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Marc 12 v 41-44 (Alphonse Maillot)
Texte : Marc 12/41-44
Genre : Etude biblique Auteur : Alphonse MAILLOT Source : Marie, ma sœur — étude sur la femme dans le Nouveau Testament. Letouzey & Ané, 1990 (p. 43). Marc 12/41-44 : L'offrande de la veuve pauvre 41 Assis bien en face du tronc, Jésus regardait la foule jeter des pièces dans ce tronc. Et beaucoup de riches jetaient beaucoup. 42 Puis vint une veuve pauvre qui mit deux petites pièces, les plus petites qui existent. 43 Alors apostrophant ses disciples, Jésus leur dit : « Voici une chose certaine : cette veuve pauvre a jeté dans le tronc bien plus que tous les autres, 44 Eux ont mis de leur surabondance, elle c'est ce qui allait lui manquer, tout ce qu'elle avait à elle, tout ce qui lui permettait de vivre, qu'elle a jeté ». Notes : v. 41 : magnifique allitération (polloi plousioi éballon polla) [Trad. argotique : « Plein de plein-aux-as en balançaient plein »]. v. 44 : la phrase finale en grec est bien plus brève, littéralement : « Tout son avoir, sa vie entière ». Ce récit n'a certes pas pour intention de nous donner un message spécifique à propos des femmes ; cependant on peut se demander si la tradition ecclésiale ne l'a pas retenu parce que l'Eglise, déjà du temps de Marc, vivait le plus souvent de l'argent « féminin » (Luc 8/1ss) et de l'argent des pauvres (cf. 2 Corinthiens 8/2ss). En tout cas, on remarquera la curiosité de Jésus qui, sans gêne et sans complexe, se plante devant le tronc (12/41) et s'intéresse à ce que donnent les gens ; on relèvera que, très honnêtement, Marc constate que beaucoup de riches mettaient beaucoup. On ne s'étonnera pas trop de ce que l'évangéliste (ou son inspirateur) a reconnu une veuve dans cette femme. Certes, elle pourrait avoir été connue et donc reconnue, mais Genèse 38/14 nous indique que les veuves s'habillaient de manière caractéristique. Quant à la pauvreté, elle ne peut guère se dissimuler. Cependant le v. 44 mérite une traduction serrée : « Car tous les autres ont mis de leur superflu (leur surabondance), mais elle c'est son manque (en se privant), tout son avoir qu'elle a donné, toute sa subsistance (bios !). Elle a vraiment donné sa vie à Dieu, et pas seulement dans un cantique ». Et curieusement Jésus, qui a sans doute un peu d'argent dont Judas est le trésorier (d'après Jean 12/4-6, mais celui-ci a une dent contre Judas), ne court pas après elle pour lui rendre la moindre pièce. Il respecte sa pauvreté volontaire. Il ne se donne pas bonne conscience facilement. L'argent des pauvres est sacré ! Autres textes de la même catégorie
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