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Matthieu 1 v 18 - 25 (Alphonse Maillot)
Texte : Matthieu 1/18-24 (25)
Genre : Notes homilétiques Auteur : Alphonse MAILLOT Source : Voici l’homme — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année A (Avent-Noël-Epiphanie jusqu’au Carême non compris). Mission intérieure de l’Eglise Evangélique luthérienne, s.d. (p. 41-43). Matthieu 1/18-24 (25) Commençons par faire reproche aux traducteurs de prendre le plus souvent la traduction minorée : "Avant qu'ils aient habité ensemble", alors que le verbe employé signifie aussi : "(Avant qu') ils aient couché (ensemble)". Certes, les deux traductions sont bonnes, mais il est dommage que l'habituelle fasse oublier l'autre, qui permet d'ailleurs d'y voir plus clair dans le sens du v. 25 ; les v. 18 et 25 font alors une sorte d'inclusion. Et, bien entendu, les listes de lectures ont censuré le v. 25… ; scandaleux ! Ensuite on se réjouira (tout en me pardonnant mes répétitions) de voir enfin (conformément à la position "virile" du Juif Matthieu) Joseph sortir de l'oubli dans lequel l'enferme l'hypertrophie de la mariologie romaine ou orthodoxe. Ce n'est pas à une femme seule que Jésus a été confié, mais à un couple. Si Joseph joue surtout son rôle plus tard, quand il s'agira de nourrir la maisonnée et d'éduquer un adolescent (cf. les Proverbes), il n'empêche que ce n'est pas Marie qui est seule "responsable" de Jésus. De plus, il y a aussi un "Fiat" de Joseph, "Fiat" dont d'ailleurs, dans son langage, saint Jean Chrysostome disait qu'il était plus "méritant" que celui de Marie, car si celle-ci avait bénéficié de la présence d'un ange, Joseph lui avait parié simplement sur un songe, qu'il aurait pu tout aussi bien interpréter comme un cauchemar. Si, comme le disait Gabriel Marcel (reprenant de vieux "pères" juifs), "toute paternité est toujours une adoption" (et un pari sur la fidélité de la mère), a fortiori, cela en fut une pour Joseph. Pour "l'homme juste" du v. 19, on consultera les notes TOB, en ajoutant que certaines des hypothèses qui y sont énumérées ne s'excluent pas nécessairement. Personnellement à l'aide de la notion de justice dans l’Ancien Testament, le plus souvent accompagnée de générosité, je comprends : "Homme généreux" (cf. la suite immédiate). Au v. 20, Matthieu prend soin de rappeler que Jésus tient son titre de "davidide" par Joseph (et lui seulement), et si Matthieu confirme Luc pour la conception de Jésus par le Saint-Esprit (v. 20 encore), au v. 21 il s'oppose à Luc 1/31 (où c'est Marie qui appelle l'enfant : "Jésus") en faisant donner ce nom : "Jésus" par Joseph. Cette contradiction est très enrichissante, même si elle est (trop) souvent passée sous silence ; de même est riche l'étymologie de "Jésus" (littéralement le SEIGNEUR-sauve) ici donnée ; il sauvera son peuple de ses péchés ; son peuple : celui qui est né d'Abraham, avec en particulier la lignée dynastique davidique qui avait besoin d'un sérieux nettoyage. Le verbe "sauver", s'il insiste sur le côté victorieux de ce nom, en évoque aussi le côté dramatique ; la croix-victoire-(et)-drame est à l'arrière-plan de ce don du nom. On prendra garde à ne pas transformer en manie cette insistance de Matthieu sur le fait que le Nouveau Testament (ou plutôt l'histoire qu'il relate) accomplit l'Ancien Testament (v. 22). Jésus ne naît pas pour démontrer le bien-fondé des affirmations de la Torah. Mais celle-ci a été écrite en vue de préparer les événements qui allaient survenir. Ce qui ne supprime pas du tout une étude en eux-mêmes des événements et de l'histoire que relate la Torah. Le Nouveau Testament n'est certes pas une nouvelle manière d'agir de Dieu, mais l'Ancien Testament n'est pas seulement un jeu d'images inconsistantes en elles-mêmes, même si le Nouveau Testament exerce sur elles une sorte de gravitation,... d'Aimantation (jouer ici sur le mot). Enfin, sans faire une fixation sur ce problème, on reviendra au v. 25, pour dire que la TOB (dans sa note) le traite vraiment "a minima", en prétendant "qu'on ne peut rien conclure de ce texte". Le seul problème est alors de savoir pourquoi Matthieu nous a donné ce renseignement, si inutile... que nos listes de lectures, mais elles seules, l'ont oublié (?). N.B. : Dans mon ouvrage : Marie, ma sœur (Letouzey et Ané), par irénisme autant que par respect des grands Conciles, je n'ai pas traité des variantes des textes, variantes dont les plus anciennes (la syriaque par exemple) accordent souvent à Joseph la paternité de Jésus : "...Joseph, auquel était fiancée la vierge Marie, engendra Jésus...". Je désirais, sans polémiquer inutilement, que nos Eglises fussent plus attentives à Joseph qu'elles ne l'ont été jusqu'ici. Mais quand je vois les restrictions (mentales ?) des listes de lectures, ou la TOB elle-même ne signaler aucune des variantes de Matthieu 1/16, tout en s'efforçant de donner des traductions "minimales", je me demande si cet irénisme (inhabituel !) n'a pas été une erreur. Autres textes de la même catégorie
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