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Luc 16 v 1-13 Anne-Lise Salque



Texte : Luc 16/1-13
Genre : Prédication
Auteur : Anne-Lise SALQUE
Source : Prédication.



Luc est vraiment le champion des paraboles à scandale ! Le roi du scoop en direct.

On dit que l’argent mène le monde. La Bible en parle sans le condamner, mais dénonce le danger d’en faire un maître et non plus un serviteur.

Le mot araméen « Mamon » qui personnifie l’argent provient de la même racine que l’hébreu « amen ». Ce qui est « digne de confiance » et « véritable ». Ce sur quoi on s’appuie, ce à quoi on donne sa confiance. Il s’agit donc ici de retrouver le culte exclusif à rendre à Dieu.

Qui donc reconnaissons-nous comme Seigneur de nos vies ? Quelles en sont les incidences sur nos existences concrètes en ce monde ? Notre foi au Christ se traduit-elle dans des choix de vie cohérents ? L’accueil dans les tentes éternelles, dans le Royaume, n’est pas en corrélation avec l’usage bon ou mauvais que nous faisons de notre argent, mais c’est un don de Dieu qui doit être accueilli dans la foi. L’avenir du chrétien n’est pas dans la rétribution de ses actes, mais dans le don de Dieu. L’éthique découle de notre foi. Nos choix de vie découlent-ils réellement de notre foi ? Ne sommes-nous pas obnubilés et inquiets par notre sécurité ?

Le Seigneur fait dire par le prophète Amos qu’il condamne ceux qui exploitent les pauvres pour s’enrichir et Jésus propose d’être aussi habile pour gérer les vrais biens que d’autres le sont pour préserver leurs intérêts personnels. L’essentiel — suggère Paul — n’est-il pas de pouvoir mener une vie calme et paisible en toute piété et dignité ?

L’argent n’éveille-t-il pas la cupidité et l’avarice qui poussent l’être humain à employer tous les moyens pour en avoir toujours plus ? ACCUMULER, pourquoi ?

Si les hommes employaient autant d’astuce et d’ingéniosité pour servir les bonnes causes que pour boursicoter, spéculer, faire fructifier leurs propres intérêts…

Jésus semble dire : « Quel dommage que les enfants de lumière ne sachent pas aussi habilement utiliser leur matière grise pour la bonne cause ! ». Problème numéro un de tous les temps, rien de nouveau sous le soleil ! Quels choix prioritaires opérons-nous dans nos vies ? Choix impératif entre Dieu et l’argent.

Mamon est l’ennemi de Dieu et l’ami public numéro un de notre société. Omniprésent, il en explique toutes les dérives et tous les drames. Pourquoi croyez-vous qu’on se bat comme larrons en foire, ou à la foire d’empoigne, pour une mairie importante ?

Pourquoi l’utilisation des OGM des farines animales ? Pourquoi des films stupides ou violents ? Pourquoi la drogue ? Pourquoi la publicité déferlante flattant les instincts les plus primaires ? Pourquoi la corruption à tous les niveaux, les paradis fiscaux ? Pourquoi les cadences dans les entreprises, l’exploitation des enfants dans les usines du Tiers-Monde, main d’œuvre à bon marché ? Ne cherchez pas : l’argent !

Pourquoi une télévision aux programmes discutables favorisant le voyeurisme ? Ne cherchez pas : l’audimat ! Sommes-nous si loin des jeux du cirque de Rome ?

Sans approfondir la question de l’avortement ici, qui est un problème complexe que l’on ne peut régler uniformément et globalement par un simple oui ou un radical non, il faut étudier chaque cas et c’est une décision qui appartient à la personne concernée dans sa chair et dans son existence toute entière. Préserver la vie, oui, bien sûr, mais pas n’importe comment et pas à n’importe quel prix pour le couple existant, ou la jeune fille seule qui a été violée par exemple.

Mais nous pouvons nous poser quand même la question : en effet, outre l’intérêt et le progrès que représente l’amniosynthèse pratiquée en vue de l’élimination des fœtus handicapés (qui est une question qui concerne chacun dans sa chair, sa conscience et son avenir) qui peut être ramenée par les pouvoirs publics à une quelconque question d’argent, ne parle-t-on pas d’un coût social du handicap ? ! Mamon, un dieu terrible qui fait payer cher la dévotion qu’on lui porte : combien de milliers de milliards de dollars engloutis dans des guerres, dans la course aux armements ou les armes de dissuasion nucléaire, alors qu’on ne trouve que quelques millions pour aider ceux qui sont les plus miséreux du monde.

Le choix de Dieu… Inversement, le Christ nous invite à faire une utilisation intelligente de cet argent trompeur. Cet argent de malheur ne pourrait-il pas servir à soulager les grandes souffrances planétaires ? Un avion-mirage de moins, ce peut être un hôpital de plus dans un pays qui en est privé. L’économie d’un sous-marin nucléaire permettrait de donner de l’eau potable à 48 millions de personnes. Avec le prix de 11 bombardiers furtifs, on pourrait scolariser pendant 4 ans 135 millions d’enfants. 800 millions de terriens ne mangent pas à leur faim, alors que rouillent dans tous les pays du monde des milliers de chars démodés, des millions d’armes en tout genre.

Au début du texte, c’est le maître qui avait qualifié son gérant de trompeur. Ce qui montre qu’il n’approuvait pas ses façons de faire. Maintenant c’est l’Argent que Jésus qualifie de trompeur. On le comprend mieux en lisant les dernières phrases : l’argent peut devenir un maître, rival de Dieu, dans la vie des êtres humains. Invitation au discernement entre les biens qui en valent la peine, ceux qui assurent la vie éternelle et ceux que l’on sert inutilement parce qu’ils passent. DISCERNEMENT de l’essentiel et de l’accessoire et aussi le détachement.

Choisir Dieu en premier, c’est mettre l’argent au service de tous ceux qui, dans le monde, œuvrent pour la paix, pour la santé et, bien sûr, pour la Bonne nouvelle. GENEROSITE.

C’est donc à 4 choses que nous sommes appelés : le DISCERNEMENT, le détachement, la générosité, la responsabilité dans nos choix de vie qui doivent découler de notre foi !




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