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Marc 13 v 24 - 33 (J-M Ventre)



EGLISE REFORMEE d’ANNECY - J-M Ventre – Culte du dimanche 16 novembre 2003

Marc 13, 24-33 – Daniel 12, 1-3 – Hébreux 10, 11-18

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Aujourd’hui est réuni le Synode régional de Vogüé qui réfléchit, entre autres, sur les ministères. C’est donc sans notre pasteur que nous recevons ce matin ce texte difficile qui sollicite toute notre attention. Est-ce bien raisonnable de se préoccuper des ministères quand le monde semble aller si mal ?
Nous avons entendu ce récit d’apocalypse, qui veut dire révélation et nous parle d’espérance, de résurrection et de salut. Et nous retiendrons l’image du figuier.
Où est Dieu et quelle est notre place dans tout cela ?
Marc écrit pour une communauté chrétienne, dont la foi est mise à l’épreuve par des persécutions. Ce texte a été rédigé dans les années 70, période noire pour les juifs et les chrétiens, avec la destruction du Temple et la terrible répression romaine. Flavius Josèphe raconte que les routes étaient bordées de milliers de crucifiés, le reste de la population emmené en esclavage. Le pays d’Israël perd jusqu’à son nom pour devenir ‘’Palestine’’. Il devient un désert en quelque sorte.
Marc, dont tout l’évangile fait référence à la vie et la mort de Jésus, ne nous présente pas une vision béate de l’avenir : Après de la souffrance, le soleil et la lune s’éteignent, les étoiles tombent ! Images de l’envers de la création décrite en Genèse ! Il dit aux disciples contemporains de la Crucifixion qu’ils n’ont encore rien vu. Cela doit nous faire réfléchir.
De fait depuis ce temps les catastrophes n’ont pas cessé ; famines, épidémies, guerres, génocides et persécutions. Il est malheureusement trop facile de nos jours de transposer ce texte.
Nous venons de commémorer la fin de cette hécatombe que fut la 1ère guerre mondiale et ce matin a lieu une cérémonie à la mémoire de la rafle des enfants juifs des Marquisats il y a juste 60 ans.
Il y a partout dans le monde des guerres, des innocents pris en otages ou victimes d’attentats, rattrapés par des conflits qu’ils ignoraient et dont on a de plus en plus de mal à discerner les mobiles. Les médias pointent la détérioration des conditions de vie. Des affections inconnues, comme le SDRAS, la pneumopathie atypique, apparaissent, des maladies disparues reviennent. La violence aveugle frappe partout dans le monde et aucune famille ne peut s’imaginer à l’abri. Cette accumulation peut inquiéter. Nos repères se brouillent, tout semble absurde et menaçant. Des futurologues, des scientifiques veulent nous expliquer ce qui va arriver, mais sont trop souvent démentis par les faits. Sommes-nous face à une absence d’avenir ? Non, nous dit cet évangile! Il y a une issue, annoncée par le premier Testament et réalisée par la vie
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de Jésus-Christ.
Ce récit apocalyptique commence par une citation des prophètes. Mais ce n’est pas Michel, c’est le fils de l’homme qui viendra, non pour un combat mais pour rassembler ceux qui l’ont suivi. Nous sommes donc invités à participer. Cela change l’optique, le temps d’avant la fin nous concerne. C’est une perspective à laquelle on se prépare comme pour un examen de fin d’année. Même s’il nous est dit que Dieu seul en sait la date.
Pensons-nous qu’avec une vie honnête et des prières nous prenons une assurance tous risques ? Peut-on imaginer qu’il suffit d’être croyant et à peu près juste pour échapper aux épreuves ? Ce serait une conception païenne ! Ce Dieu, que Jésus nous annonce, est différent d’une idole dont on veut attirer la faveur par des dons ou des gestes magiques. Certes Dieu ne fait pas notre volonté mais sachant nos souffrances Il a envoyé son fils, celui qui reviendra à la fin.
Où donc est Dieu dans tout cela ? Mais avec nous ! Nous laissant libre de nos choix et de nos valeurs, Il nous aime, s’incarne et se fait proche. Jésus manifeste le Dieu qui se révèle, Dieu de notre histoire, dans notre histoire.
Le fils de l’homme c’est Christ qui reviendra à la fin des temps. Celui qui est venu pour vivre, avec nous, jusqu’à la mort, la vie d’un humain, viendra rassembler ceux qui se sont reconnus comme siens, les élus. Marc fait référence à l’événement totalement incompréhensible et révoltant de la mort de Jésus sur la Croix mais pour l’éclairer par le miracle de la Résurrection.
Il y a une issue mais cela ne veut pas dire qu’il n’y ai rien à faire en attendant.
Dans la tradition juive, le figuier c’est la Torah, la connaissance de Dieu. Les premières feuilles nous avertissent que la mauvaise saison se terminera et que le soleil resplendira à nouveau. Mais rien n’est simple !
Des repères humains peuvent faire défaut : Des dirigeants, des responsables religieux, des enseignants, des magistrats, des stars du sport et du spectacle (peut-être les étoiles dont on nous prédit la chute) ont affaire à la justice. Les procès récents montrent que les justiciables, victimes et condamnés, ne reconnaissent plus l’autorité des tribunaux.
Parfois des phénomènes naturels exceptionnels nous désorientent ; canicule, incendies, inondations, tempêtes et tornades, tremblements de terre. La glace des pôles fond, le niveau des océans s’élève et submerge des pays comme le Bengladesh. En Chine le désert, encore lui, avance chaque année de la superficie d’un département français ! Cette année après la canicule et la sécheresse, des arbres fruitiers de la vallée du
Rhône, des rhododendrons en montagne, se sont mis à fleurir en
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octobre se trompant de saison.

Mais il y a des références sûres auxquelles nous pouvons nous amarrer. Nous ne sommes pas seuls et abandonnés. Il y a des signes si nous savons les voir. Dieu donne des informations au monde. A nous de les voir (ou plutôt les entendre car c’est de sa Parole qu’il s’agit) Surtout il nous est dit que cette Parole ne passera pas.

<Comprenez l’enseignement du figuier> Comme des feuilles caduques nous avons à contribuer à la continuité de la création pendant la saison de notre vie. Et nous sommes concernés dans notre aujourd’hui : <Cette génération ne passera pas>: Il n’y a pas à tirer des plans sur le futur, Dieu seul sait quand tout cela finira. Il nous est demandé de participer. Le texte semble-nous dire ne croyez pas tout ce que l’on vous dit, ne désespérez pas, vivez et agissez !
Dieu n’est pas indifférent à ce que nous ressentons. Il nous appelle à la vigilance. Oui, le monde dans lequel nous sommes est loin d’être parfait. Oui, ce n’était pas mieux avant. Oui, cela sera même peut-être pire après. Mais nous pouvons nous diriger sur des repères fiables et immuables. Jésus est venu nous mettre en garde et nous proposer des éléments de réponse. Il nous assure, lui qui a subi injustement le supplice avant d’être ramené à la vie, qu’il y a une volonté, même si nous ne la comprenons pas souvent et pas toujours bien. Il s’adresse à nous dans notre aujourd’hui pour que nous préparions demain. Le mal existe mais il n’a pas de sens en soi et il n’aura pas le dernier mot.

Marc nous entraîne dans l’espérance. Il nous suffit d’être prêts.
Dans le fond de nos détresses, celui qui est venu, Jésus, vient et surtout reviendra encore nous rassembler. Après le vendredi saint et la Passion viennent le dimanche de Pâques et la Résurrection.
Christ s’est approché dans la nuit et le dénuement pour vaincre l’absurde, proclamer du haut de la Croix que les péchés sont pardonnés. Certes, le mal est omniprésent dans ce monde mais l’homme est réconcilié avec Dieu.

C’est à dire qu’après la souffrance, le chaos, le manque de sens dans nos vies, vient un temps de lumière, de justice et de paix pour ceux qui n’ont pas désespéré et ont attendu. Même après l’horreur absolue, et elle n’est jamais loin, viendra un temps de justice, de gloire et de puissance. Malgré le gel tardif, la grêle ou la sécheresse essayons de devenir les fleurs et les fruits que le créateur attend pour peupler le désert. C’est la tâche de chaque génération de poursuivre la création.
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Il nous est demandé de comprendre le message immuable de la Parole et de ne pas suivre les mauvais guides dans l’affolement médiatisé. Il nous est recommandé, d’être des veilleurs et d’aider nos frères et nos sœurs à veiller. Il est donc bien justifié qu’à Vogüé nos délégués et notre ministre réfléchissent sur les ministères. Cette réflexion ne concerne pas que les pasteurs, mais nous interpelle toutes et tous, vous et moi. Le sacerdoce universel invite chacun d’entre nous à discerner et à s’impliquer dans l’avenir. Appelé (et pourquoi pas élu ?) à être le témoin de cette Parole qui ne passe pas afin de résister au découragement, aux peurs, et aider les plus fragiles d’entre nous, et pas seulement dans nos églises.
Dans son amour Dieu nous invite à prendre notre place dans la chaîne des générations afin que Jésus ne trouve pas le monde désert à son retour.
Il nous est promis qu’il y a une issue et que nous pouvons y être associés.

Celui qui est venu, Jésus-Christ, le fils de l’homme, l’Emmanuel, est avec nous chaque jour dans nos vies et reviendra à la fin des temps.
Et, aujourd’hui, il nous encourage :

< Faites attention, ne vous endormez pas, car vous ne savez quand le moment viendra. >



AMEN




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