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Luc 4 v 1 à 13 (Evelyne RATTI)



Dimanche 29 février 2004
Madame Evelyne RATTI , Coordination nationale

Textes : Deutéronome 26, v. 1 à 11 Romains 10, v. 4 à 13 Luc 4, v. 1 à 13

1er dimanche de carême

Notes bibliques
Bibliographie :
- François Bovon, l’Évangile selon St Luc (ch. 1-9). Labor et Fides, Genève 1991, pp.187-198.
- Daniel Bourguet « Le monde sanctuaire et champ de bataille », Veillez et priez, Réveil publication 2002, p. 64 ss
- Alain Houziaux « L’épreuve, le courage et la foi » Bayard édit./Centurion 1998. p.101
- Louis Simon « Mon Jésus », coll. Parole vive, pp. 45-50


Analyse générale du texte et quelques points forts (en gras) qui peuvent servir de pistes de réflexion.
L’arrière fond du texte : En milieu sémitique, le souci était l’affirmation christologique de la communauté primitive ; en milieu païen on voit la polémique concernant la personne de Jésus et le Messie attendu. Ce passage contrecarre une critique juive à l’adresse de Jésus, - à moins qu’il ne constitue un ensemble destiné à encourager les chrétiens. La forme dialoguée et polémique reflète, d’après F. Bovon, l’origine concrète du conflit christologique avec le judaïsme. Les thèmes abordés suggèreraient une intention christologique, et pas seulement éthique.

- 3 évangélistes mentionnent ce passage : Mat 4, 1-11 ; Mc 1, 12-13 et Luc 4, 1-13.
Des différences apparaissent : Mention ou absence de l’ange venu réconforté Jésus, présence de bêtes sauvages. Pas de montagne chez Luc (Mt. 4,8). Mais surtout, Mt et Luc inversent l’ordre des tentations ; pour 2 raisons chez Luc : 1) la troisième tentation doit avoir lieu à Jérusalem qui sera le théâtre d’une étape décisive de l’histoire du salut, c’est là que le diable viendra mener son dernier assaut contre Jésus. 2) la tentation du pouvoir est certes importante, mais c’est bien tenter Dieu qui, pour l’évangéliste, représente la faute la plus grave.

- Les 3 tentations correspondent aux trois étapes de la vie de Jésus. Dieu sonde ceux qu’il aime. D’Adam à Jésus, en passant par Abraham, Moïse, David, Job, Pierre…tous les fidèles de l’Alliance sont passés au crible, dans leur chair, dans leur cœur et dans leur foi. Et si c’est le diable qui met ici Jésus à l’épreuve et non Dieu, il faut probablement voir là une évolution de la théologie juive.
Baptême et séjour au désert : 2 « initiations » qui vont doter Jésus de la force dont il aura besoin toute sa vie, car si l’assaut final aura lieu à la Passion, le diable est bien présent tout au long du parcours de la vie de Jésus pour le prendre en défaut. Le diable ‘essaye’ de tenter, et la tentation consiste moins en une faute morale qu’une infidélité à Dieu. Après ce passage au désert, vainqueur, Jésus ne connaîtra plus que des épreuves (22,28)… jusqu’à la Passion.
Comme Jésus les humains sont soumis aux attaques du diable 13,16 ; Ac 10,38 et 26,18. Signes visibles d’une réalité invisible. Le combat ne cessera qu’à la parousie. Dans ce combat, ni la Parole de Dieu, ni le St Esprit ne garantissent au croyant qu’il ne tombera pas. 8,12 et Mc 4,15.


Le nombre 3 : idée juive selon laquelle la triple mention d’une action ou d’un accomplissement en font quelque chose d’achevé et de définitif. Dans la règle orientale, tout va par 3.
Le nombre 40 : valeur symbolique. Il joue un grand rôle en orient. Ce chiffre a permis à Israël de caractériser les périodes décisives (cf. Ex. 24,18 et 34,28). Pour L’évangéliste, c’est un temps de prise de conscience existentielle donné par l’Esprit et par le témoignage des Écritures.

Le Jésus historique a été tenté :
1) La faim : L’homme Jésus a eu faim. (Cf. Ex : 16 la manne au désert). Des miracles, il en fera pour les autres, mais pas pour lui-même. C’est moins le titre de Fils de Dieu qui est remis en question que l’usage de la puissance que l’on peut en tirer.
2) Qui tente qui ? : Si c’est le diable et non Dieu qui nous tente, c’est bien que nous sommes sous son influence : c’est l’homme qui veut tenter Dieu.
3) le pouvoir : Jésus ne discute pas les prétentions de Satan, à qui Dieu aurait donné le pouvoir politique sur terre. Mais le diable est un menteur… Dieu veut être servi seul. Politique et économie ne sont pas visées en soit, sauf à être détournées pour ses intérêts personnels.
Jésus est serviteur. La toute puissance du Messie est réservée à l’avenir.
* Après les tentations prophétique et royale, v9-12, la 3ème tentation a lieu dans l’enceinte du temple = tentation sacerdotale ?

En prenant des risques le croyant ne fait pas nécessairement l’expérience de Dieu, le salut vient à travers la souffrance et la croix. Cette conviction théologique semble répondre dans le contexte à une critique, non des miracles, mais de la croix. C’est notre « pourquoi ? » devant l’épreuve, la souffrance et la mort. Pourquoi Dieu n’a pas épargné la mort à son Fils ? (Cf. Lc 23, 35.37.39). Réponse chrétienne : C’est par conviction confiante et non par impuissance que Jésus ne s’est pas sauvé lui-même.
V 13 : le diable qui ne peut forcer les décisions humaines, s’en va momentanément.
Deux graves tentations : nier l’existence de Dieu et ignorer celle du diable !

Dictionnaire biblique voir aussi :
- éprouver : mettre à l’épreuve. Mettre Dieu à l’épreuve, c’est vouloir, dans une attitude de doute, obtenir de lui la garantie qu’il tiendra véritablement ses promesses. Cf. Jér 17,10 ; I Co 3,13 et 11, 28.
- sonder : Ps 26,2 ; Rom 8,27 ; Ap 2,23
Voir aussi : passer au crible : Luc 22,31

Autres textes
Deut 26, 1-11 nous rappelle que Dieu est l’auteur de toutes choses, que nous avons tout reçu de sa main et que nous devons lui rendre hommage de ce don gratuit. La dîme est l’expression de cette reconnaissance. L’homme a reçu jouissance et gouvernance dans ce monde mais il n’en est pas propriétaire et il aura des comptes à rendre sur sa gestion.

Rom 10, 4-13 Nous avons tous le même sauveur : chrétiens, juifs, musulmans, bouddhistes ou hindouistes… avoir du zèle pour Dieu ou pour son dieu ne suffit pas, la foi doit être éclairée par la connaissance pour vivre selon la justice du Dieu de Jésus Christ, car c’est en Christ seul que ce monde est sauvé v 13.

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Dans l’Église ancienne, cette période du carême désigne la préparation des catéchumènes qui seront baptisés à Pâques. C’est donc un temps de réflexion intensive.
Temps de pénitence aussi pour accompagner le Christ dans sa passion et jusqu’à la croix. D’où les jeûnes, les privations, la continence, l’aumône etc.
Du latin « quadragésima »= 40 jours. Au IIIe-IVe siècle, le carême est assimilé aux 40 jours de Jésus au désert ; aux 40 jours du peuple hébreu dans le désert ; aux 40 jours de Moïse recevant les tables de la loi ; aux 40 jours du déluge etc.

A la suite de Jean Baptiste, Jésus prêche la repentance. La conversion est au cœur de l’Écriture. Se convertir, c’est une réorientation de la vie ; c’est changer, pour retrouver la bonne direction, si la tentation nous en a détournés. Changement rattaché dans la Bible à une exigence : quitte ! Quitte ton péché, quitte la vision désespérée que tu as de la vie ou de toi, quitte tes impasses…et reviens au Seigneur ton Dieu. La metanoïa = changement de pensée, d’attitude.

Prédication


On pourrait bien dire que la société de consommation ressemble à un désert où les tentations ne manquent pas. Tout est fait pour attiser les convoitises, elles sont savamment entretenues par des pubs alléchantes. Tout est fait pour exciter nos désirs, nos pulsions, nos envies. Et, comme le diable, les publicitaires sont très forts, très malins, ils connaissent la Bible. Sans se gêner, ils surfent sur la tentation d’Ève avec sa pomme, ils récupèrent habilement les commandements… ! Après tout « il n’y a pas de mal à se faire du bien » ! Et puis « je le vaux bien ». Faisons-nous « une douce violence », la vie est courte ! ; Et si la tentation te surprend, « le meilleur moyen de la chasser, c’est d’y succomber ! ». Laisse-toi tenter nous dit la voix de ce monde. (Cf. Jc 1, 12ss).
De façon plus subtile encore, nos sociétés nous enferment dans des modes et des idéologies bien pensantes, le plus souvent avec notre consentement ! Idolâtrie du corps, de la santé à tout prix, du risque zéro. Assurances vies et assurances tous risques nous font vivre par procuration, - aux antipodes des risques que comporte normalement, la vie, l’amour, la responsabilité…Notre ego devient tyrannique en se construisant sur les modèles de la possession, de la domination, du paraître. Voilà pourtant les mots d’ordre d’une bonne philosophie, le dogme d’une saine psychologie ! Bref, la tentation n’est plus un supplice initiatique pour tester notre résistance ou notre fidélité à Dieu, c’est le passage obligé pour faire partie du club des bien pensants, et satisfaire aux exigences économiques.
Cela dit, il faut bien reconnaître que pendant trop longtemps les chrétiens ont déserté ce monde, le méprisant, pour ne s’occuper que de leur salut. C’était : l’homme ou Dieu. L’un des deux devait disparaître. Juste retour des choses, l’homme prend maintenant sa revanche, il reprend sa place, il prend même toute la place !

La solitude de l’homme réveille en lui un besoin d’humanisme et de solidarités. Cette tentation de « faire le bien », n’est pas la moindre. Qui ne souscrirait, en effet, au combat humanitaire, au désir de soulager les souffrances du monde, au rêve de changer des pierres en pain ? Combats mobilisateurs, oui, mais qui du même coup soulagent nos consciences culpabilisées ?
Si le monde nous incite à ‘faire du bien’ ; si « faire le bien » n’est pas vraiment un mal en soi ; si finalement toutes ces choses sont bonnes, alors, où est l’erreur ?

L’apôtre Paul rappelle que sans amour, tout n’est rien (I Co 13,3) « quand bien même je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres ; quand je livrerais même mon corps pour être brûlé, si je n’ai pas l’amour cela ne me sert de rien »… et l’amour, dit l’évangéliste Jean, vient de Dieu. (I Jean 4,7). Un bien fait sans âme n’atteint pas son but.
Car le diable est intelligent. Il nous connaît très bien. Sa tactique n’est-elle pas de brouiller les pistes, de semer la confusion dans les esprits, de semer la zizanie... ? C’est ainsi qu’il nous fait prendre les moyens pour la fin ; les moyens justifient la fin. Jésus, qui ne conteste pas les prétentions du diable à détenir le pouvoir politique et économique de ce monde, sait qu’il est un menteur ! Ainsi dans la 3ème tentation, le diable voudrait que Jésus s’incline devant lui. Que le bien s’incline devant le mal triomphant.
C’est ce que cherche le diable en voulant nous entraîner, nous aussi, sur cette pente fatale qui consiste à faire de cette terre le but et la fin de notre destinée, à nier tout besoin de salut. Inclinez-vous devant votre propre idole, devant votre moi ! Prosternez-vous devant vos capacités étonnantes de progrès, devant vos réussites scientifiques ! Votre bonheur est entre vos mains ! Quel leurre, quelle illusion !
Dur dur de résister à une telle autosatisfaction, au progrès et au succès qui semblent repousser nos possibilités à l’infinie !

La tentation consiste alors, non à devoir choisir entre le bien et le mal, (elle serait bien grossière) mais à choisir entre le bien, et un bien supérieur. Dans ce que le diable nous propose, - comme dans ce qu’il propose à Jésus - rien de mal en soi, l’erreur est dans la trajectoire, dans la mauvaise orientation du monde qui préfère se couper de Dieu pour écouter la voix de celui qui prétend en être le maître. Coupé de sa source divine, il devient alors sa propre fin ; il ne compte plus que sur ses propres œuvres, il est son propre maître, sa propre norme.
On voit par là que l’enjeu ultime de toute tentation, finalement, c’est Dieu. Dieu est visé quand sous les assauts du Malin nous succombons aux perversions du bien. Chaque victoire du diable, est un pied de nez à Dieu. Et l’on voit bien aujourd’hui que même les religions peuvent devenir ‘infernales’ quand elles ne sont plus inspirées par l’amour qui vient d’en haut !...
Le diable a un champ d’action très vaste. Il se cache dans nos oppositions binaires et manichéennes : entre le blanc et le noir ; entre le bien et le mal ; entre l’homme et la femme, entre l’homme…et/ou Dieu etc. Que de haine et que de drames nous valent encore ces catégories simplistes et réductrices. Nous avons même un goût assez masochiste envers nos propres esclavages. Nous les aimons ces chaînes contre lesquelles par ailleurs nous hurlons de désespoir : celles de l’argent, de l’alcool, du sexe,…celles d’être les plus forts, les plus « dans le coup ». Nous sommes les serviteurs de nos systèmes.

C’est le Saint Esprit qui pousse Jésus. Cet Esprit qu’il a reçu abondamment à son baptême Au désert, il n’y a donc pas que Jésus et le diable, l’un en face de l’autre, il y a trois acteurs : Jésus, le Saint Esprit et le diable. Et c’est cela qui est important. Nous qui l’avons reçu aussi cet Esprit, nous pouvons nous demander quel esprit nous habite ? Quel esprit nous pousse ? Est-ce l’Esprit de notre baptême ou la voix de ce monde qui nous laisse déçus et malheureux ?
Sous couvert du bien un diable peut même en cacher un autre. Le Saint Esprit, lui, ne se cache pas, il inspire l’oreille attentive et le cœur vigilant. Certes, il placera le croyant au cœur de bien des combats, voire de bien des conflits, parce que nous aurons choisi d’être fidèle au Dieu de Jésus Christ mais, comme Jésus, - et jusqu’à notre dernier combat en ce monde - nous savons que le Saint Esprit ouvre à la vie, à l’espérance et à l’amour. Il est humble, lui, qui ne cherche pas sa propre gloire.

Au cours de sa vie, pourtant, Jésus réalisera toutes les propositions du diable : il multipliera les pains ; il sautera dans le vide de la mort, et par sa résurrection, il règnera éternellement sur l’univers que le Père lui a remis. Mais son heure n’est pas encore venue d’être le Messie victorieux ; pour l’heure il n’est que serviteur. Les conflits ne lui manqueront pas. A la soif de pouvoir, à la facilité de la magie, à l’attrait du succès, à la déification personnelle, il opposera le partage, le service et la vérité de l’être. Il n’a rien voulu pour lui-même. Ces trois tentations résument bien sa vie et son choix. Son être restera accordé à la Parole. Il ne l’utilise pas hypocritement pour séduire et faire tomber. Les meilleures choses pouvant être perverties.

D’où l’urgence, la nécessité d’être vigilants. Si je parle beaucoup du diable c’est pour que nous soyons attentifs à sa présence malfaisante, comme le recommande l’apôtre : « Soyez sobre, veillez ! Votre adversaire le diable comme un lion rugissant rôde, cherchant qui dévorer. « Résistez-lui ferme dans la foi, sachant que les mêmes souffrances sont réservées à vos frères dans le monde ». I Pierre 5, 8
Nos tentations sont les signes visibles d’une réalité invisible. Serais-je archaïque et vieux jeu de croire que le diable existe bel et bien ? Il est assez curieux de voir combien nous avons lutté et combattu Dieu, jusqu’à proclamer sa mort. Jamais nous n’avons fait de même contre le diable. Sa grande victoire est bien là : se faire oublier, être tout simplement nié ! Contrairement à Dieu qui se révèle à découvert, lui il fait croire qu’il n’existe pas. C’est pourquoi malgré notre civilisation si avancée nous restons hébétés d’absurdité devant l’éternelle et obsédante question : pourquoi le Mal ?
Ne pas reconnaître l’existence du diable, ne pas voir sa signature dans les horreurs démoniaques de notre histoire, c’est lui laisser le champ libre, lui donner carte blanche. On peut être happé par le mal au point d’en devenir les acteurs, disait Simone Weil.
Gardons les yeux fixés sur Jésus, il n’est de salut qu’en lui seul.

Ce monde est un lieu de combats, nous en faisons l’expérience tous les jours. C’est le combat de nos choix, sans cesse à refaire. Écoutons l’apôtre Paul : revêtons les armes de l’Esprit, (Eph 6, 10ss). Nous combattons des forces bien supérieures à nous. La tentation pourra être forte, elle ne nous submergera pas si nous prions ce Dieu qui est aussi Notre Père : « ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du mal ! » Mt 6,13

Avec ce temps de carême qui commence, pourquoi ne profiterions-nous pas de cette invitation à la vigilance et à la prière pour entamer une réflexion avec la Bible ? Une réflexion nourrissante et fortifiante pour nous recentrer sur l’essentiel : Jésus. Avec lui, nous éviterons la dispersion de notre être. Nous nous retrouverons nous-même. Avec le Saint Esprit, notre regard sera plus clairvoyant sur les temps que nous vivons. L’Esprit nous instruira et nous fortifiera pour surmonter la tentation orgueilleuse de vouloir nous en tirer tout seul. Il y a des démons qui ne se chassent que par le jeûne et la prière, disait aussi Jésus à ses disciples. Corps, âme et esprit ont besoin de se réunifier au diapason de l’Évangile.

« Veillez et priez pour ne pas succomber à la tentation » nous dit Jésus en Mt. 26,41, à un moment crucial au jardin de Gethsémané, la veille de sa mort, et de quelle mort ! Il aurait bien voulu détourner le cours des événements. Homme comme nous, il devait tenir à la vie. Mais non, il préfère donner sa vie par amour plutôt que de la garder pour la gloire de ce monde. Fidèle à sa mission, c’est devant son Père qu’il s’incline : non pas ce que je veux, mais ce que tu veux.

Ce texte nous invite sans ambiguïté à une prise de conscience, à nous ressaisir envers nos choix et nos responsabilités, à ne pas nous trahir nous-mêmes, ni notre être profond, - berceau de notre liberté - en cédant à toutes sortes de sollicitations, en sacrifiant à toutes les modes. Nous savons combien les défis planétaires sont importants et graves pour l’avenir de la planète et de la vie sur terre. Mais surtout, ce texte nous dit : Réveille-toi, mon frère, ma sœur. Ne te laisse pas submerger par les marées noires du découragement, si le salut de ce monde ne dépend pas de toi, il a besoin de toi. Vouloir faire de ce monde, un monde où il ferait bon vivre ne dépend pas de nos œuvres, mais, ce monde, nous sommes chargés de le construire selon les vues de Dieu. Habités par l’Esprit du Seigneur nous pourrons courir l’épreuve de ce temps sans craindre ni les autres, ni soi, ni Dieu, ni le diable, ni même les œuvres méritoires, car devant chaque tentation nous trouvons une bonne occasion de connaître notre misère et notre faiblesse. Bienheureuse tentation alors si elle nous apprend l’humilité et la remise de notre vie entre les mains de Dieu !
Où que nous soyons, nous pouvons connaître ce désert du cœur et de l’esprit. La tentation est partout, le Saint Esprit aussi. Laissons-nous pousser au large, dans le grand vent du Saint Esprit, c’est lui qui accorde notre vie à celle de Dieu, qui nous libère du mal, du désespoir, de la mort pour que son règne vienne et que nous trouvions la joie…la joie, et la miséricorde à l’égard des faiblesses et des chutes de nos frères.
Amen




Chants possibles :

AEC 424 Entre tes mains j’abandonne
‘’ 620 Seigneur mon Dieu, je crie
‘’ 625 Vous qui ployez sous le fardeau
‘’ 638 Reste avec nous
‘’ 628 La foi renverse les montagnes
‘’ 648 En toi Seigneur nos vies reposent

Refrain possible pour l’intercession : 433 Changez vos cœurs

Prières
Seigneur je ne désire en ce monde ni les triomphes de la vanité, ni l’éclat du luxe, ni le bruit de l’or, ni les regards de l’envie, ni les chuchotements des flatteurs, ni le tourbillon des plaisirs.
Seigneur, je ne te demande même pas la tranquillité constante de la vie, ni la sérénité sans nuage d’un ciel heureux pour tous les jours.
Je te demande de fortifier mon être et de l’armer pour les combats.
Donne-moi l’esprit de foi, qui me fera te trouver en toutes choses et surtout dans les épreuves où l’être ébranlé a besoin de ta consolation.
Donne-moi l’humilité du cœur pour me contenter de ma part de félicité sur terre sans m’égarer en fols désirs, ni en vains regrets.
Donne-moi cette pureté du regard dont tu as dit : « si ton œil est simple et pur, tout ton corps sera transfiguré dans la lumière ».
Fais de moi un être fidèle dans ses affections, tendre pour ceux que tu me donnes à aimer, avec la disposition de tout quitter sans murmure !
Donne-moi la compassion ardente pour les misères des hommes, le don de souffrir avec ceux qui souffrent et d’adoucir les larmes des malheureux…
Donne-moi faim et soif de la justice et dans ma faiblesse même, l’indomptable amour des causes justes et le courage de les défendre envers et contre tous.
Après cela, Seigneur, dispose de ma vie, conserve-moi la paix du cœur et l’assurance, dans l’obscurité des heures douteuses, que je suis entre tes mains, comme un enfant tranquille pendant son sommeil.
Abbé Henri Perreyeve (1831-1865).

Ma sœur, mon frère,
Sur ta route tu avances toujours sans savoir où tu en es, ni où tu vas.
Tu ressasses tes problèmes, découragé par l’échec et tous les mots qui te font du tort.
Et pourtant, tu n’es pas seul.
Un ami t’attend au détour du chemin. Tu lui confies tes secrets.
Il t’écoute, il te parle. Tes yeux s’ouvrent, les yeux du cœur.
Une lumière s’allume, elle éclaire l’intérieur. Un soleil se lève, un soleil de chaleur. Il te donne un instant de bonheur. Il te donne la force et le courage de te relever pour poursuivre ta route.
Ma sœur, mon frère, ne cesse jamais de regarder cette petite lumière que l’on appelle l’espérance et qui chaque matin te remet en chemin !
Aumônerie des hôpitaux

Conte
Il avait été annoncé que le diable allait se retirer des affaires et mettre ses outils en vente.
Le jour de la vente, les outils étaient exposés d’une manière attrayante : malice, haine, envie, jalousie, sensualité, fourberie, vengeance… tous les instruments du mal étaient là, chacun marqué de son prix.
Il y avait aussi un outil en apparence inoffensif, très usé, mais dont le prix était supérieur à tous les autres.
Quelqu’un demanda au diable ce que c’était.
- C’est le découragement, répondit-il
- Pourquoi le vendez-vous aussi cher ?
- Parce qu’il est plus utile que n’importe quel autre. Avec ça, je peux entrer dans n’importe qui, et une fois à l’intérieur, manœuvrer de la manière qui me convient le mieux.
- Pourquoi est-il si usé ?
- Parce que je l’emploie avec presque tout le monde. Mais très peu de gens savent qu’il m’appartient.
Le prix fixé pour le découragement était si élevé que l’instrument n’a jamais été vendu. Le diable en est toujours possesseur, et il continue à l’utiliser…













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