|
|
Accueil |
Envoyer à un ami |
Version imprimable |
Augmenter la taille du texte |
Diminuer la taille du texte
Luc 5 v 1-11 (Alphonse Maillot)
Texte : Luc 5/1-11
Genre : Notes homilétiques Auteur : Alphonse MAILLOT Source : Mon âme magnifie le Seigneur — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année C – Avent-Noël-Epiphanie. Mission Intérieure de l’Eglise Evangélique Luthérienne, 1991 (p. 97-99). 5° dimanche ordinaire Luc 5/1-11 Enfin deux récits réellement convergents pour un même dimanche : Esaïe 6 (v. 5) et Luc 5 (v. 8), et qui montrent aussi la différence entre la Première Alliance et la Seconde Alliance. En Esaïe, c'était devant le Seigneur lui-même, dans sa triple et redoutable Sainteté, que le prophète se découvrait pécheur ; dans Luc, c'est devant un homme (que, d'après Luc, Pierre connaît à peine : 4/38ss) qui lui a rempli sa barque, que Pierre se découvre "coupable"... comme l'était Zachée (Luc 19/7) ou la femme pécheresse de 7/39. Ici encore, même si les mots de Jésus y invitent, il ne faut pas simplement voir une image ou une simple allégorie dans tout ce récit. C'est une vraie histoire de pêche, et il n'est pas mauvais d'être un pêcheur pour mieux la saisir. Car la pêche, c'est aussi cela : un pêcheur expérimenté qui sait (à peu près) où se tient le poisson, quand il est là, et tout ce qu'il faut faire pour le prendre et... malgré cela, malgré toutes les lois (?) que l'expérience humaine, parfois millénaire, a pu élaborer, c’est la bredouille totale. Pas un poisson là où il devait être, et pas un poisson à 1'heure où il devrait être là. D'ailleurs, la pêche rend modeste, en tout cas au fond de soi, même s'il paraît qu'il n'y a pas plus grands hâbleurs que les pêcheurs ; en effet, on est toujours... (non, pas toujours, car alors on ne s'y tromperait jamais), mais souvent on est pris à contre-pied. Et le profane, incapable autant qu'ignorant, lui, va (parfois) tomber sur le bon endroit à la bonne heure. Et devant le profane Jésus (charpentier de son état) qui lui commande de repartir à la pêche, Pierre est saisi par l'étonnement et le doute, et le "sur ta parole..." du v. 5 doit être autant ironique que confiant. C'est autant : "Tu vas voir qu'aujourd'hui où nous nous sommes crevés toute la nuit, il n'y a rien à faire, surtout de jour où les poissons se terrent au fond du lac..." que "mais puisque c'est toi qui le dis, je vais te faire (un peu ?) confiance", mais surtout t'administrer la preuve que rien ne vaut l'expérience. Alors, c'est le grand miracle : il va falloir deux barques pleines à ras-bord pour ramener les poissons (v. 6-7). Alors Pierre prend peur (v. 9) et s'agenouille aux pieds de Jésus et lui dit : "Va-t-en loin de moi, je (ne) suis (qu')un homme coupable (ou pécheur)". Il n'y comprend plus rien. Et son premier réflexe est de demander au Christ de s'éloigner de lui. Plutôt de fréquentes bredouilles, des heures passées dans la peine en vain (car tout cela est humain, normal) que de se retrouver souvent avec un homme (?) qui remplit vos barques à en couler. Il comprend quand même une chose : c'est que, devant cet homme qui est censé n'y rien connaître, lui, le valeureux mais malheureux Pierre, n'est qu'un pauvre type, un pécheur... un coupable. Et Jésus va transformer toute cette scène en une magnifique parabole de la prédication de l'Eglise (avec ses fréquentes bredouilles, ses nuits de veille apparemment pour rien, etc...). Tout en laissant bien entendre à Pierre qu'il ne renouvellera pas ce miracle tous les jours, Jésus l'appelle à une autre pêche : celle des hommes. Mais ce n'est pas, comme la tradition habituelle le dit : "Tu seras pêcheur d'hommes" (cf. la TOB qui s'est à peu près bien sortie de la difficulté), c'est : "Tu sera captureur d'hommes". Attention ! Il ne s'agit pas de mal comprendre, et de prendre ceux à qui l'on s'adresse pour des benêts qu'il s'agit de capturer, avec eux sinon malgré eux. Non ! Je crois qu'il y a un verbe à peu près adéquat en français : "Captiver", parler en sorte que les hommes soient captivés (et non ennuyés ou découragés) par la parole qu'ils entendent et surtout par celui qui nous a fait la grâce de la dire. Et quel homme pécheur ne serait pas captivé par la parole de grâce et de pardon qui vous transforme, non pas en captifs, mais en frères qui annoncent à leur tour une parole captivante ? Autres textes de la même catégorie
|
Inscription à la newsletter
|
Cultes contemporains
Luc 05 v 1-11 Jean-Daniel Wohlfahrt