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Luc 19 v 1-10 Alphonse Maillot



Texte : Luc 19/1-10
Genre : Notes homilétiques
Auteur : MAILLOT Alphonse
Source : « …Des serviteurs inutiles ! » — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année C (septembre-octobre-novembre). Mission intérieure de l’Eglise évangélique luthérienne à Paris, 1994 (p. 69-71).



31° dimanche ordinaire

Luc 19/1-10

Si vous voulez vraiment goûter le sel de ce récit, lisez celui qui le précède et qui a la même construction : l'aveugle de Jéricho (18/35-43).

1) Même désir (même s'il n'a pas la même cause) chez les deux protagonistes (l'aveugle et Zachée) de voir Jésus (ici, verset 3).

2) Même situation méprisée, l'un pour sa cécité (coupable ! cf. Jean 9/1s), l'autre pour son métier, qui finalement était un métier d'escroc.

3) Démarches parallèles aussi incongrues : l'un hurle et même "gueule" de plus belle. L'autre va grimper dans les arbres.

4) Car tous deux rencontrent les mêmes obstacles : l'un est réprimandé par "ceux qui sont en tête" (sic !) : 18/39, qui veulent lui clouer le bec ; l'autre est empêché de voir, par "ceux qui sont trop grands" (re-sic) pour lui.

5) Tous les deux s'entêtent. Ils se moquent des "gens en tête" ou des "géants" (de la foi !).

6) Alors, mais alors seulement (18/40 et 19/5), Jésus accueille ou devance même leur requête et guérit l'un de sa cécité et l'autre de sa richesse.

Au passage, arrêtons-nous pour nous demander quel est le miracle le plus difficile des deux, en n'oubliant pas que désormais, chaque jour "voit" la guérison de milliers d'aveugles et probablement pas d'autant de riches. Méditez cela !

Revenons-en à Zachée, tout d'abord pour constater que non seulement Jésus l'aperçoit, mais il l'interpelle avec cette phrase extraordinaire : "Il me faut me rendre chez toi" (cette expression "il me faut" n'est employée le plus souvent que pour la Passion). Jésus qui ne connaît nulle nécessité, est ici comme contraint d'aller chez l'escroc Zachée (19/5). Ce qui, bien entendu, soulève l'indignation des "gens du devant" et des "grands protecteurs" du Christ (les gorilles !) : verset 7.

Alors, en une phrase, Zachée va se mettre sur la paille : verset 8. Ce n'est pas seulement une générosité exceptionnelle (TOB)... C'est une ruine totale ; ce que Jésus n'avait pu obtenir du très (trop ?) honnête (jeune) homme riche (Marc 10/17ss et parallèles), ici un ex-escroc le fait, sans que Jésus lui ait demandé quoi que ce soit !

On comprend pourquoi le salut (= Jésus, plus l'abandon des richesses) est entré dans cette maison. Et que finalement les pécheurs qui se savent perdus, comme les malades qui se savent incurables, sont plus facilement trouvés par celui qui est venu les sauver et les délivrer de leurs chaînes (v. 10).



"Plan" de prédication

Bien entendu, je me régalerais à commenter l'histoire de Zachée (après avoir bien signalé la symétrie avec le récit précédent : relever par exemple le "sauvé" de 18/42 et le "salut" de 19/9).

Je n'oublierais pas non plus le rappel que la promesse faite à Abraham est valable, même pour les méprisables péagers riches (19/10).

Et j'insisterais (non sans nostalgie) sur la ruine de Zachée, tout en m'amusant de tout un tas d'exégètes qui prétendent que Zachée, sûrement honnête auparavant, méritait (sic !) ainsi la visite de Jésus, et surtout qu'après sa promesse, il dut lui rester une confortable cagnotte... ; ils oublient seulement le verset 10.




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