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Luc 23 v 35 - 43 Calonne



Prédication – Christ Roi – SV 21/11/04

Frères et sœurs, je vais vous faire sourire en vous disant que lorsque j’avais entre 15 et 17 ans, j’étais très royaliste ! J’aspirais à la montée sur le trône de Louis XX pour remettre les choses en place ! D’aucun trouvait cela pitoyable ! Pourquoi vouloir un roi ? Enfin bref cela m’a passé et me revoilà aujourd’hui bon républicain ! Vous l’aurez compris il ne s’agit pas ce matin de dénigrer les monarchies ni les rois en fonctions en Europe ou ailleurs. Mais à nous rappeler qu’aujourd’hui nous fêtons, nous chrétien, un seul roi, le roi des rois ; le seigneur des seigneurs, le Prince de paix savoir Jésus Christ !

Mais la royauté et l’autorité de Jésus ont tout de même été contesté. Pourquoi Jésus finit-il cloué entre deux brigands, lui que tous acclamaient comme leur roi, le fils de David c'est-à-dire le Messie, le Christ, qui devait ressembler à David, taillé sur le même modèle et remplissant le même rôle, quoique sur un plan différent.

Jésus, un roi dont on ne veut pas, une autorité contestée au point qu’on le clouera sur une croix. Car il est des rois dont on ne veut pas… Une royauté tournée en dérision par la pancarte placée au-dessus de la tête de Jésus : « C’est le roi des Juifs ». Et cet écriteau placé par Pilate n’est là, dans sa pensée, que pour signifier l’impuissance de ce roi, pour souligner que ce roi ne peut rien en face du pouvoir des grands de ce monde. C’est une manière de le contester.

Et puis autour de la croix, deux larrons, deux contestations. L’un le raille, l’insulte, mais aurait bien espéré qu’il fut le vrai roi pour le sauver. L’autre reconnaît qu’il est juste, qu’il n’a rien fait. Alors que Jésus meure il l’attend encore comme roi. Je l’aime ce bon larron. Et Jésus ne s’est pas trompé : « aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis »…

Comprenons bien que ces deux larrons, c’est nous frères et sœurs ! Ils sont tout ce que nous sommes pour Dieu : des pécheurs condamnés mais pardonnés. Simul justus et peccator disait Luther. En même temps juste et pécheur. Celui qui d’un côté raille, insulte et de l’autre celui qui accueille, ou plutôt est accueilli par Dieu. Le symbole qui réunit ses deux dimensions, c’est la croix. Mais celui qui est au centre et qui sauve, c’est le crucifié.

Nous sommes au cœur de conceptions radicalement différentes de la royauté de Jésus. Parlons-en de ce crucifié, lui le pseudo roi ! Les autorités, les « chefs religieux » le crucifient, pourquoi ?

Ces chefs qui attendaient hier la force, la puissance d’un Messie triomphant jouant avec son sceptre au détriment des mauvais. Mais hier comme aujourd’hui veillons à ne pas faire de fausses images de lui. Des images qui le défigurent par mégalomanie.

Ces chefs qui hier espéraient une image de lui un peu plus monarchiques. Mais hier comme aujourd’hui veillons à ne pas faire de notre roi celui qui sert parfois des désirs de puissance bien humains, dans les Eglises comme dans les peuples.

Enfin ces chefs se donnaient hier des images du Messie qui écartent encore aujourd’hui de la foi, les humbles et les pauvres.

Et du milieu de ces tentations qui sont les nôtres, résonne ce cri de détresse : « Souviens-toi de moi » ! c’est la prière que les Juifs prononçaient quand ils allaient mourir. Mais si ce crucifié adresse à Jésus cette prière, cela veut dire qu’il voit Dieu en lui, celui qu’on peut prier. Il dit à Jésus : « quand tu viendras ». Pour lui, tout ne s’arrête pas à la croix. Il reste une espérance et un avenir. La croix représente une défaite, peut-être l’échec d’un projet. Mais ce n’est pas la fin de tout. Cet homme dit enfin : « …quand tu viendras comme roi ». Il ne se moque pas de la royauté de Jésus. Il la reconnaît et il la proclame. A son avis, Jésus est vraiment le roi. Il est sûrement le roi d’Israël, peut-être même le roi du monde. Cet homme, ce condamné, apparaît comme le premier des témoins de Jésus-Christ, avant la résurrection.

Et voilà frères et sœurs, en quoi Jésus est vraiment un roi. Pourquoi le bon larron l’attendait et l’entendait comme tel :

Car comprenons bien que la royauté de Jésus n’est pas celle que je viens de décrire et qu’attendait les chefs juifs (mégalomane, monarchique et séparatrice ou sectaire). Non, le Christ n’est pas d’abord un roi qui règne sur le monde. Il n’est pas d’abord un maître qui conduit ses disciples.

Alors quoi ? Il a d’abord voulu être un serviteur, notre serviteur. En effet, le Fils de l’homme est venu pour servir et non pour être servi. Il est le serviteur qui nous relève lorsque nous tombons, qui nous redresse lorsque la vie nous courbe, qui nous tient lorsque nous tremblons. Il est le serviteur qui porte ce qui pèse sur nous : le poids du passé, les échecs, les amertumes, la haine. Il est le serviteur, lui, le Roi de gloire, lui, le Seigneur des seigneurs. Et ce service c’est notre pardon, notre justification et notre vie éternelle…

Grâce à cette véritable royauté, Jésus peut dire et assure à chacun d’entre nous comme au brigand : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis ». Il ne le dit ni aux prêtres ni aux théologiens. Il le dit à un condamné, à un homme qu’on pouvait supposer malhonnête et même criminel. Il nous le dit à nous.

Frères et sœurs, pour terminer 3 choses.
Remarque : Il faut bien le dire : la majorité des gens, aujourd’hui, ressemblent à ces soldats qui se moquent de Jésus. Ils ne veulent pas de lui, ils le méprisent, ils nous méprisent, ils ne veulent pas tenir compte de ce qu’il dit. Pour plus de sécurité, ils prétendraient même que Jésus n’a jamais existé ! C’est le bon moyen de se débarrasser de ses exigences. Jésus ne fait pas un bon roi qui cataloguerait, marginaliserait, asservirait…

Interpellation : Et nous ? Demandons-nous si nous ne ressemblons pas à ces « chefs » juifs qui auraient dû reconnaître la royauté de Jésus, mais ne la reconnaissent pas. Comment me demandez-vous ? Par exemple tout en affirmant des lèvres que Jésus est le Seigneur, ne nous arrive-t-il pas de le trahir dans notre pratique, de ne pas le laisser régner sur notre vie ? Ne nous arrive-t-il pas de nous moquer de lui en faisant le contraire de ce qu’il nous demande ?

Encouragement : Mais cela n’empêche que le Seigneur est Roi ! Face à ceux qui n’en veulent pas nous pouvons dire OUI à Jésus-Christ, OUI à sa royauté, OUI à son autorité sur notre vie. Nous risquons de nous trouver aux côtés du brigand crucifié. Mais c’est le bon côté, le côté de la foi et de la vérité. Sa royauté réside dans sa faiblesse qui est service.

Nous n’aurons comme Seigneur qu’un homme crucifié. Mais il est celui qui vient réconcilier par sa croix Dieu et sa création. Par son sang apporter son Pardon et nous rendre juste à ses yeux et ainsi nous donner sa Paix ; et par sa résurrection nous libérer de toutes nos morts, nos peurs… tout cela par amour !

Oui pour cela je le crois il est le Prince de Paix, le Roi des Rois ! Seigneur des Seigneurs ! Laissons le régner dans nos vies lui et Lui seul ! Amen




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