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Marc 7 v 31-37 Alphonse MAILLOT



Texte : Marc 7/31-37
Genre : Notes homilétiques
Auteur : Alphonse MAILLOT
Source : …Ecoutez ! — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année B (quatre dimanches de la fin de l’été). Mission intérieure de l’Eglise Evangélique luthérienne, 1994 (p. 17-18).



23° dimanche ordinaire

Marc 7/31-37

Si j'ai souvent hésité à transformer les miracles en actes chargés de symboles (car, souvent, c'est pour les débarrasser de ce qui nous gêne), je dois reconnaître qu'ici (c'est un miracle que j'ai soigneusement évité dans l'ouvrage que j'ai consacré aux Miracles de Jésus, aux éditions Les Bergers et les Mages), le "côté" le plus intéressant (et probablement dès sa reprise par Marc) est sa portée très symbolique.

Ce sourd-muet, qui est plutôt un sourd-bègue (v. 32) — après avoir été l'image de chacun des contemporains de Jésus —, c'est finalement chacun d'entre nous ; nous sommes incapables d'entendre de nous-mêmes la Parole de Jésus ; nos oreilles n'y sont pas préparées. Ce sont des paroles qui n'ont jamais pu monter jusqu'à nos cœurs, ou que ceux-ci sont incapables de recevoir (1 Corinthiens 2/9 qui renvoie à l'Ancien Testament). A fortiori nos lèvres sont-elles incapables de vraiment annoncer cette parole qui sauve. Elles aussi ne peuvent que mal la dire, la bafouiller, la bégayer (Matthieu 6/7).

Mais voici l'annonce de la Pentecôte (déjà préparée par le premier texte du jour : Esaïe 35/5... Cf. Esaïe 32/4b, ajouté au texte d'Esaïe du dimanche suivant). Jésus vient et, en donnant sa vie, il va ouvrir les oreilles des sourds et délier la langue des bègues ou des muets de nature (même si nous sommes bavards). On remarquera cependant que Jésus essaie de "cacher" son miracle (v. 33), que ce dernier ne lui est pas simple (il "soupira" = (?) gémit) ni donc facile. Quant au verbe ici employé, il évoque les délivrances qui ont jalonné l'existence d'Israël, à qui Dieu a ouvert sans cesse des portes d'avenir et d'espérance (sens du verbe "phâtah").

On relèvera enfin le malentendu total qu'expriment les v. 36-37, qui fait sans doute mieux comprendre encore à Jésus que les miracles finalement éloignent celui qu'il est vraiment et qu'il entend rester, du Jésus-le-Messie que les hommes entendent avoir et suivre. Ce qui ne doit pas nous empêcher de demander à Jésus de nous donner de vraies oreilles et des lèvres fidèles.




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