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Marc 9 v 30-37 Alphonse Maillot



Texte : Marc 9/30-37
Genre : Notes homilétiques
Auteur : Alphonse MAILLOT
Source : ... Ecoutez ! — Notes homilétiques pour les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année B - Quatre dimanches de la fin de l’été. Mission Intérieure de l’Eglise évangélique luthérienne à Paris, 1994 (p. 36-38).



25° dimanche ordinaire

Marc 9/30-37

C’est la deuxième annonce claire de la Passion de l’évangile de Marc, mais aussi une des dernières demandes du secret (la troisième et dernière annonce dans Marc 10/32-34 ne comporte plus cette demande du “secret” au moins dans la démarche). On peut estimer que, si en Marc 9/30, Jésus estime que c’est encore l’heure de “l’incognito” (cher à Kierkegaard), en Marc 10, il pensera que “l’heure du dévoilement” : la marche au supplice et non la marche à la gloire, est arrivée.

Cette deuxième annonce, beaucoup plus succincte et sèche que la première (8/31ss), énumère trois temps :
a) le Fils de l’homme (cf. 8/31) doit être livré (verbe d’une grande importance, car c’est ce verbe qui est cité deux fois en Esaïe 53 : texte de la Septante, aux versets 6 et 12) par les hommes et non par les seules autorités juives ;
b) le Fils de l’homme sera assassiné ;
c) il sera ressuscité trois jours après. Mais personne ne comprend, car cela n’a rien à voir avec les “clichés” qui sont les leurs, et dont nous n’apercevons guère qu’ils sont restés les nôtres.

En tout cas, Jésus montre qu’il doit être abaissé et abaissé jusqu’à la mort (Philippiens 2/8 et Esaïe 53/12).

Et pendant ce temps-là, les apôtres ne pensent qu’à être exaltés, à se monter sur les épaules les uns des autres. La scène est d’une ironie plus que grinçante : le Maître parle de son assassinat ; eux songent à leur promotion ; comparer le verset 31 au verset 34. Et comme cela n’a guère changé, ne craignez pas de déchaîner votre moquerie... en n’oubliant pas que vous êtes (nous sommes) de ces “aspirants-galonnés”.

Puis vous admirerez la patience et la... pédagogie de Jésus (qui pourtant doit en “avoir gros sur la patate”...). On ne peut pas avoir plus prêché à des “sourds” que lui. Alors que les apôtres font exactement le contraire de ce qu’il leur recommande, au lieu de leur passer le savon de l’amertume et de l’échec (les apôtres sont le plus grand échec de Jésus), Jésus paisiblement s’assied ; il les convoque (v. 34) un à un (?), pour leur dire que, dans le Royaume qu’il apporte, toutes les vieilles valeurs, hiérarchiques, morales,... sont renversées. Le Royaume marche sur la tête : verset 35 (depuis, hélas, il s’est remis sur ses pieds !).

Puis il prend un enfant, il l’embrasse, et il rappelle alors que ce n’est pas des grands, des affamé de galons, de dorures, de titres (encore Matthieu 23), que l’Eglise doit s’occuper, mais de ceux qui sont aussi fragiles et dépendants que des enfants. A méditer pour tous ceux qui ne songent qu’aux grosses têtes.

Et réhabilitez l’enseignement religieux des enfants !

”Plan” de prédication

Personnellement j’essaierais de mêler :
* le texte de Jacques : une Eglise doit retrouver la Sagesse (qui n’a rien à voir avec le sommeil et l’assoupissement de nombre de nos “paroisses”)...
* avec le texte de Marc : une Eglise de médiocres est toujours en train de loucher vers les honneurs, les performances, les galons. L’Eglise, quand elle avance, ne progresse pas à pas de géant, mais avec des pas d’enfants.




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