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Matthieu 01 v 18-25 Christian Tanon
Mt 1, 18-25
Rom 1, 1-7 et 16-17 Es. 7, 10 – 17 Que savons-nous de Joseph ? Matthieu nous présente un personnage modeste, effacé, peu connu : Joseph. Qui est ce Joseph et que représente-t-il ? que nous apprend-il sur Dieu en ce 4ème dimanche de l’Avent ? Il étonnant de voir comment les deux évangiles Luc et Matthieu rapportent, chacun à leur manière, l’annonce de l’événement de Noël, et en particulier l’annonce que Marie sera enceinte et portera l’enfant Jésus. Chez Luc, l’annonce est faite par un ange, chez Matthieu par un songe. Chez Luc, la même annonce est adressée à Marie, chez Matthieu, à Joseph. Chez Luc, il y a un véritable dialogue entre Marie et l’ange, chez Matthieu, pas de dialogue : Joseph reconnaît la voix de Dieu dans son rêve et, sans discuter, lui obéit. Que savons-nous de Joseph ? Pas grand-chose. Sinon qu’il était descendant de David. Etait-ce son seul titre de noblesse ? On dit de lui qu’il était juste. Juste au sens biblique du terme, c'est-à-dire qu’il était droit et respectueux du prochain. « Joseph qui était juste et qui ne voulait pas dénoncer publiquement sa fiancée (lorsqu’il apprit qu’elle était enceinte alors qu’il n’avait pas été avec elle), décida de la répudier en secret » Beau geste ! Il aurait pu la dénoncer publiquement pour protéger sa réputation d’homme, mais il a préféré protéger sa fiancée, quitte à exposer son propre honneur. C’est alors que Dieu lui parle, à travers un songe. Dieu s’adresse parfois à l’homme à travers les songes. Joseph n’était pas le premier. Son homonyme, 11ème fils de Jacob, dans la nuit des temps, avait eu des songes prémonitoires. Vous connaissez l’histoire. Notre Joseph de l’Evangile, fiancée de Marie, aura trois songes : l’un pour lui annoncer la venue de Jésus, l’autre pour fuir en Egypte, et le troisième pour y revenir, le danger étant écarté. Mais ce qu’il reçut en songe avait de quoi le surprendre : quelque chose d’incroyable : Joseph, n’aie pas peur de prendre chez toi Marie, ta femme, car l’enfant qu’elle a conçu vient de l’Esprit saint » Comment peut-on croire une chose pareille ? Que diriez-vous si votre fille, dont vous découvrez qu’elle est enceinte, vous déclarait : maman, je n’ai eu aucune relation avec qui que ce soit ; c’est la puissance de l’Esprit Saint !? Où que cette information vous était donnée au cours d’un de vos rêves ? Affabulation, chimère, folie douce … diriez- vous. Mais Joseph, lui, a cru. Il a eu confiance en cette parole incroyable. C’était donc un homme de foi, je dirais même un homme d’une grande humilité devant Dieu. Mon orgueil de mari trompé ou soi-disant trompé, s’efface devant la Parole de Dieu. Foi, humilité, obéissance. Voilà encore quelques traits de caractère de notre ami Joseph. Que savons-nous d’autre ? pas grand-chose. Qu’il était un juif pieux, respectueux des règles de la religion juive. Sans doute un bon père, pour que le petit enfant soit élevé dans la vigueur et la sagesse. Finalement, nous avons affaire à un homme ordinaire, humble et juste, un bon croyant. N’ayant aucune parole de lui, nous ne pouvons guère cerner son caractère, comme nous pouvons le faire avec certains disciples de Jésus, Pierre ou Thomas, par exemple. Le Dieu qui ajoute Mais nous savons qu’il s’appelle Joseph. Cela n’est pas anodin dans la Bible, de s’appeler d’une manière ou d’une autre. Aujourd’hui, nous donnons des prénoms à nos enfants parce que nous les trouvons beaux : Bernard, Patrick, Isabelle. Mais quels sens ont-ils ? Dans la Bible, on donne un nom pour signifier quelque chose d’important qui est arrivé dans la vie d’une personne. Nous avons appelé notre fils Samuel parce qu’il était notre premier fils après 6 ans de mariage, à un moment où nous commencions à désespérer d’avoir un enfant. Nous avons prié, comme Anne dans l’Ancien Testament, et le Seigneur a répondu. Samuel veut dire Dieu écoute. Revenons à Joseph. Le 1er Joseph dont nous parle la Bible est le 11ème fils de Jacob. Joseph en Hébreu signifie « ajouté », Dieu a ajouté. Lorsque Rachel, la femme que Jacob aimait, a eu son premier fils, tant attendu, elle l’a appelé Joseph. Dieu a ajouté. Ajouté à quoi ? à qui ? Dieu a ajouté aux enfants que Jacob a eus de la servante de Rachel. C’était la tradition à l’époque : une femme stérile pouvait donner sa servante à son mari pour assurer une descendance. Mais bien entendu, cela n’était qu’une demi-mesure, et la femme n’était vraiment comblée que si l’enfant était le sien. Rachel, qui désirait tant avoir un fils, avait fait un 1er pas en donnant sa servante. Dieu fit le reste, Dieu donna ce qui manquait, en la rendant féconde. Ainsi le nom même de Joseph nous apprend quelque chose sur l’action de Dieu en faveur de l’homme. Dieu ajoute à ce que nous donnons déjà ; il nous comble et même au-delà de ce que nous attendons. Notre Joseph du Nouveau Testament, le fiancé de Marie, ne s’appelait pas Joseph par hasard. Ce que Dieu a donné et qui manquait à Marie pour qu’elle soit enceinte, c’est la puissance du Saint Esprit. Ce n’est pas un petit rajout, c’est un ajout considérable, décisif, surabondant. Dieu ajoute à nos efforts pour le servir. Nous faisons un pas vers Lui, Il en fait 10 vers nous. Ce qu’il ajoute est parfois sans mesure avec ce que nous donnons. Les sœurs Diaconesses, de la communauté protestante de Reuilly, ont un lieu de vie dans le charmant petit village du Mazet St Voy, sur le plateau de la Haute Loire. Il y a une dizaine d’années, elles ne pouvaient plus accueillir les retraitants d’été chez elle. Pas assez de place. Elles se voyaient refuser les demandes. N’était-ce pas pourtant dans leur vocation que d’accueillir des personnes pour des retraites spirituelles sur ce haut plateau de Haute Loire ? Leur maison était trop petite. Une année, elles avaient loué des tentes, et accepté de nombreux retraitants ; elles avaient décidé de céder leurs chambres confortables au profit des personnes âgées, et aller dans les tentes. Mais tout cela était assez précaire et angoissant. Dans la prière, elles remirent leur projet à Dieu en se disant : s’il nous manque quelque chose, Dieu pourvoira. Comment ? elles ne le savaient pas. Une semaine avant l’arrivée des invités, un paysan vient leur rendre visite, spontanément, en leur proposant de mettre sa ferme à disposition pour tout l’été. Il y avait de quoi loger une dizaine de personnes sans problème. Mieux, il proposait de vendre sa maison aux sœurs à bas prix. Et comble de bonheur, la dite maison était juste en face de la petite chapelle où les sœurs se rendaient régulièrement pour prier ! Voilà comment il est, notre Dieu : il nous confie une mission, et s’il nous manque quelque chose pour l’accomplir, il y pourvoit. Prenons un autre exemple qui nous est très proche : cette communauté de l’Eglise réformée à Epernay. Dieu lui a confié une mission, qui est celle de toute l’Eglise : annoncer et vivre de l’Evangile de Jésus Christ. Accomplit-elle sa mission ? Oui, mais de façon modeste. Dans une ville comme Epernay, nous pourrions intéresser et toucher plus de monde. Il y a un potentiel de croissance. La ville d’Epernay n’est pas un petit village. Toute proportion gardée, s’il y a en moyenne 100 personnes au culte à Reims le dimanche, il pourrait bien y en avoir 25 à Epernay. Avec des jeunes et des enfants. Mais comment y parvenir ? Nous le désirons, nous faisons des efforts dans ce sens, mais avons-nous assez confiance à Dieu pour qu’il nous donne ce qui nous manque, pour qu’il soit le Dieu qui ajoute à nos efforts ? Demander et recevoir l’inattendu Si c’est la volonté de Dieu que nous ayons ici une communauté vivante et dynamique, alors croyons que Dieu peut ajouter à notre action. Prions dans ce sens. Osons demander. Agissons en sachant que Dieu pourvoira à ce qui nous manque, d’une manière que nous ne pouvons pas programmer ni prévoir. Car ce qui vient de Dieu est toujours inattendu. Comme l’annonce faite à Joseph que Marie était enceinte par la puissance du Saint Esprit. Ce que Dieu ajoute à notre ordinaire de chaque jour, ce qu’il ajoute à nos modestes efforts pour faire que ce monde-ci devienne un monde meilleur, à nos modestes efforts pour que son Eglise soit vivante, c’est la puissance du Saint Esprit. C’est quelque chose d’inattendu comme le paysan d’en face qui vous ouvre sa maison, c’est quelque chose de nouveau comme un petit enfant à naître. Christian Tanon |
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Matthieu 01 v 18-25 ; 16/13-18 Marc Pernot