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Malachie 3 v 19-20 Catherine Zuber



Textes : Malachie 3/19-20 ; Luc 21/5-19
Genre : Prédication
Auteur : Catherine ZUBER
Source : Prédication radiodiffusée. FPF, 18.11.2001.



Frères et sœurs,

Il y a deux ans, nous fêtions officiellement à grand renfort de feux d’artifice, de réveillons super-chers à Honolulu ou au Mont Saint-Michel, le 2 000° anniversaire de la naissance de cet homme qui vint bouleverser l’histoire, et dont les chrétiens disent qu’il est le fils de Dieu envoyé pour notre salut.

Quel progrès dans le monde après deux millénaires de christianisme ? Oh, bien sûr, nous avons à l’esprit quelques événements qui nous paraissent positifs, tels que la création de l’ONU, l’abolition de l’esclavage, ou encore ces mots de solidarité et de partage qui sont apparus dans nos sociétés. Mais nous évoquons aussi les quantités d’êtres massacrés, la multiplication des guerres, la férocité de l’économie mondiale, les dictatures sanguinaires.

Ne sommes-nous pas alors tentés de rendre Dieu responsable de nos malheurs ? N’entendons-nous pas quelquefois : "Si Dieu était tout puissant, il ne permettrait pas cela !", ou bien ne disons-nous pas : "Qu’ai-je fait au bon Dieu pour qu’il m’arrive cela ?".

En vrac, nous lui exposons tous nos maux : le chômage, la pauvreté, les injustices, la délinquance et... les catastrophes climatiques ! Nous nous plaignons du silence de Dieu, nous le trouvons bien absent de notre monde, nous trouvons qu’il exauce bien mal nos prières.

Et voilà que le peuple juif du temps de Malachie, c’est-à-dire vers 450 avant Jésus-Christ, se comportait déjà de la même façon et exprimait les mêmes plaintes. Ce peuple qui avait été en exil, était de nouveau installé dans son pays depuis presqu’un siècle. Un nouveau temple avait été reconstruit à Jérusalem, mais ce qu’il espérait n’était pas arrivé, le peuple et le pays n’avaient pas trouvé une nouvelle grandeur. Alors les gens n’avaient plus de courage, ni d’espoir en l’avenir. Ils avaient pourtant entendu tous ces récits qui parlaient d’un Dieu d’alliance. Ils connaissaient l’histoire d’Abraham, celle de Moïse, de la Loi que Dieu lui avait dictée pour guider son peuple. Ils connaissaient aussi les noms des grands rois d’Israël et ceux des prophètes qui leur avaient promis des temps nouveaux, mais les siècles avaient passé et rien n’arrivait jamais.

Alors, leurs cultes devenaient des cérémonies sans éclat, où ils venaient un peu par habitude et sans grande conviction. Ils y étaient peu nombreux, et leurs offrandes peu abondantes. Ils avaient un peu délaissé les traditions de leurs ancêtres, et aussi un peu oublié ce qu’ils avaient appris au catéchisme.

Ils vivaient dans une société peu harmonieuse où le taux de divorce était très élevé, où l’adultère était fréquemment pratiqué, les ouvriers mal payés, les veuves et les orphelins peu protégés, les étrangers mal traités — ce sont les paroles même du prophète Malachie que je citais à l’instant.

Alors, par l’intermédiaire du prophète, le Seigneur s’adresse à son peuple et lui déclare : "Moi, le Seigneur, je vous aime, mais vous, vous me demandez : où est la preuve de ton amour ?".

Toujours la même question posée à Dieu !

Revenons aux paroles du Seigneur qui nous sont transmises aujourd’hui par la bouche du prophète Malachie : (relire les v.19 et 20).

Allons-nous aujourd’hui être capables d’avoir un peu de mémoire ? Allons-nous enfin ouvrir nos yeux et nos oreilles ? Allons-nous mettre tous nos sens en éveil pour enfin découvrir comment ce Dieu fidèle nous aime ?

Sommes-nous, au contraire, de ceux qui, refusant de se laisser convaincre de la proximité du Royaume de Dieu en ces temps chaotiques et violents, seraient tentés de rejeter la foi de leurs ancêtres et d’aller chercher ailleurs des réponses pour combattre leurs peurs, d’aller se jeter dans les bras des marchands d’illusoires certitudes ?

Serons-nous, plutôt, de ceux qui, osant croire en cette bonne nouvelle, verront se lever le soleil de justice, et trouveront en ses rayons paix, joie et guérison ?

Cette bonne nouvelle, Jésus est venu l’incarner il y a 2 000 ans ; il a affirmé qu’au terme de toutes les convulsions de l’histoire, il y a la vie que donne le Père ! Et n’est-ce pas merveilleux de voir que le cœur de l’Evangile a réussi à se frayer jusqu’à nous un chemin à travers tous les cataclysmes déclenchés par les hommes ?

C’est grâce à la fidélité des témoins du Christ et en dépit des infidélités de son Eglise que son enseignement est passé au travers de tous les brasiers de l’histoire.

Pourquoi l’Esprit de cet obscur Nazaréen n’est-il pas mort aujourd’hui ? Cela devrait faire réfléchir le croyant comme l’incroyant. En tant que chrétiens, risquons cette affirmation indémontrable : ce miracle est entretenu par l’Esprit de Dieu, l’esprit qui animait les prophètes comme Malachie et bien d’autres, tendus à l’écoute de la Parole, l’esprit que Jésus avait promis à ses disciples :

"En effet, moi je vous donnerai des paroles de Sagesse et vos adversaires ne pourront pas discuter ni répondre... C’est par votre persévérance que vous gagnerez la vie".

Visage de feu, Dieu sans visage
amour sans fin, viens à notre aide !
Que ton feu calcine en nous ce qui n’est pas de toi,
qui nous clôture en nous-mêmes,
qui tue en nous les semences de joie !
Que ton feu consume du dedans nos peurs d’enfant,
nos vieilles déceptions, nos illusions d’indépendance !

Visage de feu, Dieu sans visage,
amour sans fin, viens à notre aide !
Que ta joie creuse son sillon dans nos cœurs fermés,
que ta joie vienne et demeure !
Tu es toi aux siècles des siècles,
jusqu’aux confins de l’univers,
tu es Dieu et cela suffit.

Visage de feu, Dieu sans visage,
amour sans fin, le monde est plein de toi.
Amen.





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