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Marc 12 v 28 Paul Romane-Musculus
Vous connaissez tous ce passage de l’Évangile que l’on vient de lire et que l’on retrouve aussi dans Matthieu et Luc, mais peut-être plus encore ces versets :
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force ». « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». On les appelle le « Sommaire de la loi » parce que nous avons là, résumé par Jésus-Christ, le contenu essentiel des dix commandements. La liturgie du culte est en quelque sorte un dialogue entre Dieu et son Église et dans une partie de ce dialogue c’est la lecture de la loi : Dieu parle, l’Église écoute. C’est Dieu qui parle, le liturge n’annonce rien de lui-même : il redit simplement à l’Église, de la part de Dieu, quels sont les commandements de la loi, comment Dieu veut être servi. C’est l’Éternel qui a donné à Moïse les deux tablettes de pierre : « ces tablettes étaient l’œuvre de Dieu, écrites de la main même de Dieu » lisons-nous dans le livre de l’Exode au verset 16 du chapitre 32. Le décalogue demeure la loi de Dieu, Jésus lui-même nous l’a dit : ( lire Matthieu 5 / 17 – 19 ou /et Luc 16 / 17 ) on ne peut être plus précis ni plus catégorique sur la valeur permanente de la Loi de Dieu. Ce qui donne à ces commandements une valeur absolue et perpétuelle c’est qu’ils ne sont pas des commandements que le peuple d’Israël se serait choisis puis, plus tard, que l’Église aurait adoptés à son tour. Ce qui leur donne une valeur absolue et perpétuelle c’est qu’ils ont été prononcés et dictés par Dieu lui-même qui, dans Sa grâce, venait de faire sortir d’Égypte Son peuple élu, c’est qu’ils ont été répétés et redictés par Jésus-Christ, le Seigneur de l’Église. Aujourd’hui, comme pour Moïse ou comme pour les disciples, c’est le même Dieu, le même Seigneur qui prononce les commandements et qui nous dit : Écoute, écoute car je suis l’Éternel, ton Dieu, moi qui te parle. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force. Ce grand commandement condense les quatre premiers commandements du Décalogue, ceux qui se rapportent à Dieu : Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face Tu ne te feras aucune image pour te prosterner devant elle et pour l’adorer Tu ne prendras pas le nom de l’Éternel en vain Tu te souviendras du jour du repos pour le sanctifier. Dieu fait le tour de toutes les possibilités que s’est donnés l’homme pécheur pour se détourner de Lui, Dieu condamne toutes les issues, ferme toutes les portes. L’homme voudrait fuir devant l’Éternel et se donner d’autres dieux, des dieux qu’il se serait choisi, des dieux de meilleure compagnie. Celui-ci a mis l’argent à la place de Dieu, cet autre le pays, ou la race, ou l’alcool, ou la pédophilie, ou la raison humaine. Autant de paganisme déguisés. « Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face » dit l’Éternel. L’homme voudrait fuir devant l’Éternel et, dans sa ruse, se fabriquer des images qu’il adorerait à la place de Dieu, car une image est beaucoup plus rassurante, plus familière, et il est plus facile d’aimer en elle les traits qu’on lui a donnés que de servir un Dieu invisible mais présent. « Tu ne te feras aucune image pour te prosterner devant elle et pour l’adorer ». L’homme voudrait fuir devant l’Éternel et, pour affirmer son indépendance, il blasphème, il se moque de l’Éternel, il parle légèrement de Lui et soumet Son nom à la vanité. « Tu ne prendras pas le nom de l’Éternel en vain », dit l’Éternel. L’homme voudrait fuir devant l’Éternel et il lui reste encore une chance. Il cherche à prendre à Dieu le temps, le jour qui Lui appartient, pour l’occuper lui-même, pour l’employer à son travail, à nettoyer sa voiture, à regarder sa télé, ou à ne rien faire. «Tu te souviendras du jour du repos pour le sanctifier ». « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force ». Tout ton cœur, toute ton âme, toute ta pensée et toute ta force : TOUT, absolument tout, tout est à Dieu, tout est pour Dieu. Il n’y a aucun choix à faire, aucune préférence à indiquer, Dieu exige TOUT. Il ne s’agit pas de ton cœur moins ce petit coin que tu réserves pour quelque idole ; non, il s’agit de tout ton cœur. Il ne s’agit pas de ton âme moins cette petite inclinaison que tu orientes vers quelque secret ; non, il s’agit de toute ton âme. Il ne s’agit pas de ta pensée moins ce petit système d’idées indépendantes que tu te conserves pour sauvegarder adroitement ton orgueil ; non, il s’agit de toute ta pensée. Il s’agit de tout ce que tu es et de tout ce que tu as. Il n’y a pas à commencer des discours avec des « moins ceci, moins cela…, sauf ceci, sauf cela…, excepté ceci, excepté cela… » on ne discute pas avec Dieu ; Dieu exige tout. Dieu veut tout pour Lui, il veut être aimé d’un amour unique, et cette exigence est si impérative, si exclusive, que les écrivains sacrés parlent de la jalousie de Dieu. Dieu ne supporte pas que, dans notre vie, il y ait quoique ce soit qui soit aimé plus que Lui. Tout est pour Dieu et un grand amour ne peut pas se partager. « Vous ne pouvez boire à la fois à la coupe du Seigneur et à la coupe des démons ; vous ne pouvez participer à la fois à la table du Seigneur et à celle des démons. Ou bien voulons-nous exciter la jalousie du Seigneur ? » (1 Co 10, v 21 & 22). Voyons maintenant le second grand commandement, ce second qui est SEMBLABLE au premier. Tu aimeras ton prochain comme toi-même Ce qui condense les six derniers commandements du Décalogue. Aimer le prochain comme Dieu nous le demande, ce n’est pas aimer le prochain davantage que Dieu, ou aimer le prochain à côté de Dieu. Aimer le prochain c’est encore aimer Dieu, c’est aimer Dieu tout simplement. C’est aimer Dieu parce que c’est obéir à un commandement venu de Dieu, et par conséquent c’est encore de Dieu qu’il s’agit puisqu’il s’agit de Lui obéir, de nous conformer à ce qu’Il exige de nous. Aimer réellement notre prochain comme Dieu nous le demande, c’est l’aimer en Jésus-Christ. L’amour de Dieu et l’amour du prochain sont inséparables. « Si quelqu’un dit : J’aime Dieu, et qu’il haïsse son frère, c’est un menteur », dit Jean (I Jn 4, v 20). « Celui qui aime Dieu aime aussi son frère » (I Jn 4, v 21). Vous connaissez tous l’histoire du bon samaritain, cette histoire qui nous montre bien quel est notre prochain et qui nous ôte toute excuse de ne pas le reconnaître. De même que les hommes ont cherché à se détourner de Dieu, ils ont tout imaginé pour se détourner de leurs devoirs envers leur prochain. Celui qu’ils ont appelé leur prochain a cessé d’être le prochain réellement placé par Dieu à côté d’eux, le prochain que Dieu ordonne d’aimer ici et tout de suite, d’aimer quel qu’il soit. Les hommes se sont établis des catégories : pour les uns, le prochain c’est seulement celui qui appartient à la même race, ou à la même nation, ou au même parti politique, ou à la même classe sociale. Pour d’autres hommes les limites sont plus étroites encore, cela s’arrête à la famille, ou même à un ou deux êtres choisis, chéris, cajolés pardessus tout, comblés de tout, alors que juste à côté le prochain, le prochain placé là par Dieu et qui crie sa souffrance et sa pauvreté, n’a quelquefois pas même un regard de pitié. Les hommes ont aussi imaginé une autre manière, plus rusée et plus discrète, mais peut-être encore plus coupable, pour se débarrasser de leurs devoirs envers leur prochain. Cela consiste à faire de beaux discours mais à n’aimer personne, à se gargariser avec des mots et des phrases sans faire le moindre geste pour aimer qui que ce soit. Cela consiste à employer tout le temps, et avec des majuscules, les mots Amour, Humanité, Fraternité, cela consiste à aimer ainsi, en grand, un prochain si vague, si général, si collectif, que cela dispense d’aimer le prochain concret, réel, présent, celui qui est à côté de nous. Cela consiste à aimer des mots et des phrases qui ne contiennent plus aucune réalité à force d’avoir été galvaudés à tort et à travers, et en somme à ne jamais rencontrer le prochain présent et vrai que Dieu place sur notre route, qu’Il nous ordonne d’aimer. Ainsi, les hommes sont si retords qu’ils se dispensent souvent d’aimer leur prochain en ne le reconnaissant jamais lorsque Dieu le leur présente effectivement. Qu’ils prennent garde. « Crains Dieu et observe Ses commandements, dit l’Ecclésiaste. c’est là ce que doit tout homme » (12, v 15). Il s’agit pour l’Église d’écouter la loi de Dieu et d’y obéir. « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force. Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». L’Église fidèle c’est celle qui écoute la loi de son Seigneur. Si l’Église fermait ses oreilles, elle ne pourrait qu’être séparée de son Seigneur Jésus-Christ et mourir. Si l’Église écoute la loi de son Seigneur, elle demeure véritablement Sienne. Amen. Autres textes de la même catégorie
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Cultes contemporains
Marc 12 v 28 - 44 David Mitrani