|
|
Accueil |
Envoyer à un ami |
Version imprimable |
Augmenter la taille du texte |
Diminuer la taille du texte
Matthieu 11/2-11 Alphonse MAILLOT
Texte : Matthieu 11/2-11
Genre : Notes homilétiques Auteur : Alphonse MAILLOT Source : Voici l’homme — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année A (Avent-Noël-Epiphanie jusqu’au Carême non compris). Mission intérieure de l’Eglise Evangélique luthérienne, s.d. (p. 31-33). 3° dimanche de l’Avent Matthieu 11/2-11 Il ne faut pas oublier ici que Jean-Baptiste a baptisé Jésus, puis que, déjà, il l'a appelé "le Venant" (en 3/11) "dont il n'est pas digne d'ôter les sandales", et dont enfin il a confessé qu'il était le Messie ; mais rappelons-nous aussi quelle oeuvre il attendait (en bon Essénien) de ce Messie : le baptême de feu (pour brûler tout ce qui était pervers ou superflu), le tri et le nettoyage (3/11-12). Et dans sa prison, où les nouvelles lui parviennent, il entend parler d'un Jésus qui fait tout autre chose : cf. par exemple, Matthieu 8 et 9. Or, ce n'est pas ce Messie-là qu'il attendait, ou que l'Ecriture elle-même semblait avoir promis : ce n'est pas de cette messianité-là qu'on lui a parlé dans les écoles de Qumran. Alors le doute, ou pour le moins l'hésitation, semble s'être installé dans son esprit et son cœur : il a dû se tromper, du moins le croit-il, quand il a cru reconnaître au désert Jésus comme "le Venant" (l'Inter-venant) qui devait établir le Royaume de Dieu sur la terre. Ceci est intéressant à plus d'un titre : a) parce qu'à nous aussi, il doit nous arriver de nous demander si Jésus est bien (ou a bien été) le Venant (accomplir le dessein de Dieu) ; nous ne faisons alors que nous retrouver aux côtés du Baptiste qui, lui, a au moins le courage de poser la question qu'il aurait aimé ne pas avoir à formuler ; car alors Jésus aurait eu une messianité portant sa propre évidence (messianité se démontrant d'elle-même et nous évitant finalement d'avoir à croire et à parier). Mais on notera que, dans son hésitation même, c'est auprès de Jésus qu'il va chercher sa réponse ; nous devons nous en souvenir… b) nous pouvons mieux comprendre ici le refus des Juifs : eux aussi, en attendaient un autre (v. 3). Attention maintenant à la réponse de Jésus ! Il ne fait pas un étalage de performances qui devraient convaincre Jean-Baptiste (lire d'ailleurs : des aveugles..., des boiteux..., des lépreux, etc…) ; mais : a) Jésus rappelle que, dans les prophéties messianiques, il y a une autre "ligne" que celle d'un Messie-Roi mettant à la raison tous les ennemis de la nation élue et de l'Alliance dont elle était porteuse ; il y avait aussi la ligne (cf. les textes "messianiques" de tout cet Avent) où le "Venant", interviendrait avant tout pour apaiser les disparités, pour soulager les infirmités humaines, pour "guérir". Jésus montre que ce sont ces annonces-là, celles d'un monde d'abord "soigné", qu'il entend accomplir en premier lieu. Et il se réfère, à la fois à quelques textes (Esaïe 35/5, 42/7, etc…) et à quelques actes de guérison qui ont montré comment il accomplit l'Ancien Testament (cf. notes TOB). b) il y ajoute quelques oeuvres nouvelles, non "prévues" par l'Ancien Testament, "les morts qui ressuscitent" ; si cela annonce Pâques (= des morts vont ressuciter), cela aussi désigne ceux qui vivaient seulement comme des morts en sursis et à qui l'Evangile a rendu une vie et une énergie nouvelles ; enfin et surtout Jésus dévoile ici le véritable "auditoire" auquel il se destine, et auquel l'Evangile est destiné : les pauvres (les "humiliés" d’Esaïe 61/1) ; ce terme ne désigne pas ici, en premier lieu, ceux qui sont démunis de ressources, mais ceux que les riches (en œuvres, en connaissances, etc…) rejettent. Bien entendu, les pauvres en ressources appartiennent aussi à cette catégorie des "méprisés". La phrase de Jésus signifie que la Bonne Nouvelle est annoncée en priorité à ceux dont on pensait qu'ils ne sauraient l'entendre. Jésus, par sa réponse, culbute bien des certitudes messianiques (et théologiques) de Jean-Baptiste : "Le Messie, le Venant, est un Autre que celui que vous attendiez". On peut regretter que la lecture s'arrête au v. 11 et n'aille pas jusqu'au v. 19, omettant en particulier le v. 16 où les Juifs (et les chrétiens qui viendront) reprochent aux vrais envoyés de Dieu de ne jamais "entrer dans leur danse", de ne pas suivre leur... cadence (la mode, le plus souvent) et d'être toujours à "contre-temps" ; mais déjà la forme assez énigmatique des v. 7-11 (quel dommage aussi de sauter le v. 12 !) où Jésus fait les demandes et les réponses, nous montre : a) que le Précurseur lui-même n'avait rien de royal (et n'annonçait donc pas un homme de cour) ; b) que le plus petit dans la nouvelle alliance est plus grand que le plus grand de l'ancienne alliance. Car Jean-Baptiste ne peut concevoir le "Venant" qu'à l'ancienne manière, tandis que le plus petit des chrétiens reçoit la révélation d'un Messie nouveau (cf. plus haut). Mais hélas, notre tentation chrétienne est d'en "revenir" toujours à un "Venant" à l'ancienne manière, un "Venant" qui alors ne serait qu'un "Revenant". |
Inscription à la newsletter
|
Cultes contemporains
Matthieu 11 v 2-11