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Luc 21 v 25-36 (Christian Badet)
Texte : Luc 21/25-36
Genre : Prédication Auteur : Christian BADET Source : Trouvée sur le site de l’Eglise réformée de la Montagne du Tarn : http://montagnetarn.chez.tiscali.fr/luc21-25.htm. L'apocalypse, une Bonne Nouvelle ! En ce premier dimanche de l'Avent qui marque l'ouverture d'une nouvelle année liturgique, nous voici en face de ce texte de l'évangile de Luc qui se situe, lui, à la fin du ministère de Jésus. En cette période qui nous rapproche de Noël et de la naissance, le récit qui nous est proposé est, au contraire, un récit de fin de monde, un récit apocalyptique. Cela peut nous paraître étonnant et paradoxal : pourquoi un tel choix ? L'Avent, la venue du Messie, serait-elle comme les deux faces d'une même pièce : une face lumineuse, avec l'émerveillement de Noël ; une face obscure avec l'annonce des détresses de la fin ? Non, il n'y a pas deux manières d'envisager l'avènement du Christ, l'une blanche, l'autre noire. C'est que la réalité est toujours plus complexe. Noël a aussi sa part d'ombre avec le déplacement forcé à Bethléem, avec la naissance dans l'étable par manque de place à l'auberge, avec la menace du roi Hérode… Alors, l'apocalypse a aussi sa part de lumière ; le texte biblique nous le dit bien : "Quand ces événements commenceront à se produire, redressez-vous et relevez la tête, car votre délivrance est proche…car le Règne de Dieu est proche". C'est bien ce qui est étonnant : l'apocalypse biblique n'annonce pas la fin du monde, mais le salut du monde ! Même si ce salut vient sur fond de détresse et de violence, c'est tout de même le salut qui est annoncé. Tous les bouleversements décrits dans ce récit font penser à une sorte de retour au chaos originel, comme si le cycle ouvert avec la création prenait fin ici, comme si l'histoire arrivait à son terme : "Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles… et sur la terre,… le fracas de la mer". L'apocalypse essaie de dire, à l'aide de ces images, que le cosmos a fait son temps, que l'univers entier retourne à son état d'avant la création, d'avant l'histoire humaine. C'est ici qu'il faut peut-être alors se rappeler que le soleil, la lune, les étoiles, la mer, "les puissances des cieux", comme dit le texte, sont souvent considérés, dans d'autres religions et d'autres croyances, comme des divinités. C'était le cas aux temps bibliques, mais ça l'est encore aujourd'hui : croire tout simplement à l'astrologie et à son horoscope n'est rien d'autre que croire à ce pouvoir des "puissances des cieux" sur notre vie ! Alors, l'ébranlement du cosmos signifie pour l'auteur de l'évangile, l'ébranlement des divinités, des idoles et des faux dieux, comme le disaient et l'annonçaient déjà les prophètes Esaïe (13/10) ou Joël (2/10) quand ils annonçaient la chute de la tyrannique Babylone comme l'ébranlement des "puissances du ciel"… et c'est pourquoi l'apocalypse est une bonne nouvelle, un message de salut ! Elle est réellement "révélation", comme son nom l'indique, le dévoilement de la vérité et de la vérité divine, l'avènement d'un nouveau ciel, d'une nouvelle terre, comme une création reprise et renouvelée. Les "puissances des cieux" ne sont rien et n'ont aucun pouvoir ; elles vont disparaître, elles peuvent disparaître et renaître à la seule volonté du Seigneur, sans que cela ne remette en cause la permanence de quelque chose de plus fort et de plus grand encore : la Parole de Dieu. "Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas". La Parole de Dieu est plus stable que le monde, plus assuré que les cieux, plus ferme que la terre… et c'est pourquoi l'apocalypse est une bonne nouvelle, un message de salut, pour ceux qui croient ! En attendant cette fin ou ce commencement, en attendant le Messie, que nous faut-il faire ? Devons-nous simplement patienter ? Devons-nous languir de l'avenir en nous désintéressant du présent ? Cette tentation est grande pour nombre de courants religieux qui annoncent la fin du monde. Mais l'Evangile veut parer à cette erreur, à cette dérive possible. C'est le Réformateur Martin Luther qui disait aussi : "Même si le dernier jour venait demain, je veux planter mon pommier". Ainsi résumait-il sa pensée à propos de l'attente de la fin. Et le texte biblique nous le dit aussi à sa manière : "Dès que les arbres bourgeonnent, vous savez que déjà l'été est proche". L'été et non l'automne ou l'hiver ! Ce que le texte nous dit, c'est que le temps présent a une valeur positive, qu'il est infiniment riche et précieux. Ce temps présent nous est donné pour vivre et pour aimer, pour voir grandir les enfants et bourgeonner les arbres. L'image est reprise encore du prophète Joël (2/22) pour dire qu'elle est le signe d'une bénédiction qui vient. Alors, ce temps présent, où nous devons continuer à œuvrer et témoigner, est précieux parce que c'est là que Dieu nous fait signe, c'est là qu'il nous montre les arbres en feuilles et en fleurs naissantes, les arbres porteurs d'avenir et d'espérance, les humains enceints d'un avenir et d'une espérance, sous la bénédiction de Dieu qui vient à nous ! Dieu nous fait signe dans notre présent et notre actualité… et c'est pourquoi l'apocalypse est une bonne nouvelle, un message de salut, pour ceux qui savent voir les signes de Dieu dans le monde ! Qu'est-ce qui menace alors les croyants ? Qu'est-ce qui menace nos communautés ? Est-ce le ciel et ses puissances ? Est-ce la mer et ses débordements ? Est-ce la terre et ses soubresauts ? Non, rien de tout cela, nous dit le texte. Le plus grand danger, le vrai danger n'est pas à chercher au-delà, à l'extérieur. Le vrai danger est plus près et bien plus sournois ou discret. Le vrai danger qui nous menace, c'est le sommeil ! Le sommeil ou l'assoupissement, ou la désillusion ou le désenchantement encore. Le sommeil, c'est oublier de prier, c'est être pris dans l'enchaînement des jours et des soucis, c'est être enfermés dans l'activisme ou l'affairisme, c'est fermer les yeux sur le monde ou sur les autres, c'est ne plus entendre le souffle du vent, le soupir du mourant ou le cri de l'enfant, c'est sombrer, comme dit le texte, dans l'ivresse et les beuveries, se rendre ivre d'une vie sans but, insensée, désorientée. L'Evangile nous le dit : ne craignez rien d'autre que votre propre sommeil lorsque vous cesserez d'attendre, d'espérer et de croire que Dieu vous donne des signes, et des signes de bénédiction, pour aujourd'hui, et qu'il vous annonce votre salut comme tout proche, proche par le temps mais aussi proche par l'espace, tout près de vous ! Le temps de l'Avent est donc là pour nous réveiller, pour susciter à nouveau notre foi et notre espérance, pour nous redonner les forces de croire et d'espérer. L'Avent est à vivre comme une période de jouvence, à la manière de tous ces enfants qui se préparent, qui attendent, qui espèrent de tout leur cœur que ce sera bientôt la fin, parce que la fin, c'est Noël et ses cadeaux ! Avant de réveillonner, réveillons donc notre foi, notre attente, notre espérance !… parce que l'apocalypse est une bonne nouvelle, un message de salut, pour tous les acteurs et les veilleurs d'un monde nouveau ! Autres textes de la même catégorie
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