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Luc 18 v 9-14 Alphonse Maillot
Texte : Luc 18/9-14
Genre : Notes homilétiques Auteur : MAILLOT Alphonse Source : « …Des serviteurs inutiles ! » — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année C (septembre-octobre-novembre). Mission intérieure de l’Eglise évangélique luthérienne à Paris, 1994 (p. 61-63). 30° dimanche ordinaire Luc 18/9-14 1°- Ce passage nous montre combien est variable la notion de parabole, surtout chez Luc. Quand nous disons "parabole", nous pensons toujours comparaison, image à démarquer : ici, c'est simplement une tranche de vie (v. 10-13) où rien n'est à démarquer, mais tout est à... encaisser. On remarquera qu'en revanche Luc n'appelle pas "parabole" celle qu'on nomme : le (Bon) Samaritain (Luc 10/30-37)... Curieux ! 2°- Parabole très connue, trop connue et dont les chrétiens ont souvent oublié que sa valeur était permanente et qu'ils étaient les premiers concernés : en effet, nous ne remarquons pas assez souvent que les Pharisiens étaient fréquemment des gens remarquables (les oeuvres de cet homme, verset 12, sont sans doute vraies) et que, si Jésus leur fait un terrible procès (Matthieu 23), c'est justement parce qu'ils sont si remarquables qu'ils en sont remarqués, mais surtout que la "splendeur" de leurs vertus cloue et paralyse les autres. Ils empêchent ainsi les autres d'entrer au Royaume en les décourageant. Là est le plus grand reproche de Jésus. Qu'ils soient vertueux... très bien et tant mieux ! Cependant que personne ne le sache : Matthieu 6/1-4 & 16-18 ! Mais en oubliant cela et en faisant des Pharisiens les êtres tortueux et vantards sous les traits desquels on les a peints, les chrétiens sont devenus les Pharisiens des Pharisiens. Car le grand reproche ici adressé à ce Pharisien, ce ne sont pas ses vertus, même un peu trop affichées, mais son mépris du péager. On peut (et doit) lire le verset 5 : "...des hommes qui se croyaient justes en méprisant les autres" (cf. v. 11). La propre justice est relationnelle. Le Lectionnaire catholique (comme bien d'autres traductions) ne met pas assez en relief le "ni comme ce péager". Comme il oublie le debout (contrairement à l'éloignement courbé du péager) du Pharisien (v. 11a). Ne nous disons donc pas que nous ne sommes pas comme ce Pharisien et n'allons pas chercher notre justification dans le fait que nous, nous confessons nos péchés. Notre justification est en Jésus-Christ seulement. Enfin, encore un petit écart du Lectionnaire catholique (à qui finalement je suis très reconnaissant, car il m'a rendu attentif à une foule de détails que, sans lui, j'aurais manqués) : il n'est pas dit : "(Le péager), lui, était devenu juste, mais pas l'autre" (Lectionnaire catholique et TOB et BFC hélas), mais : "(Le péager) rentra chez lui justifié, plutôt que l'autre". La porte de la justice n'est pas fermée au pharisien, mais il vaudrait mieux pour lui abandonner tous les colis et toutes les gloires qui l'encombrent. Cette parabole a dû d'ailleurs choquer jusqu'aux disciples, certainement respectueux des Pharisiens. "Plan" de prédication Bien entendu, seul le texte de l'Evangile semble pouvoir passer la rampe, comme prédication. Profitez-en pour réhabiliter les Pharisiens. Consultez les dictionnaires modernes. Et n'oubliez pas que Jésus fut au moins de tendance pharisienne et que Paul lui-même en fut un vrai, mais il démontre qu'il leur est arrivé de se convertir (cf. Nicodème). Autres textes de la même catégorie
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