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Luc 24 v 49-53 Jean-Daniel Wohlfahrt



Luc 24/49-53 Fo ascension 1972
Serrements de mains, embrassements; larmes essuyées furtivement, ils sortent de la gare, tristes, pensant aux beaux jours passés ensemble, ressassant déjà des souvenirs d'heures passées ensemble, se rappelant les dernières paroles qui leur tournent dans la tête. Un grand départ ne peut pas être un événement heureux. Et cela est bien normal parce qu'un départ change la vie et généralement laisse un vide qu'il sera difficile de combler. Oui les beaux jours sont terminés.
Les disciples passent une fois encore pour gens bizarres. Ne les voit-on pas redescendre de Béthanie, heureux? "Ils retournèrent à Jérusalem avec une grande joie". Les hommes étaient arrivés à Béthanie en compagnie de Jésus. Ils retournent sans Jésus-Christ et joyeux.
Le départ de Jésus n'est ni un départ définitif, ni un départ triste. Parce que Jésus reste avec ses disciples. Il leur laisse une expérience de vie qui ne tient pas en doux souvenirs, mais qui les charge d'une responsabilité. Il leur donne sa bénédiction, l'assurance que rien ne leur arrivera sinon par la volonté de Dieu. Et surtout il leur annonce l'événement de Pentecôte: "Et voici, j'enverrai sur vous ce que mon père a promis; mais vous restez dans la ville jusqu'à ce que vous soyez revêtus de la puissance d'en haut".
Munis de ces armes, les disciples ont le droit d'être heureux parce qu'ils ont une espérance. Ils ont le droit d'être heureux; et surtout leurs regards ont, en un mois, changé d' orientation. Au jour du Vendredi Saint et jusqu'à pâques, ils étaient braqués sur ce passé et sur la séparation. Depuis pâques ils ont compris que Christ est et sera toujours vainqueur. Maintenant! ils ont l'assurance qu'eux aussi pourront avancer dans la foi et dans l'obéissance, qu'ils pourront avancer vers Dieu.
Ils ont compris eux, qu'il n'y a aucun problème réel pour celui qui est mort et ressuscité avec Christ. Ils savent qu'avant tout ils doivent maintenant "chercher premièrement les choses d'en haut, là où est Christ assis à la droite de Dieu." Non pas d'un en haut localisé géographiquement ou astronomiquement mais d'un "en haut" spirituel désignant simplement Dieu.
On n'a donc pas le droit de s'étonner de la joie des disciples. Tout au plus s'étonnera-t-on de la tristesse qui se lit si souvent dans nos églises où l'on se réfugie plutôt qu'on ne va, car dans nos vies il n'est plus de place pour la louange et la bénédiction de Dieu. La fréquentation du culte du Vendredi St le prouve aisément. Trop de chrétiens se contentent de déposer la gerbe au pied de la croix, trop de chrétiens se contentent de rendre grâce au Seigneur pour sa mort rédemptrice et oublient qu'il y a non-seulement l'ordre d'aller enseigner les nations, mais encore une force agissant en nous et que nous refusons de laisser agir. "Et voici, j'enverrai sur vous ce que mon Père a promis". Ce n'est pourtant pas une vaine promesse, puisqu'il y a Pentecôte, puisqu'il y a un baptême, puisqu'il y a la toute puissance de Jésus-Christ manifestée dans sa résurrection et dans son ascension. Oui, Jésus-Christ siège à la droite de Dieu, Jésus-Christ est Dieu. La puissance ne s'est donc pas uniquement manifestée à Pâques, mais continue à se manifester dans tous les temps. Cette assurance ne nous suffit-elle pas pour manifester notre joie et pour louer et bénir Dieu continuellement dans son temple en nous-même et avec les autres?




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