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Marc 07 v 31-37 Albrecht KNOCH



Texte : Marc 7/31-37
Genre : Prédication
Auteur : Albrecht KNOCH
Source : Prédication pour le 10.09.2000, trouvée sur le site de la Paroisse du Mont Vaudois à Héricourt.



C’est un monde bien à part, frères et sœurs,
un univers à part où vit une personne qui n’entend rien.
Pas moyen de faire passer un message avec nos moyens connus et habituels – et même si on parle plus fort, cela ne sert à rien.
En conséquence directe de son handicap, celui qui n’entend rien ne peut pas s’exprimer dans le langage commun à la société environnante.
Le mur qui sépare le malentendant est invisible, mais il n’est pas moins efficace.
Deux mondes séparés aussi, la région de la Décapole, le territoire des Dix Villes et la Judée.
Les habitants de la Décapole ne connaissaient pas le Dieu du Premier Testament, ils ne connaissaient pas le Dieu de Jésus et de ses amis,
et de l’autre côté, ceux qui lisaient la Bible en hébreu, à Jérusalem et dans d’autres villes, il tenaient à ne rien avoir à faire avec eux.
Un autre mur invisible qui sépare ces deux mondes.
Quand Jésus guérit le sourd-muet, il transgresse les deux lignes de séparation en même temps, il abat ces deux murs invisibles et les rend inefficaces.
C’est pourquoi, les témoins deviennent des confesseurs, et ils disent :
"Il a bien fait toutes choses ;
il fait entendre les sourds et parler les muets".
Par là, ils ne disent rien d’autre qu’en Jésus ils voient l’œuvre de Dieu continué,
qu’en Jésus, ils ont vu le Dieu d’Israël à l’œuvre.
Oui, cette petite phrase à première vue innocemment prononcée,
"Il a bien fait toutes choses ;
il fait entendre les sourds et parler les muets",
cette phrase est une double citation du Premier Testament, et surtout elle est cette louange de Dieu à laquelle Jésus-Christ appelle.
La première partie du verset renvoie au récit sur l’origine du monde, Genèse 1, vous vous rappelez :
Chaque fois qu’une étape de la création de l’univers est terminée,
Dieu approuve l’ensemble par « Il est bon ».
La deuxième partie de la confession-citation,
elle se trouve chez le prophète Esaïe, nous venons de l’entendre.
Quand Dieu règnera, quand il sera tout proche de l’univers,
les sourds entendront, et les muets parleront.

"Il a bien fait toutes choses ;
il fait entendre les sourds et parler les muets".
Si Jésus fait sauter les frontières, les séparations impossibles pour nous de les prendre, alors Dieu lui-même est à l’œuvre.
Jésus fait entrer en communication les habitants de la Décapole comme le malentendant,
car lui, Jésus, il est ouvert à tout et à toutes.
Il ouvre une brèche dans les murs visibles et invisibles, pour tout ouvrir à l’amour de Dieu,
et les faire revenir aussi en communication entre eux.
Un sourd, très souvent, il est aussi muet, il reste muet,
car il n’a jamais entendu une parole prononcée,
il/elle ne sait pas comment cela devrait résonner,
il reste donc muet, même si les organes sont intacts :
Manque d’audition, il ne peut pas former des mots,
la langue reste liée.
Un sourd reste étranger à la vie avec les autres,
et seuls les signes et codes permettent tant bien que mal de participer à un dialogue.
Sans avoir entendu parler de Dieu,
sans avoir vécu son amour,
je resterai muet, moi aussi.
Quand il faut parler de lui, partager son amour,
je resterai étranger à Dieu tout court.
Le doigt que Jésus pose dans l’oreille du sourd souligne la volonté de Dieu de nous faire part de son amour et de son ouverture, pour que, nous aussi, nous puissions nous ouvrir.
Mais l’œuvre de Dieu ne s’arrête pas là.
Dieu a brisé et brisera des barrières plus fortes encore,
la résurrection du Christ nous en donne l’assurance.
Ici ou là, il s’agit d’un acte créateur de la part de Dieu,
que nous ouvrons nos oreilles et nos cœurs à son amour ou que Dieu fait vivre une vie nouvelle.
Combien de fois nous restons muets quand il faudrait s’ouvrir à Dieu et à l’autre.
Combien de fois nous sommes incapables de vraiment écouter et accueillir.
Et combien de fois la détresse de l’autre nous rend-elle muet,
et pourtant, face à quelqu’un en deuil,
rien n’est plus grave de ne rien dire, par crainte de ne pas savoir quoi dire, certes,
mais ce silence rajoute pour ceux qui vivent de moments douloureux.
Dieu ouvre nos lèvres et nos oreilles
pour sa louange et pour un accueil sans préjugés.
Dieu nous ouvre les lèvres aussi face à la mort,
pour que nous puissions accompagner ceux qui sont dans le deuil,
parce qu’il a ouvert la tombe de Jésus.
Quand donc ces moments sourds sont dépassés,
quand les séparations entre humains sont vaincus,
et si petits que les avancées soient,
nous vivons la force créatrice de Dieu,
nous vivons chaque fois un acte créateur de Dieu,
qui, à travers Jésus-Christ, nous ouvre les oreilles et le cœur pour une écoute sans préjugés,
nous vivons un acte créateur de Dieu
qui délie notre langue et ouvre nos cœurs
pour témoigner de lui et pour le louer.
Amen.



Autre lecture : Esaïe 35




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