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Matthieu 11 v 2-11 Pierre Muller



Frères et sœurs, je voudrais souligner ce matin combien la Parole de Dieu nous rejoint dans notre quotidien, dans notre vie de tous les jours. Les textes que nous venons de lire nous en fournissent un bon exemple.

Il nous est bon de savoir que des hommes de Dieu, parmi les plus éminents, ont pu connaître, à un moment ou à un autre, le découragement et le doute. On peut citer Moïse, David, Elie et, bien sûr, aujourd'hui, Jean-Baptiste. Mais relevons dès maintenant :
* que ces hommes avaient leurs côtés faibles et leurs côtés forts ;
* que la tentation et le doute ne leur ont pas été épargnés ;
* qu'ils ont connu le découragement... alors que la façon dont on nous montre le plus souvent ces "héros de la foi" a de quoi nous décourager, tant ils nous paraissent inaccessibles dans leurs vertus !

Alors, Jean-Baptiste ! L'homme choisi par Dieu pour préparer le chemin du Seigneur ;
- celui qui a désigné le Messie : Voici l'Agneau de Dieu... ;
- qui a refusé de le baptiser ;
- qui a dit : Il faut qu'il croisse et que je diminue, affirmant ainsi qu'il reconnaissait pleinement que Jésus était le Messie attendu.

Eh bien, voilà que cet homme doute ! Es-tu celui qui doit venir ?
Celui-là même dont il est écrit qu'il est le plus grand prophète (Matthieu 11/11) !
L'homme fort, résistant, habitué au désert !
L'homme au message puissant (Matthieu 3/4-12) !

Oui, Jean-Baptiste est découragé et, du fond de sa prison, il lance son appel à Jésus. Mais quelle épreuve il traverse ! Il se sait haï par Hérodias qui veut sa mort, et la haine est toujours terrible à supporter... Mais, bien davantage, le bouillant Jean-Baptiste est coincé entre quatre murs. Et il se cogne à ces murs ; l'inaction pour lui est un drame.

Coincés ! Nous le sommes, nous aussi, parfois, car le diable sait bien nous coincer. Il connaît nos quatre murs, ceux sur lesquels nous allons nous cogner, sur lesquels toutes les paroles qu'il va nous souffler vont rebondir, faire écho, se multiplier, sur lesquels les images qu'il va nous offrir ne pourront être qu'obsédantes et sombres.

Eh bien, frères et sœurs, c'est quand le découragement ou le doute viennent qu'il faut les vaincre. Quand ils sont installés, c'est bien plus difficile ! Mais c'est quand nous les flairons qu'il faut les chasser.

Alors, comment chasser le découragement ou le doute ? Nous sommes en présence de plusieurs alternatives. La première est celle-ci :

1) Ecouter l'adversaire ou prier Dieu ?

En effet, qui écoutons-nous ? Le Seigneur ? Ce n'est pas si évident que cela, car le diable est un artiste de la voix, un comédien-né. Il sait hurler assez fort quand il le faut... et murmurer inlassablement quand c'est nécessaire. Il ne faut pas commencer à l'écouter.

Prier Dieu ? Comme toute conversation avec un ami, celle-ci s'entretient, elle ne s'instaure pas seulement en cas de besoin. Et c'est quand la prière n'existe pas que le vide s'installe, que Satan se fait entendre. Autrement, comment pourrait-il se mêler à une conversation intime entre Dieu et nous ? Il en serait automatiquement exclu !

2) Diriger son regard sur soi ou sur Jésus ?

La tactique du diable est de détourner nos regards de Jésus et de les centrer sur nous-mêmes. Qui ne connaît pas l'égocentrisme, la pitié de soi ? Or, en nous apitoyant sur nous-mêmes, nous gonflons nos problèmes comme des baudruches. Souvent, un simple regard sur Jésus les fera éclater. N'était-il pas homme parmi les hommes ? Et que dire de sa croix, de sa résurrection, de ses paroles, de sa paix ? N'est-il pas, aujourd'hui encore, notre avocat auprès du Père ? Alors, regardons à Jésus !

3) Ce que notre regard retient.

- L'adversaire dirigera toujours mes regards sur ce qui me démolit, me rabaisse, m'écrase, me coupe de Dieu et de mes frères. Car il est l'accusateur, il est négatif. Il me rappellera autant qu'il le pourra, mes faiblesses, mes péchés, mon passé. Il noircira le présent, rendra sombre l'avenir. Il est une puissance de mort et veut m'asservir, me ramener à la mort. Il fera le même travail de démolition à l'égard de ceux qui m'entourent, il me fera porter sur eux un regard critique ou de peur, un regard pessimiste !

- Alors que le Seigneur, lui, va appeler mon regard et me faire retenir les signes de son Royaume. Il cherchera à me relever. Il me ramènera à la croix, me rappellera les grâces dont il m'a comblé, il me redira et me fera revivre la vie abondante qu'il a promise en parlant de fleuves d'eaux vives qui coulent et se déversent. Il me montrera les signes qui manifestent sa victoire et son Royaume dans la vie de mes frères et sœurs, dans l'église locale, dans ses œuvres, dans les cœurs qui s'ouvrent à lui.

Que fait répondre Jésus à Jean-Baptiste ?
Lire v. 4-5.

Et puis vient le v. 6 : n'est-il pas un avertissement ?

Alors, après tout ce que je viens de dire, Seigneur, je regarde à moi, mais avec un autre regard, dans une démarche positive, cette fois. Quels sont les quatre murs sur lesquels je me cogne toujours ?... Seigneur, je te les apporte :
- est-ce mon besoin d'être accepté par les autres ? d'être aimé ?
- est-ce la solitude que je n'accepte pas ?
- ou est-ce la maladie, le chômage, un problème particulier qui m'obsède ?
- ou bien est-ce MOI, pécheur ou pécheresse, que j'ai en horreur ?
Seigneur, je t'apporte mes quatre murs !

Alors Dieu agit, il répond ! Jean-Baptiste a eu une réponse. Nous aussi, nous pouvons considérer que Dieu nous a répondu : Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. Ainsi, nous pouvons tout remettre au Seigneur et nous attendre à le voir agir.

Ce que nous avons à apprendre, nous, les chrétiens, c'est à déménager ! Nous sommes parfois dans une prison et nous y croupissons depuis un certain temps, alors que le Seigneur voudrait nous installer dans une demeure pleine de lumière, bien située sur une colline, pour éclairer tout autour, pour témoigner de la présence de Jésus ; une demeure environnée, pénétrée du souffle de l'Esprit Saint.

Jean-Baptiste a eu une réponse. Alors ses murailles sont tombées, j'en suis sûr !
- Il était toujours dans la prison des hommes, c'est vrai ; mais il se trouvait déjà dans le Royaume ;
- Sa tête même va tomber, c'est vrai ; mais il était déjà dans la présence de Dieu !

Frères et sœurs, le découragement et le doute nous saisissent parfois, comme Jean-Baptiste... Mais Dieu peut nous parler ce matin. Qui écoutons-nous ? Sur qui dirigeons-nous nos regards ? Et que retient ce regard ?

Seigneur, je t'apporte les quatre murs de ma prison. Je veux déménager ! Plus de ténèbres dans ma vie, plus de moisissures ; je veux sortir de mon trou. Si le Christ vous affranchit, vous serez réellement libres ! Comme je le disais en commençant, la Parole du Seigneur est vivante, elle est actuelle ! Seigneur, ta Parole est une lampe à mes pieds, une lumière sur mon sentier (Psaume 119/105). Béni sois-tu !

Amen.



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