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Luc 10 v 1-20 (Alphonse MAILLOT)
Texte : Luc 10/1-20
Genre : Notes homilétiques Auteur : Alphonse MAILLOT Source : Qui est mon prochain ? — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année C [juillet-août]. Mission Intérieure de l’Eglise Evangélique Luthérienne, 1992 (p. 32-34). 4° dimanche après la Pentecôte ou 14° dimanche ordinaire Luc 10/1-20 Il y a des gens pour croire et écrire que Jésus n'avait pas prévu qu'une Eglise viendrait après lui. Autant dire alors que sa mort aussi fut un "accident". Toujours est-il que des textes comme celui de ce jour (étayé par de nombreux parallèles, dont les divergences ne font que confirmer l'ancienneté) devraient nous rendre plus prudents. Mais auparavant, après avoir dit quelques "méchancetés" sur la TOB (pour la première lecture de ce dimanche), je ne peux, avec ce texte de Luc, que convenir qu'après le nombre et la pertinence de ses notes à propos de ce passage, je n'ai plus grand'chose à ajouter. Pourtant, un premier détail non relevé, c'est "deux par deux" que sont envoyés les disciples (apôtres), et on se souviendra de 19/29 ; mais aussi Jean-Baptiste (en Luc 7/19) ; et même Genèse 19/11, etc. ou Jean 8/17 : "Le témoignage de deux hommes... est vrai" ; ceci jette une lumière sur ce passage ; la prédication de l'Evangile faite par deux personnages est plus fiable, que donnée par un seul. Cela devrait être médité. Tout comme Qohélet 4/9-12, qui rappelle que, si deux valent mieux qu'un, c'est parce qu'en cas de maladie ou de découragement, l'un des deux a la force d'aider celui qui défaille, à retrouver ses forces. Ici encore, c'est à méditer, surtout dans les Eglises où, trop souvent, les ministres souffrent d'un individualisme qui, non seulement les rend difficiles à supporter, mais plus encore, fragiles. On relèvera cependant que, quoique fort nombreux (70 ou 72 suivant les manuscrits) selon nos critères, pour la tâche immédiate qui les attendait, les envoyés sont cependant estimés trop peu abondants par Jésus (v. 2), et ils doivent alors "prier le maître d'envoyer d'autres ouvriers dans sa mission". Je connais des Eglises qui "se mordent les doigts" d'avoir pensé un jour qu'elles avaient trop d'étudiants dans leurs Séminaires ou dans leurs Facultés. L'envoyé doit prier pour que d'autres l'accompagnent et lui succèdent. Surtout en nos pays où les loups (v. 3) sont devenus rares. La fin du v. 4 revient à recommander aux ministres de l'Evangile de ne pas laisser dévorer leur temps précieux en salamalecs et civilités du même ordre, moyens conscients ou inconscients avec lesquels le monde se charge de diluer et de noyer le sel de l'Evangile. Cependant je crois qu'il faut faire attention au v. 6 et à "l'homme de paix". Ce n'est pas nécessairement un homme qui est disposé à recevoir l'Evangile, ni un homme qui va le recevoir, mais probablement un "homme qui accepte d'écouter", qui ne commence pas par discutailler, par objecter ou étaler son savoir (la lecture des Proverbes nous montrerait de tels hommes ouverts qui écoutent avant de parler). Bien entendu, on ne manquera pas de relever le v. 7a (à mettre en parallèle dans 1 Corinthiens 9/14-18 et 2 Corinthiens 8 et 9) afin de dissiper les complexes des pasteurs salariés ("on donne bien du blé aux vaches"..., dira Paul : 1 Corinthiens 9/9). Quant au v. 7b qui semble bien ne pas concorder avec d'autres recommandations à ne pas rester trop longtemps au même endroit, il les équilibre plutôt en disant : "Ne faites pas du porte à porte". Pas de visites superficielles trop rapides ; prenez le temps de connaître les gens chez qui vous allez, de leur parler, etc… C'est l'archétype des visites pastorales ! Cependant, si l'ordre du v. 9 nous laisse certainement tous perplexes, sauf à le comprendre : "Soignez les malades" (ce qui d'ailleurs est plus près du texte), on relèvera la solennité (mais pas pompeuse) de ces visites : "Le Royaume est là, tout près" (v. 9) ; et pour ceux qui l'auront refusé : "Il s'était approché !" (v. 10 in fine). Quant au v. 16 (car il ne nous appartient pas de dire où est aujourd'hui Sodome ou Bethsaïde... pas plus que Tyr ou Sidon), il rappelle pourquoi il en est ainsi : derrière les envoyés (cf. le "devant lui" du v. 1), il y a Jésus ; ils accomplissent, en annonçant le Royaume tout proche, ce qu'il devait faire lui-même (v. 1 encore). Et même, ils viennent à bout de Satan. Puissent les ministres de l'Evangile, et tous ceux qui l'annoncent ce matin-même, se souvenir de cette promesse, sans oublier pour autant la petite pointe d'humour et d'appel à la modestie du v. 20b. Autres textes de la même catégorie
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