|
|
Accueil |
Envoyer à un ami |
Version imprimable |
Augmenter la taille du texte |
Diminuer la taille du texte
Luc 20 v 27-38 Alphonse Maillot
Textes : 2 Maccabées 7/1-2 & 9-14 ; 2 Thessaloniciens 2/16 à 3/5 ; Luc 20/27-38
Genre : Notes homilétiques Auteur : MAILLOT Alphonse Source : « …Des serviteurs inutiles ! » — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année C (septembre-octobre-novembre). Mission intérieure de l’Eglise évangélique luthérienne à Paris, 1994 (p. 76-79). 32° dimanche ordinaire Luc 20/27-38 Vous me permettrez tout d'abord de vous renvoyer à la version que Marc donne de cette "diatribe" entre Jésus et les Sadducéens (Marc 12/18-27), d'autant plus que nous n'aurez jamais l'occasion, si vous suivez la liste habituelle des lectures, d'en venir à ce texte où Marc est nettement plus originel. Ensuite vous remarquerez que Jésus est un redoutable débatteur (cf. plus loin sa citation du Psaume 110 en Luc 20/41ss et parallèles), et surtout lors du récit qui précède : le denier de César, terrible mise en boîte des Pharisiens qui se veulent purs de toute compromission avec Rome... et qui traînent dans leur poche la monnaie de César proclamant la Seigneurie de ce "Pontifex Maximus" ! ! Il faut rappeler justement cet épisode, car il vous permet de mieux comprendre le texte de ce jour. En effet, Pharisiens et Sadducéens s'opposaient sur bien des points. Par exemple, les Sadducéens ne reconnaissaient que l'autorité du Pentateuque, mais surtout, ne croyant pas à une vie future, ils pensaient (et c'est resté actuel) que la foi juive devait essentiellement se vivre sur cette terre, quitte à collaborer (dans des limites raisonnables) avec les autorités civiles. Il fallait faire avec, leur seul avenir réel étant dans les fils qu'ils pouvaient avoir, etc… Pour eux, le Royaume doit venir et ne peut venir qu'ici-bas. Rationalistes, ils se moquaient donc des Pharisiens qui, depuis le texte de Daniel 12 (cf. plus haut), croyaient en une résurrection et une vie futures. En revanche, pour les Pharisiens, le Royaume ne pouvait être qu'une réalité future, dont la réalité présente ne pouvait d'aucune manière être une copie, mais bien plutôt sa négation. Ils essayaient d'être une communauté pure et même un ghetto. Jésus s'est payé leur tête, en leur rappelant qu'en fait (en monnaie !) ils pactisaient déjà avec César et que leurs principes… ?? C'est alors qu'a retenti la phrase qui n'est pas l'énoncé d'une doctrine, mais une cruelle constatation : "Vous, les purs, vous trafiquez et commercez avec la figure de César dans vos poches (qui étaient sur le cœur !)..., alors ne vous posez pas de faux problèmes ; payez comme vous le faites déjà, à César ce que lui revient, et rendez (continuez à rendre) à Dieu le culte que tout bon Juif lui doit !". A cette parole, qui paraissait tellement conforme à leur enseignement qu'on peut supposer qu'elle était l'un de leurs mots d'ordre, les Sadducéens alléchés se disent : a) Jésus est des nôtres, b) c'est le moment d'enfoncer et de ridiculiser définitivement nos ennemis qui "croient au Père Noël". Car les rationalistes ont la déplorable habitude de prendre pour des débiles ceux qui ont pour seul malheur de ne pas raisonner comme eux. Alors ils en rajoutent. Par exemple ici, une femme ayant eu seulement deux maris aurait suffi à leur "démonstration" (Rappelons que cette femme ne fait qu'obéir à la loi de Moïse sur ce qu'on appelle le "lévirat" ; cf. la note TOB sur Matthieu 22/24. Le sous-entendu sadducéen est celui-ci : "Si vraiment il y a résurrection des morts, Moïse a mis (avec sa loi du lévirat) le Seigneur dans de beaux... draps !" ; cf. Genèse 38/1-26). Mais deux maris, c'était trop banal, alors ils lui en "mettent"... sept. Les rationalistes, dans leurs démonstrations, ne craignent pas de surcharger, sans s'apercevoir que c'est eux-mêmes qu'ils ridiculisent d'abord. On remarquera au passage qu'ils n'ont pas pensé à un mari avec sept femmes successives, car cela, à cause des répudiations faciles (Matthieu 19/1-9... au v. 9 traduire : "inconduite conjugale", contrairement à TOB et autres), était bien plus habituel. Ce qui prouve que, pour eux, au Royaume, si un mari avec sept femmes ne leur paraissait pas totalement déplacé, en revanche une femme y disposant de sept maris leur paraissait réalité impossible. On est misogyne (et rationaliste) ou on ne l'est pas ! Ajoutons cependant qu'ils envisagent quand même le Royaume futur (auquel ils ne croient pas) comme devant être de régime "monogame"..., au moins pour les femmes ! Ils pensent ainsi confondre par le ridicule, les Pharisiens qui croient en un Royaume où Dieu n'arriverait pas à se dépêtrer des situations conjugales complexes (Luc 20/33). Méfiez-vous alors de la réponse de Jésus ; en effet : 1°- s'il a été ironique, voire même un peu méprisant envers les Pharisiens (cf. plus haut), ici, en fait, il est en colère contre les Sadducéens (reprenez le texte de Marc, où Jésus leur dit : "Vous planétez ! (Marc 12/24 = vous déraillez complètement) ; car pas plus que l'aveugle ne peut décrire la lumière ni le sourd parler des sons, un homme de ce monde ne peut parler avec vérité et précision du monde qui vient, où Dieu se moque pas mal de vos faux dilemmes et de vos faux problèmes ; c'est autre" (cf. 1 Corinthiens 15/35-50). Ce sera AUTREMENT ; 2°- l'essentiel de la réponse de Jésus est au verset 37 qui semble énigmatique et qui pourtant est clair : a) Dieu est le Dieu-des-vivants, donc tous sont vivants devant lui (Luc 20/38) ; b) quand Dieu parle à Moïse et lui dit au présent qu'il s'appelle le Dieu d'Abraham, d’Isaac et de Jacob, c'est que ceux-ci lui sont présents, et vivants pour lui. PRESENTS (Marc 12 insistera sur le verbe être, ce qu'a délaissé Luc sauf au verset 38). "Alors ne venez plus nous casser les oreilles avec votre rationalisme d'Errants, d'Ignorants" (Marc 12/24 !). "Plan" de prédication Ce plan est-il bien nécessaire ? Sachez dire ici ce qu'il faut : ni plus ni moins. N'en ajoutez pas ! N'en retranchez pas ! Nos morts sont vivants pour et près de Dieu. Comme Dieu lui-même. Ça nous suffit. Et mettez en boîte les amateurs de faux problèmes. |
Inscription à la newsletter
|
Cultes contemporains
Luc 20 v 27 à 38 Olivier Raoul-Duval