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Luc 13 v 1-9 (Matthias Helmlinger)



Texte : Luc 13/1-9
Genre : Prédication
Auteur : Matthias HELMLINGER
Source : Prédication.



Des Juifs pieux sont victimes d’une véritable boucherie ordonnée par Pilate.
Le tyran sera révoqué par ses supérieurs pour la brutalité de cette répression.
Pourquoi la mort de tant d’innocents ?
Une tour à Jérusalem s’effondre sur les passants, hommes, femmes et enfants. Pourquoi la mort de tant d’innocents, une fois de plus ?
« Si vous ne vous convertissez, vous périrez tous de même » répond Jésus.
On ne peut pas dire que Jésus fait preuve ici de beaucoup de psychologie.
Une question lui est posée, une question qui travaille beaucoup de nos contemporains encore aujourd’hui – pourquoi tant d’innocents souffrent-ils et meurent-ils ? – et Jésus lance un avertissement, ou du moins une exhortation à se convertir sans tarder ! On peut dire qu’il ne cherche pas à plaire.
Il y a bien d’autres occasions où on constate cela chez Jésus : il ne cherche pas à plaire. Par exemple un homme lésé par son frère dans une affaire d’héritage, demande à Jésus son arbitrage : Jésus lui répond vertement qu’il doit se garder de s’attacher aux richesses de ce monde. Jésus ne cherche pas à plaire.
La question de la souffrance des innocents, il n’y répond tout simplement pas. Pourtant elle nous paraît essentielle, incontournable. Jésus n’y répond pas. Par contre, il nous appelle à nous convertir sans attendre.
Et s’il y avait dans cette réponse abrupte de Jésus, une profonde sagesse pour nos vies ? Avons-nous vraiment besoin de savoir pourquoi les innocents souffrent ? Le silence de Jésus sur la question nous laisse penser qu’il y a qu’il y a quelque chose de plus important que d’avoir réponse à tout.
Nous recevons de Jésus une parole dont nous avons par contre un urgent besoin pour vivre. Elle est toute simple : « convertissez-vous, faites retour, demi-tour ! »
Nous n’aurons jamais réponse à toutes les questions, mais nous pouvons faire quelque chose : nous convertir.
Avec cet appel à la conversion, Jésus nous fait sortir des explications théoriques de la souffrance pour nous engager dans la vie concrète, quotidienne, la vie que nous avons à vivre.
Nous pouvons en cela imiter le Seigneur, le Dieu d’Israël. Lorsque Moïse lui demande son nom, en quelque sorte donc une définition intellectuelle de qui est Dieu, il ne reçoit pas non plus de réponse directe à sa question.
Le Seigneur lui dit simplement : « je serai qui je serai », c’est-à-dire : je m’engage avec vous dans votre histoire, dans votre histoire de souffrances. Dans les évènements que vous allez vivre, vous me découvrirez, vous connaîtrez qui je suis.
Comme les Galiléens massacrés par Pilate pendant la fête de Pâque, Jésus mourra de la main du même tyran, pendant la fête de Pâque. Il s’engage dans notre histoire, dans l’histoire de son peuple Israël d’abord, victime de tant d’injustices, victime des tyrans qui se sont succédés sur son sol.
Il s’engage aussi dans notre histoire de victimes, partageant les blessures de notre existence. A cause de cala, nous pouvons nous convertir.
Nous pouvons faire quelque chose, pour que nos vies ne soient pas comme cette tour de Siloé qui a écrasé les autres. Pourquoi cette tour a-t-elle écrasé des personnes ? Parce qu’on l’a abîmée, une pierre a été descellée.
En nous convertissant, en accueillant Jésus, nous pouvons construire notre vie avec une pierre d’angle, une pierre solide, qui fera tenir debout notre vie, sans menacer la vie des autres.

Dieu, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob ne parle pas de Lui-même en termes abstraits . Pour se faire connaître il fait mieux que çà : il agit. Il libère les hébreux de leur douloureux esclavage en Egypte.
Jésus ne raisonne pas devant la souffrance des innocents. Il fait ; il agit. Il ira lui aussi à Jérusalem mourir de la main de Pilate, comme d’autres innocents.
Il ressuscitera pour nous faire passer avec lui dans la vie maintenant.
Les questions demeurent, mais Jésus est là, engagé dans notre vie.

La parabole qui suit, la parabole du figuier qui fait du mal à la vigne, en prenant de la place inutilement, nous parle de la patience de Jésus.
Aucun vigneron ne laisse un arbre inutile dans sa vigne, c’est sûr. Mais Jésus le fait.
Des innocents meurent trop jeunes, et des bourreaux bénéficient d'une longévité exceptionnelle. La conclusion logique, c’est qu’il n’y a pas de Dieu. Que la vie avec son cortège de souffrances contredit l’existence d’un Dieu bon, juste.

Jésus tire une autre conclusion : il y a chez Dieu, le vigneron une patience étonnante, incompréhensible, miraculeuse, que Lui-même, Jésus a demandée. « Laisse le figuier encore cette année, le temps que je bêche tout autour et que je mette du fumier »
Jésus s’engage à aller à la racine de nos vies. Là où d’autres auraient pensé que cela n’en vaut pas la peine, Jésus persévère. Il témoigne de la fidélité, de l’amour intransigeant, tenace, résistant, têtu du Dieu d’Israël. Ce Dieu tient ses engagements, son alliance avec Israël, son alliance avec le monde.
Il sollicite notre libre choix sans le forcer : « convertissez-vous ! »
Il nous laisse du temps, tout en nous disant que c’est urgent. Parce qu’il sait que ce n’est pas la peur qui nous poussera à une réelle conversion, mais la découverte de sa patience miraculeuse, de son prodigieux amour.
La manière de Dieu d’être juste, c’est de justifier l’injuste, de donner du temps à celui qui ne le mérite pas. De donner Jésus à ceux qui refusent son appel à la conversion. Son amour est plus fort que nous, plus grand que nous, mais en même temps, jamais il ne nous force. Jusqu’à ce que notre amour réponde au sien. Jusqu’à ce que nos actes répondent aux siens. C’est cela, se convertir. Amen.




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