cf. aussi v. 10, 13 & 14...) ; l'épître aux Ephésiens : 3/6, et bien entendu les mages, dont vous relèverez qu'ils étaient théoriquement les derniers à avoir droit à la révélation qui leur est faite.

Et pensez à cette fête de la fin des temps, annonce d'une humanité réconciliée.




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