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Luc 10 v 38 à 42 Y. Aubron




Dimanche 18 juillet 2004
Pasteur Y. Aubron, Fouras (17)

Textes : Genèse 18, v. 1 à 15 Colossiens 1, v. 24 à 2, v. 10 Luc 10, v. 38 à 42

Notes bibliques

On peut utilement élargir la lecture de Luc 10 v.21 à Luc 11 v.13
pour éclairer la seule chose nécessaire
qui est peut-être la bonne part-- : Luc 18 v.18 à 30.

On voit la scène : Jésus est invité et accueilli (v 38). Marie s’assoie et écoute (39- 40a)
Marthe se plaint et Jésus réplique (40b – 42) (d’après BOVON)

Justement parce que c’est Marie qui est félicitée, il faut se souvenir que c’est Marthe qui a invité et accueilli Jésus. A moins qu’elle ne soit veuve, c’est un comportement désapprouvé et provocateur.

L'attitude de Marie attire l’attention sur la façon dont la venue de Jésus bouleverse toute chose : les usages et même s’il y a eu des prophéties sous l’Ancienne Alliance, le comportement de Marie ne correspond pas exactement à ce que l’on sait des droits et devoirs des jeunes filles qui ne devraient pas être dans la même pièce qu’un homme, même en présence des parents. Marie adopte ici l’attitude du disciple s’asseyant devant son maître
(Ac 21 v 3 - Lc 8 v 35…)
Il faut remarquer que Marthe n’interpelle pas Marie, mais s’adresse à Jésus.
La réponse de Jésus est empreinte de bonté : -le redoublement du prénom. Elle n’est pas l’expression d’un mépris pour les tâches quotidiennes mais exprime la nécessité de se consacrer à la seule chose nécessaire, celle qui manque.





















Prédication

« Marie a choisi la bonne part : elle ne lui sera pas retirée » v.42

Jésus, accompagné de ses disciples, est en route vers Jérusalem ;
chaque rencontre, chaque conversation va être, pour Jésus, l’occasion de mettre ses interlocuteurs devant un choix décisif : le suivre ou n’avoir aucune part avec lui.
Comment en arrive-t-on à ce choix décisif alors que tout avait si bien commencé ? Avec une liberté totale, Marthe invite un homme à entrer dans sa maison. Mais cela entraîne nécessairement un repas, donc beaucoup de travail et de soucis. Ce qu’il y a d’étonnant dans cette rencontre, c’est que les rôles semblent distribués d’avance. Celui de Marthe est bien sûr admis et ne nécessite aucun commentaire. En revanche, Marie adopte une posture d’homme, assise aux pieds du Seigneur. Sans doute on doit y entendre une revendication féministe d’avoir le droit du service de la Parole comme on leur reconnaissait le service des tables.
Dans le fond, c’est une attention très contemporaine.
Jésus, Marie, Marthe, dans la même maison ne sont pas ensemble. Marthe est seule. Tout à coup elle sent sur ses épaules un poids trop lourd. Pourquoi ne s’adresse-t-elle pas à Marie pour lui demander de l’aide mais à Jésus ? En effet c’est Lui la cause de ce trouble, c’est Lui qui brise les habitudes pour apporter la vie. Marthe ne s’est pas assise aux pieds de Jésus, mais par sa seule présence, Il a remis chaque personne, chaque chose, chaque invité à sa place. Où trouvent-elles leur sens ?

Il n’y a pas de hiérarchie dans les façons de servir Jésus. Elles sont toutes utiles alors que la seule nécessaire est reconnue, accomplie ; elles sont toutes édifiantes lorsqu’elles trouvent leur sens dans la Seigneurie de Jésus sur toute chose. Écouter Jésus ou s’affairer à beaucoup de tâches, service de la Parole ou diaconie, l’une ne va pas sans l’autre. L’erreur de Marthe, c’est moins de s’agiter que de s’inquiéter ; c’est moins ce qui concerne le corps que ce qui occupe l’esprit, c’est tout ce qui masque ou rend aveugle à la présence du Seigneur.
La venue de Jésus dans la maison de Marthe et de Marie va bouleverser les échelles de valeurs en ce qui concerne les choses à faire, à dire, à penser. Elles vont être étalonnées en fonction de son ordre à Lui, de sa manière d’être et de faire. Il vient comme le Serviteur ; Il fait le sacrifice de sa vie. La seule chose nécessaire est à la fois l’origine et le point d’arrivée de la vie à la quelle nous sommes conviés ; là où il faut tout quitter, tout vendre pour le donner aux pauvres et le suivre (Lc 18 23) La seule chose nécessaire : renoncer à soi-même pour vivre de la vie du Christ.
Car la Bonne Nouvelle de notre texte est bien celle-là : c’est que Jésus vient même quand Il n’est plus invité ! Un matin au culte où on l’a prié d’être là au milieu des participants, Il est venu et Il n’est plus reparti. Il est toujours au milieu de nous. Emmanuel. Il reste avec nous.
Mais il me semble que nous sommes tour à tour des Marthe ou des Marie, parce que une Marthe sans un peu de Marie chaque jour, ce n’est plus une Marthe qui invite, qui s’agite, qui se fait du souci pour les autres pour que tout aille bien ; et une Marie qui resterait assise sue sa bonne part doit se relever. Sa place l’autorise sans doute à annoncer la Bonne Nouvelle, celle que Marthe a oubliée à cause de sa solitude dans le service ; mais l’une et l’autre ont à dire, à manifester la même chose qu’on risque toujours d’oublier lorsqu’on veut prendre des raccourcis. Notre fait, c’est de reconnaître qu’avant de nous demander quoi que ce soit, exercer le service des tables ou de la Parole, nous devons comprendre, croire et accepter d’avoir été et d’être servi par Jésus-Christ ; « et moi je suis au milieu de vous comme celui qui sert ». Luc 21 v. 27.
Amen.




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