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Luc 4 v 21-30 (Alphonse Maillot)



Texte : Luc 4/21-30
Genre : Notes homilétiques
Auteur : Alphonse MAILLOT
Source : Mon âme magnifie le Seigneur — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année C – Avent-Noël-Epiphanie. Mission Intérieure de l’Eglise Evangélique Luthérienne, 1991 (p. 87-89).



4° dimanche ordinaire

Luc 4/21-30

Et Jésus, qui a lu Esaïe 61/1ss (plus un morceau d'Esaïe 58/6) : "L'Esprit du Seigneur est sur moi...", confirme que la prophétie d'Esaïe est en train de s'accomplir sous les yeux (et surtout aux oreilles : v. 21) de ceux qui sont dans la synagogue de Nazareth. A un peuple qui vivait dans une attente constante du Messie, Jésus dit : "L'heure est arrivée, le temps de l'attente (du Messie) est terminé ; je suis celui que vous tous attendiez. Je suis aussi celui pour qui toute la Torah et les prophètes ont été écrits". (Et les gens qui vous entendent sont dans la même situation, si vous leur parlez de Jésus-Christ).

C'est pourquoi, après la stupéfaction (combien explicable et naturelle) de ses compatriotes, vient un premier temps où les uns et les autres rendent témoignage (v. 22), sans doute en se rappelant quelques comportements qui les avaient frappés, mais qu'ils avaient mal compris ou oubliés ; puis, dans un deuxième temps, ils s'étonnent des "paroles de grâce" (cf. la prophétie d'Esaïe où ne sont envisagés que des actes de miséricorde, alors que les paroles de menaces ont été soigneusement caviardées, par exemple Esaïe 61/2b) qui sortent de la bouche du Messie, souvent envisagé comme un royal vengeur de tout ce qu'a pu subir Israël. Je crois qu'il faut interpréter ainsi : "Etonnés que le (prétendu) Messie ne parle que de la grâce de Dieu, ils (se) disaient..." (v. 22).

Et aussitôt surviennent les paroles très compréhensibles du doute : "Mais on ne le connaît pas ; ce n'est que le fils de Joseph". Conclusion : "Ce n'est pas possible, il n'est pas le Messie, car on l'aurait reconnu depuis longtemps". Essayez d'imaginer votre propre réaction dans des conditions semblables ; vous n'auriez pu, vous aussi, devant la prétention de ce fils de charpentier, que conclure : "Ce n'est pas possible, c'est un imposteur !".

Et — il faut le dire — Jésus ne va pas faciliter la tâche de ses compatriotes à qui il vient révéler que ce n'est pas parce qu'ils l'ont connu, qu'ils sont ou seront avantagés. Il cite un dicton qui signifie à peu près : "Ce que tu as fait pour des étrangers, fais-le pour les tiens, et en mieux puisque ce sont les tiens".

Jésus, qui fait les demandes et les réponses, ajoute un second proverbe, qui deviendra : "Nul n'est prophète en sa patrie", parce qu'on croit toujours que le vrai, le meilleur sont ailleurs (v. 24). Même dans l'Eglise !

Et alors, il va donner deux exemples de prophètes de l'Ancien Testament, soit recueillis à l'étranger, soit reconnus par l'étranger.

Tout d'abord, Elie (v. 25-26) chassé par les Israélites ba'aliques, mais recueilli par une veuve du territoire de Sidon (et, en principe, bien plus ba'alique que les Israélites), où il montre, au passage, que le vrai miracle n'est pas cette histoire de cruche de farine, jamais épuisée ; ni la jarre d'huile, jamais vide (1 Rois 17/14), mais que ce soit une païenne idolâtre qui abrite le porteur de la parole du Seigneur.

Ensuite, ce sera au tour d'Elisée de devenir une annonce du Christ, reçu par les païens ; Elisée dont le ministère (?) fut reconnu vraiment (Jésus oublie ses hésitations) par l'ennemi n° 1 d'Israël, le général syrien Na'aman, seul à être guéri de sa lèpre par Elisée.

Là encore, le vrai miracle n'est pas là où nous le discernons dans un premier regard, mais dans le fait que l'histoire met au premier plan un étranger (ô combien) et même un ennemi d'Israël.

La leçon était dure et claire. Elle fut comprise. C'est maintenant la colère de tous les interlocuteurs (v. 28) ; et déjà on veut le défenestrer, et même un peu plus (v. 29).

Mais, et on ne sait comment, Jésus passe au milieu d'eux et reprend sa route qui le mènera quand même au supplice, mais plus tard... lorsque 1'heure sera venue (v. 30).




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