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Luc 17/11-19 Alphonse Maillot



Texte : Luc 17/11-19
Genre : Notes homilétiques
Auteur : Alphonse MAILLOT
Source : « …Des serviteurs inutiles ! » — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année C (septembre-octobre-novembre). Mission intérieure de l’Eglise évangélique luthérienne à Paris, 1994 (p. 47-49).



28° dimanche ordinaire

Luc 17/11-19

Et voici un beau miracle pour nous changer les idées. On remarquera tout d'abord que, si nous sommes probablement en Samarie (inverser l'ordre de Luc qui met pour l'itinéraire vers Jérusalem, la Samarie avant la Galilée... sic !), cependant la lèpre a réuni dans un même désarroi et la même exclusion des gens qui, d'habitude, s'ignoraient ou se détestaient. La maladie a d'étranges pouvoirs, et a fortiori la mort... Dans les cimetières les gens cohabitent paisiblement... enfin ! (sauf là où il y a encore des cimetières dits catholiques opposés à des cimetières protestants).

Les gens ne sont plus ni Galiléens, ni Samaritains, ni Judéens, mais seulement des lépreux, des impurs, des non-hommes.

On remarquera ensuite que ces lépreux sont très disciplinés et respectueux des usages : ils se tiennent à distance (v. 12), alors que celui de Marc 1/40 (et parallèles) était tout proche de Jésus.

Et ces lépreux entonnent le "Kyrie eleison" (pas tout à fait, car c'est un autre mot que "kyrios" qui est ici employé) : v. 13.

Jésus, en bon Juif bien discipliné, les envoie rendre visite aux prêtres. C'est seulement en route que survient leur guérison (v. 15), leur purification, leur "katharsis" (si vous êtes pédants).

Et pendant que les neuf autres courent (?) voir leurs prêtres respectifs, un seul va faire demi-tour (belle image !) pour venir rendre grâces. Ce "un seul" est à double détente :

a) il n'y en a qu'un sur dix pour savoir dire "Merci" tout de suite. Ce que Jésus va noter, non sans un brin de tristesse (qui n'est pas sans évoquer celle qui dut le saisir quand il fut livré sur la croix avec, pour seul confesseur, un "gangster") ;

b) cet unique est un... Samaritain (Luc a de la suite dans les idées, cf. ch. 10). L'hérétique sait seul dire Merci quand-il-le-faut.

Ici, il faut un peu prendre la défense des neuf autres (qui nous ressemblent trop pour que nous les oubliions) :

a) après cinq ou dix ans de marginalisation, d'expulsion, ils ont hâte de recevoir le billet qui prouvera qu'ils sont redevenus de vrais hommes ;

b) il est sûr qu'ils devaient être pleins de reconnaissance, eux aussi, mais ils se sont sans doute dit : "Quand nous aurons eu le billet (et pour ceux qui étaient de Judée, ce n'est pas demain la veille), nous viendrons lui dire : Merci... mais plus tard". Et le récit montre que "plus tard", c'est en fait "jamais" ;

c) il faut ajouter, avec un sourire, que le Samaritain était des dix, certainement le plus proche de son clergé. Ce qui cependant n'excuse en rien l'erreur de la "reconnaissance retardée" des neuf autres.

Savoir dire Merci et vite ! Même et surtout quand il semble qu'il y a plus pressé, plus urgent !



"Plan" de prédication

Bien entendu, le récit des dix lépreux est le plus vivant, le plus proche et, en fait, le plus facile. Mais c'est un texte souvent pris comme sujet de prédication. Je le relirais bien tout d'abord, afin de voir si je n'en ai rien oublié d'essentiel (la tristesse désabusée de Jésus par exemple..., la croix approche).

Il est alors possible de prendre le texte de 2 Timothée 2, en insistant sur la judaïté de Jésus, et sur les malentendus à propos de l'expression "en mémoire de..." ; ainsi que sur l'indéfectible fidélité de Dieu que nos infidélités ne parviendront jamais à décourager.




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