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Luc 15 v 1-32 (André Jacob)
Texte : Luc 15/1-32
Genre : Etude biblique Auteur : André JACOB Source : Le Christianisme au XX° siècle, n° 248, 03.03.1990 (p. 12). LES TROIS PARABOLES DE LUC 15 : La brebis perdue - La drachme perdue - Le fils perdu Il est difficile de dire des choses originales sur des paraboles qu'on a tant étudiées ; mais l'Evangile est tellement riche qu'on y trouve toujours quelque chose de nouveau. Plus de joie pour 1 seul que pour 99... « Il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de conversion... » (Luc 15/7). Un conseil : Avant de lire cette méditation, je vous conseille de relire la totalité du chapitre 15 de l'évangile de Luc, dont le verset paradoxal cité comme titre me paraît le verset central. Ce chapitre comprend trois paraboles, dont l'unité profonde est marquée par le verset ci-dessus, et par l'introduction du chapitre qui veut être une réponse aux pharisiens qui disent : « Cet homme-là fait bon accueil aux pécheurs et mange avec eux ». Le thème commun : Le point commun à ces trois paraboles est qu'un être ou un objet : brebis, pièce de monnaie, fils... était perdu et qu'il est retrouvé. Les circonstances de la perte sont variables ; si le fils a une grande responsabilité, et peut-être la brebis aussi, la pièce de monnaie n'y peut rien ! Dans les deux premières paraboles, il y a une recherche passionnée ; dans la troisième, une attente d'espérance. Dans tous les cas, lorsque ce qui était perdu est retrouvé, il y a une grande joie, qui se traduit par des fêtes, et veut être partagée avec d'autres, voisins ou serviteurs. Et les autres (qui ne sont pas perdus…) ? Dans tous les cas, on est frappé par le peu d'importance accordée à ce qui n'était pas perdu. Si les pièces de monnaie ne risquent rien, on peut se demander ce qu'il advient des quatre-vingt-dix-neuf brebis abandonnées dans le désert, pendant que leur maître festoie avec ses amis ! Quant au fils aîné, occupé au travail des champs, personne ne semble s'être préoccupé de le prévenir qu'il y avait fête à la maison et sa surprise est grande quand il rentre. La reconnaissance attendue : La place centrale est réservée à celui qui était perdu et qui est retrouvé. On peut en trouver une explication dans une autre petite parabole, prononcée par Jésus dans des circonstances analogues, lorsque son hôte lui reprochait d'accepter les offrandes d'une femme de mauvaise vie : « Un créancier avait deux débiteurs ; l'un lui devait cinq cents pièces d'argent, l'autre cinquante. Comme ils n'avaient pas de quoi rembourser, il fit grâce de leur dette à tous deux. Lequel des deux l'aimera le plus ? Simon répondit : je pense que c'est celui auquel il a fait grâce de la plus grande dette. Jésus lui dit : tu as bien jugé » (Luc 7/41-43). C’est de la brebis retrouvée que Jésus attend avec juste raison la plus grande reconnaissance, et le service le plus efficace. Le meilleur témoin de l'Evangile n'est pas toujours celui qu'on pense : quand il s'est agi d'annoncer l'Evangile dans le monde romain, ce ne sont pas les disciples, soigneusement formés par Jésus, qui ont eu l'action la plus efficace, mais une brebis perdue, persécuteur des chrétiens, qui, récupérée par le Saint-Esprit, devient l'apôtre Paul. Dans des circonstances plus simples, lorsque Jésus traverse la Samarie, ce ne sont pas les disciples qui vont annoncer la bonne nouvelle aux Samaritains, mais une femme de mauvaise vie, convertie par les paroles du Seigneur (Jean 4). Ce qu'il ne faut pas faire : Quelles leçons pouvons-nous tirer de ces récits ? Il me semble que l'attitude du fils aîné nous indique clairement ce qu'il ne faut pas faire... Convaincu de sa propre justice et de la fidélité de son service, il attend vainement une récompense qui ne vient pas. Notre risque est analogue. Nous considérant comme des justes qui n'ont pas besoin de conversion, nous attendons au contraire la récompense de notre fidélité. Oubliant que nul n'est absolument juste, et que nous sommes tous des pécheurs devant Dieu, auxquels il veut bien remettre leurs fautes, et qui risquons de l'aimer moins parce que nous avons l'impression qu'il n'a pas grand chose à nous remettre. Nul n'est irrécupérable : Nous ne devons jamais oublier que les plus grands coupables sont, aux yeux de Dieu, des brebis perdues dont il souhaite le retour. Qu'à ses yeux, nul n'est irrécupérable, et que l'action du Saint-Esprit peut transformer complètement un homme ou une femme. C'est la raison pour laquelle il me semble que le chrétien ne peut accepter l'existence de la peine de mort. Notre devoir est d'être des témoins auprès de ceux-là, et, en tout cas, s'ils reviennent, ne pas, comme le fils aîné, leur reprocher leur passé, mais nous réjouir avec eux de leur retour. La joie au ciel... et sur la terre : S'il y a grande joie au ciel pour un pécheur qui se convertit, il nous appartient, par notre témoignage, de provoquer cette joie et de la partager pleinement et sans restriction... quel que soit le passé de celui qui vient à Jésus-Christ. Autres textes de la même catégorie
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