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Luc 18 v 9-14 Anne Ruolt



Texte : Luc 18/9-14
Genre : Prédication
Auteur : Anne RUOLT
Source : Prédication pour le 23.07.2000, trouvée sur Internet.



Le Pharisien et le Publicain

Introduction
Luc, médecin de culture grecque, collaborateur de Paul, est le seul auteur biblique à nous rapporter cette parabole, que je voudrais méditer avec vous ce matin. Dans cette histoire que Jésus invente, il met en scène 2 hommes : un pharisien et un publicain, figure du bon et du méchant à l'époque.
Comme dans une caricature où l'on force les traits pour bien faire ressortir une vérité, Jésus, le divin pédagogue, décrit ici à grands traits significatifs, le comportement de ces 2 personnages. L'observation de l'attitude de ces deux hommes a pour but de dévoiler les mobiles profonds de leur attitude. Par effet de miroir, ces mobiles mis à jour, c'est au comportement de tout individu qu'est renvoyé l'enseignement du Seigneur.
La notice introductive de la parabole est claire (v. 9) : c'est une parabole destinée à ceux qui étaient convaincus d'être justes et méprisaient les autres...
Loin de moi la pensée de vouloir soupçonner qui que ce soit ici d'appartenir à cette catégorie de personnes ; cependant, toute la parole de Dieu étant là pour notre instruction, je crois que ce passage a aussi quelque chose à nous dire, à nous aujourd'hui, à chacun personnellement.
Je vous invite donc à vous arrêter avec moi sur ces deux figures : celle du pharisien et celle du publicain, tels qu'ils nous sont dépeints par Luc, puis de voir ce que la morale de l'histoire peut nous induire ou proscrire comme comportement.

Le Pharisien
Malgré tout ce que le Nouveau Testament rapporte de négatif au sujet de certains pharisiens, le zèle pieux dont ils faisaient preuve, l'intégrité de leur vie et l'idéal religieux qu'ils proposaient, leur permettaient de jouir d'une grande estime populaire. Voilà des gens bien, des gens vertueux !... Voilà les bons de l'histoire...

Histoire
L'historien Josèphe, lui-même membre du parti des Pharisiens, présente ce mouvement comme l'une des 4 principales dénominations juives au temps de Jésus.
A côté des Sadducéens (aristocrates proches du Temple, niant la résurrection), des Esséniens (ascètes, vivant en communauté séparée du monde pour mieux échapper à ses souillures ; cf. Qumran) et des Zélotes (mouvement nationaliste souvent fanatique), les Pharisiens étaient plutôt un mouvement de piété populaire, constitué de laïcs issus des classes moyennes du pays, très soucieux de vivre pieusement et honorablement.
Ce mouvement est né vraisemblablement au II° siècle avant Jésus-Christ, à l'époque de la révolte maccabéenne. Après la destruction du Temple en 70 après Jésus-Chrsit, les autres dénominations ayant disparu, seuls restèrent les Pharisiens. Comme il n'y avait plus lieu de les distinguer, leur nom disparut, et le judaïsme rabbinique pris le relais.
Nicodème (Jean 3/1), Gamaliel (Actes 5/34), Paul (Actes 23/6, 26/5) étaient des Pharisiens.
Si le Nouveau Testament les présente souvent comme des hypocrites, des gens excessifs... il ne faudrait pas s'y méprendre, il y avait aussi des pharisiens sincères, cherchant authentiquement dans les Ecritures comment vivre une vie qui plaise à Dieu. Le mouvement n'était pas homogène, il y avait au sein de la dénomination différentes tendances. Le Talmud Babylonien, par exemple, en répertorie 7 au sein desquelles il n'en reconnaît qu'une seule d'authentique, celle qu'il nomme pharisiens de l'amour dont Abraham est le modèle (traité Sotah, 22b).

Caractéristiques religieuses
Quelles étaient les caractéristiques principales de cette dénomination ?
L'idéal des sages pharisiens était de faire de tout Israël un peuple saint, c’est-à-dire, dans un sens très littéral, un peuple séparé des hommes pécheurs. Pour cela, ils jugeaient nécessaire d'imposer à toute la communauté des fidèles, les règles de pureté imposées par Moïse aux seuls prêtres dans l'exercice de leur fonction.
L'apôtre Paul qualifie lui-même le mouvement auquel il a appartenu comme le parti le plus strict de la religion juive (Actes 26/5).

Loi écrite et loi orale
Ce qui caractérisait ces Juifs pieux, c'était leur souci de s'imposer une obéissance très scrupuleuse de la loi, et même au-delà de la Loi de Moïse. En effet, ils ajoutaient toute une kyrielle d'autres lois encore plus contraignantes, la loi orale, qui devait servir de clôture préservant le fidèle, afin qu'il ne pèche pas contre la loi écrite.
C'est comme si, aujourd'hui, pour éviter de regarder des choses inconvenantes à la télévision, on interdisait à tous d'avoir un téléviseur chez lui. Certes, cette loi très restrictive fonctionne bien comme une barrière, empêchant de faire un mauvais usage de la télé, mais cela ne règle pas la question de fond.
Vous me direz peut-être que mon exemple est trop extrême, mais il y a quelques années en arrière, dans le sud de la France, j'ai entendu un évangéliste venant d'Afrique du Sud, très zélé pour le Seigneur, tenant ce type de discours.
Comme quoi il peut, aujourd'hui encore, se trouver des mouvements se revendiquant du christianisme, regroupant des personnes très sincères et soucieuses de plaire à Dieu, qui s'imposent des lois allant très au-delà des prescriptions bibliques.
Le légaliste et l'extrémisme peuvent donc encore attirer des personnes avides de sanctification. Le cadre rigide peut apparaître sécurisant, mais le joug culpabilisant de la loi ne permet guère de libérer des consciences chargées ni de former des personnalités adultes et épanouies, comme Jésus pouvait l'être aussi en société, hors contexte religieux.

Lois relatives au culte
Les pharisiens mettaient aussi un accent tout particulier sur la pureté rituelle et l'observation de toutes les ordonnances liées au culte.
Le pharisien de la parabole ne se glorifie-t-il pas, par exemple, de jeûner 2 fois par semaine, de donner la dîme de tous ses revenus (v. 12) ?
Bien que Dieu n'ait jamais imposé quelque jeûne que se soit à son peuple, la tradition juive a assez tôt imposé un jeune liturgique aux fidèles le grand jour des expiations, comme expression de la repentance et de la contrition.
Durant l'Exil, les Juifs ont pratiqué des jeûnes commémoratifs, 4 fois par an, pour se souvenir de la prise de Jérusalem et de la destruction du Temple.
Avec le temps, sous l'influence païenne, la pensée populaire associa aux jeûnes une vertu méritoire, une manière de contraindre Dieu à agir par le moyen de l'ascèse personnelle.
Après la destruction du Temple en 70, la valeur de sacrifice fut attribuée aux jeûnes.
Toutes ces déviations ne sont pas des pratiques que Dieu commande.
Les pharisiens, quant à eux, avaient pris l'habitude de jeûner le lundi et le jeudi, pour intercéder en faveur de la nation. Ils vont reprocher à Jésus le manque d'ascèse de ses disciples, qui ne jeûnaient pas comme eux (Matthieu 9/14).
Le pharisien de notre parabole s'estime quelqu'un de bien, parce qu'il s'impose ce que la loi ne lui impose pas... de jeûner 2 fois par semaine. En pratiquant une ascèse plus exigeante que ce que prescrit la loi écrite, il est sincèrement convaincu de mieux glorifier Dieu, de lui être plus agréable... Et pourtant, tous ces efforts ne suffisent pas à rendre cet homme juste aux yeux de Dieu.
Il en va de même pour sa méticulosité à prélever la dîme jusqu'à la menthe et le cumin (Matthieu 23/23), voire de produits sur lesquels elle était déjà prélevée. Ce souci d'être très scrupuleusement en règle avec l'impôt ecclésiastique nourrissait en lui une fausse satisfaction, une fausse assurance.
On se souvient d'autres passages où les Pharisiens s'offusquent de voir Jésus et les disciples ne pas respecter le sabbat comme eux l'entendaient (Marc 2/24), ne pas s'adonner aux ablutions rituelles avant de passer à table (Marc 7/3, Luc 11/38)... ou de voir Jésus manger avec des personnes de mauvaise réputation (Matthieu 9/11, Luc 5/30)...
Je ne suis, hélas, pas sûre qu'au sein de la chrétienté d'aujourd'hui, il ne se trouve plus de personne tirant gloire de telle ou telle pratique cultuelle... qui, en se comparant à d'autres, s'estime plus spirituelle, parce que s'imposant plus de privations, s'estimant plus généreux, priant plus, évangélisant plus....

Ce qui n'est pas juste dans l'attitude du Pharisien
Mais, au fait, qu'est-ce qui n'est pas juste dans l'attitude du Pharisien ?
Les reproches de Jésus aux pharisiens touchent à leur hypocrisie. Ils soignaient les apparences, s'efforçaient de paraître très spirituels et irréprochables, en règle avec la loi... mais passaient à côté de l'essentiel. Ce qui est plus important dans la Loi, c'est, dit Jésus : la justice, la miséricorde et la fidélité ; c'est là ce qu'il fallait pratiquer, sans négliger les autres choses (Matthieu 23/23).
Ce que leur reproche Jésus, ce n'est pas de chercher à obéir à la Loi, mais l'état d'esprit qui les anime dans leur démarche ; ils cherchent à être des propre-justes, à se purifier eux-mêmes, à acquérir le salut par leurs propres œuvres, sans avoir recours à la grâce et l'œuvre de Dieu.
On n'ôte pas le mal en s'efforçant de multiplier le bien...
Si vous voulez éviter que ne se propage la pourriture dans un sac de pommes de terre, il ne sert à rien d'ajouter une grande quantité de pommes de terre saines dans le sac pour les rendre toutes saines ! Mais il faut ôter celles qui sont pourries !
Un automobiliste verbalisé pour un excès de vitesse, peut s'appliquer à suivre scrupuleusement toutes les règles du code de la route, chercher à être un conducteur modèle... Ce sera une chose très louable et souhaitable... mais cela ne lui fera pas sauter son Procès-Verbal. La bonne conduite ne fait pas disparaître le délit par compensation, ou absorption.
Pour être quitte, il doit y avoir procès... reconnaissance de la faute... puis payer l'amende, ou être généreusement gracié, ce qui n'arrive guère qu'en période post-électorale... mais le motif de la grâce n'a rien à voir avec la conduite exemplaire qu'a manifesté l'automobiliste après le délit... L'autre solution, c'est que quelqu'un d'autre paye l'amende pour vous.
La loi de Dieu est juste et bonne, mais Jacques nous dit que qui pèche contre un seul commandement devient coupable de tous (Jacques 2/10), et Paul d'illustrer ce que "rapporte" le péché : le salaire du péché, c'est la mort (Romains 6/23), car Dieu est saint et ne peut supporter le mal (Hébreux 1/13). La Loi fait office de pédagogue, chargé de nous conduire à Jésus-Christ, qui est venu mourir à notre place, pour que nous soyons déclarés justes devant Dieu par la foi (Galates 3/24).
Parce que Dieu nous a tant aimé, en son temps, il a envoyé son Fils unique, Jésus, pour être condamné à notre place, afin qu'en lui, étant déclaré justes, nous soyons quittes et en paix avec Dieu (Romains 5/1). Si nous reconnaissons nos péchés, le Seigneur est fidèle et juste, il nous pardonnera nos péchés et nous purifiera de tout le mal que nous avons commis (1 Jean 1/9).

Le publicain
L'attitude du collecteur d'impôt est bien différente.
Jésus fait fort dans les contrastes...
Les publicains, ou fonctionnaires subalternes du ministère des impôts, étaient à l'époque l'incarnation même de l'homme le plus vicieux et méprisable qu'il soit !
Cet homme avait acheté aux Romains la charge de recueillir les droits de péages et autres taxes imposées par l'occupant. Ce traître à sa nation, puisque collaborateur de l'occupant, était toujours soupçonné de malhonnêteté, de tromperie, de mensonge et de vol, assimilés aux prostituées et aux adultères (Matthieu 9/11, 11/19, 18/17, 21/31ss, ...).
Chez les Grecs, Plutarque les comparait au sommeil qui nous prive de la moitié de notre vie, là où un autre les traitait de chiens, qui sucent tout et ne donnent jamais rien en retour.
Remarquons que, chez nous, les percepteurs d'impôts n'ont pas toujours la cote !... mais nous n'allons tout de même pas aussi loin que les Juifs à l'époque de Jésus...
En effet, beaucoup estimaient alors qu'il était pratiquement impossible qu'un publicain puisse être justifié...
En effet, la repentance authentique devait être suivie des fruits de la repentance, à savoir : outre le fait d'abandonner son travail, le repenti devait satisfaire à la loi de Moïse [Exode 21/37 : si quelqu'un vole un bœuf ou un mouton et qu'il abatte ou le vende, il devra donner 5 bœufs pour le bœuf volé ou 4 moutons pour le mouton volé... Exode 22/3 : s'il a volé un animal — bœuf, âne ou mouton — et qu'on le retrouve vivant en sa possession, il rendra 2 animaux en compensation] qui exigeait qu'un voleur restitue au moins 4 fois ce qu'il avait volé, avant de pouvoir être réintégré dans la société. Or, on soupçonnait le montant de ses vols si élevés que le remboursement devenait chose impossible. C'est pourtant, vous vous en souvenez, ce qu'avait fait Zachée, le publicain de Jéricho (Luc 19/1ss).
Dans la littérature juive, les collecteurs d'impôts sont même associés aux assassins !
En tout cas, les autorités juives leur interdisaient de siéger dans leurs assemblées, ils n'avaient même pas le droit de porter témoignage dans un procès... ce qui revenait presque à les considérer comme des esclaves.
Voilà le mauvais ou le méchant de l'histoire...
Jésus nous dépeint un fonctionnaire peu fier de lui. Il se tient à l'écart, peut-être à l'extérieur du sanctuaire, n'osant même pas lever les yeux au ciel, ce qui était la posture habituelle pour la prière à l'époque.
En effet, les Israélites qui montaient au Temple à 9h comme à 15h au moment où les sacrifices étaient offerts, se tenaient normalement debout, levant et les yeux et les mains vers le ciel. En cela l'attitude du pharisien qui se tient debout, n'avait rien de provocant, il ne cherchait pas à se faire remarquer... Tous faisaient ainsi, comme notre habitude aujourd'hui est plutôt de joindre les mains de baisser la tête et de fermer les yeux...
Par contre, à l'époque, baisser la tête, comme le fit le collecteur d'impôts, était signe de honte, d'indignité. En outre, il se frappe la poitrine, signe de deuil, d'affliction.
Comparé au pharisien, sa prière est brève : O Dieu, aie pitié du pécheur que je suis !
Cet homme ne regarde pas aux autres, mais à Dieu seul. Son analyse sur lui-même est juste, il est pécheur.
L'expression aie pitié, dans le Nouveau Testament, se rapporte au sacrifice de propitiation, c'est-à-dire au sacrifice qui était offert pour rendre Dieu propice, favorable.
Cet homme sait qu'il est pécheur, que ce sont ses péchés qui le séparent de Dieu, qui lui cachent sa face et l'empêche de l'écouter (Esaïe 59/2). Il n'a aucune œuvre satisfaisante à offrir pour s'attirer la faveur du Dieu saint... même pas sa prière. Son seul espoir, il le place dans la miséricorde du Seigneur. Il est un homme perdu, désespéré, qui a gâché sa vie... Il n'a rien à donner, mais tout à espérer, tout à recevoir de Dieu.
Lorsque, comme le pharisien, on se compare à d'autres hommes, on peut peut-être trouver de quoi s'enorgueillir, ne se trouvant pas si mal que cela... mais il en va tout autrement lorsque l'on a Dieu comme critère de référence, la barre est alors placée à un tout autre niveau !...

Jésus dans tout cela
Et Jésus dans tout cela ?...
Jésus fait figure du narrateur, qui observe ce qui se passe, qui entend ce que murmurent dans leur prière les deux personnages...
Puis, comme un couperet, le verdict tombe...
Moi je vous dis... je vous l'assure... c'est le dernier et non le premier qui est rentré chez lui déclaré juste par Dieu. Le méchant est acquitté, et non le bon.
Quelle chute choquante !
Passe encore que le coupable soit acquitté... mais que le juste soit déclaré coupable... c'est un peu fort !
Et pourtant, les propre-justes, ceux qui se confient et se vantent de leurs mérites, ceux qui regardent de haut les autres et les méprisent, ceux-là n'ont pas besoin de la miséricorde de Dieu, ni de l'expiation de leurs péchés, ni de l'amour de Dieu... Ils sont auto-suffisants, auto-nomes, auto-satisfaits d'eux-mêmes...
Pourtant, en son temps, Esaïe disait déjà : Tous nos actes de justice sont comme un vêtement pollué devant Dieu (Esaïe 64/5).
Il n'y a sur la terre aucun homme juste qui fasse toujours le bien sans jamais pécher (Ecclésiaste 7/20). Reprenant le Psaume 14, Paul affirme aux chrétiens de Rome qu'il n'y a pas de juste, pas même un seul (Romains 3/10, Psaume 14/2-3, 143/2). Nul ne sera déclaré juste devant Dieu parce qu'il aura accompli les œuvres commandées par la Loi. En effet, la Loi donne seulement la connaissance du péché... Dieu déclare les hommes justes par la foi en Jésus-Christ, et cela s'applique à tous ceux qui croient, car il n'y a pas de différence entre les hommes (Romains 3/20 & 23).
Et aux Galates de leur dire :
En ce qui me concerne, je ne veux à aucun prix placer ma fierté ailleurs que dans la mort de notre Seigneur Jésus-Christ sur la croix... Ce qui compte, c'est d'être une nouvelle créature (Galates 6/14-15).
Est-ce là aujourd'hui encore pour chacun de nous notre sujet de fierté, ce qui compte le plus ?
Qu'avons-nous que nous n'ayons pas reçu ?

Conclusion
Par pure grâce, le Seigneur a accueilli favorablement le cri du publicain, et l'a déclaré juste, c'est-à-dire quitte envers le Père ; il peut redescendre de Jérusalem le cœur léger.
Peut-être quelqu'un est-il monté ce matin dans cette salle de culte le cœur tourmenté ? Eh bien, comme le publicain, il peut aussi repartir d'ici le cœur léger, après avoir fait sienne la courte prière de ce fonctionnaire corrompu.
La parabole se termine sans plus de recommandations à cet homme déclaré juste... parce que Jésus voulait choquer à salut les propre-justes, ceux qui méprisent les pécheurs, et qui s'illusionnent être du bon côté...
Si Jésus avait voulu plutôt s'adresser à des publicains, sans doute aurait-il ajouté : va et ne pèche plus... Vis maintenant en nouveauté de vie et ne sois pas comme la truie qui, à peine lavée, se vautre de nouveau dans la boue (2 Pierre 2/22). Tu as tout sacrifié jusque-là pour ta situation personnelle : ta réputation, ta famille, ton sommeil... mais toutes les relations que tu as pu nouer avec les gens influents mais corrompus, tout l'argent que tu as pu amasser de façon malhonnête... tout cela t'a finalement conduit au désespoir... maintenant tu vivras pour m'honorer...
En effet, lorsque Jésus sauve, il ne fait pas les choses à moitié... En nous déclarant justes, nous sommes introduits dans la famille de Dieu, pour y vivre non plus selon les habitudes passées, mais pour honorer notre Père. Cela va nécessiter des changements, des renoncements... peut-être la recherche d'un nouvel emploi, renoncer à certaines amitiés, à certains loisirs... selon ce que Dieu peut montrer à chacun, mais, en contre partie, le Seigneur nous garantit une espérance qui ne trompe pas !
Mais la pointe de cette parabole pique à vif les propre-justes, ceux qui se croyaient sauvés et qui, en fait, ne l'étaient pas.
Aujourd'hui encore, nous côtoyons ces personnes éthiquement correctes... ni avares, ni malhonnêtes, ni adultères... des personnes religieuses et cultivées... Nous les trouvons au travail, à l'école, en vacances, voire à l'Eglise... et pourtant elles s'illusionnent... et courent à leur perte en se fiant à leurs propres œuvres.
Puissions-nous nous rappeler cette histoire... dans les occasions d'échanges que nous pourrons avoir avec elles... En matière de salut, ce n'est pas aux autres qu'il faut nous mesurer, mais à Dieu lui-même...
Et pour nous-mêmes, rappelons-nous que nous n'avons aucune raison de nous vanter... Nous n'avons aucun mérite, aucun motif de regarder les autres de haut et de les mépriser...
Car c'est par la grâce que nous sommes sauvés, par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de nous, c'est un don de Dieu ; ce n'est pas le fruit d'œuvres que nous aurions accomplies (Ephésiens 2/8-10).
Amen.




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