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Marc 7 v 1-23 (Alphonse Maillot)



Texte : Marc 7/1-23
Genre : Notes homilétiques
Auteur : Alphonse MAILLOT
Source : …Ecoutez ! — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année B (quatre dimanches de la fin de l’été). Mission intérieure de l’Eglise Evangélique luthérienne, 1994 (p. 10-12).



22° dimanche ordinaire

Marc 7/1 … 23

Ici encore, tout lire pour constater que des versets vigoureux et décisifs ont été "sautés", alors que nous nous trouvons devant un texte capital qui se distingue, ô combien, de son parallèle en Matthieu 15 (Luc n'a pas compris cette querelle de scribes juifs et l'a laissée tomber). Ainsi, on nous donne (et c'est bien !) le texte le plus original, mais on l'ampute... de ce qui fait son originalité (et cela est beaucoup moins bien !).

Or, c'est un texte parmi les plus originaux et brutaux des Ecritures, avec l'histoire des épis de blé égrenés un jour de sabbat (Marc 2/23 à 3/6) ; et, comme lui, il commence par une vétille (les casuistes adorent les vétilles... c'est plus facile à mettre en... pratique) ; ici, un rite (qui n'appartient pas à la Torah écrite, mais à ce qui s'appellera la Torah orale) : se laver les mains avant les repas ; là-bas, quelques épis de blé froissés entre les mains un jour de sabbat (dans les deux cas, les "coupables" sont certains des disciples). Pour ne pas trop accabler les accusateurs de Marc 7, rappelons que ce rite des mains propres avait sans doute une origine très respectable : on voulait recevoir avec des mains (sinon un cœur) propres, la nourriture que Dieu donnait. Mais, comme tous les rites, celui-ci avait fini par avoir sa signification en lui-même (c'est pourquoi disons, malgré nos frères orthodoxes, qu'il est bon parfois, pendant un temps limité, de savoir renoncer au rite).

Mais "nos" critiques (ceux du texte), dont la question était, après tout, fort anodine (cf. Marc 2/24) vont s'attirer une algarade sans commune mesure avec leur question (v. 6 et 7) :

a) c'est vous qui méritez le terrible reproche de duplicité (hypocrites = comédiens = double jeu !) qu'Esaïe faisait à son peuple aux lèvres aussi pieuses que le cœur était endurci : Esaïe 29/13ss = "vous nettoyez le plat (et vos mains) pour n'avoir pas à nettoyer le fond de vos existences" = encore "dans les lois de Dieu, vous choisissez celles qui vous arrangent, et trafiquez celles qui vous dérangent". Et Jésus montre alors à ces adorateurs de la Torah (et plus tard de la Bible entière), comment ils la détournent à propos de l'un des commandements les plus sacrés : le respect et l'assistance dus aux parents, qui sont esquivés à l'aide d'une "entourloupette" (le qorban, v. 11) ;

b) mais surtout, comme pour l'épisode des épis, Jésus va faire ici ressortir et retentir toute la nouveauté de son enseignement (qui bouscule toute religion), v. 18ss : il n'y a rien d'impur dans ce monde... sinon ce que l'homme fait de ce qui lui est donné (je regrette ici que la TOB soit si chiche en citations ; mais cf. Actes 10 ; Romains 14/14 — tout le chapitre 14 est à lire — ; 1 Corinthiens 8 et 10/23-25 ; Tite 1/15...).

Et va suivre la merveilleuse image de la digestion (trop vulgaire aux yeux, aux oreilles, ou surtout au nez de certains). Aucun aliment nourrissant n'est impur en soi : (le Kacher ? ? ? = 0). L'homme peut donc manger et boire de tout en toute quiétude (Marc, au v. 19, précise bien : il purifiait ainsi toute nourriture). C'est radical et définitif. Le monde est neutre. Tout le problème vient de ce qui "sort de l'homme" !

Jésus, carrément et clairement, parle de nos excréments qui "vont à la fosse" (v. 19). Alors, cela ce n'est pas propre, c'est même carrément dégoûtant et ça pue (pas convenable, ce Jésus !). Et voilà l'image de l'usage que nous faisons des bonnes choses (même la Torah) que Dieu nous a données : de la m... ! Seul l'homme crée l'impur (surtout quand il décrète des choses ou des gestes, voire des gens — ou les femmes ! —, impurs par avance). Et alors il pue !

Et la "bonne parole" de Dieu va être transformée, en passant par l'homme et son cœur double, en cet impressionnant et terrible catalogue des v. 21-22, dont vous comprendrez qu'ils ont besoin de leur "parabole" des v. 18-20 pour être compris (et comparez encore à Marc 2 — in fine — et 3).



"Plan" de prédication

Surtout prendre EN ENTIER, le texte de Marc 7/1-23 ; ne l'adoucissez pas ! Mais cela ne vous contraint nullement à être grossiers. C'est un texte sur lequel on prêche trop peu souvent. Et il est capital de voir :
a) quelle liberté Jésus nous accorde en ce monde ;
b) comment nous transformons en saletés les bonnes choses de Dieu.





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