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Luc 10, 1-20 (Marie Noëlle Thabut)
Dimanche 4 Juillet 2004
Quatrozième dimanche du temps ordinaire Par Marie Noëlle Thabut EVANGILE - Luc 10, 1...20 Cet évangile suit immédiatement celui de dimanche dernier : nous avions vu Jésus aux prises avec les arrachements que sa mission a exigés de lui : accepter l'insécurité, sans avoir rien pour reposer la tête, laisser les morts enterrer leurs morts, c'est-à-dire savoir faire des choix crucifiants, mettre la main à la charrue sans regarder en arrière, accepter d'affronter la mort en prenant résolument le chemin de Jérusalem. On devine les tentations qui se profilent à chaque fois derrière les décisions qu'il a dû prendre. Luc nous le montre sur la route de Jérusalem : Jésus a surmonté toutes les tentations ; le prince de ce monde est déjà vaincu. Il lui reste à transmettre le flambeau : il envoie ses disciples en mission à leur tour. Il est urgent de les préparer puisque son départ à lui approche. Et il leur donne tous les conseils nécessaires pour les préparer à affronter les tentations qu'il connaît bien : eux aussi seront affrontés aux mêmes tentations. Eux aussi connaîtront le refus : comme Jésus avait essuyé le refus d'un village de Samarie, ils doivent se préparer à essuyer des refus ; mais que cela ne les arrête pas. Quand ils devront quitter un village, qu'ils disent quand même en partant le message pour lequel ils étaient venus : "Sachez-le : le règne de Dieu est tout proche." Mais pour bien montrer que leur démarche était totalement désintéressée, et que les bénéficiaires du message restent toujours libres de le refuser, ils ajouteront : "Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds, nous la secouons pour vous la laisser." Eux aussi connaîtront la haine : "Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups." Ils devront quand même inlassablement annoncer et apporter la paix : "Dans toute maison où vous entrerez, dites d'abord Paix à cette maison. S'il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui." Il faut à tout prix croire à la contagion de la paix : quand nous souhaitons vraiment de tout coeur la paix à quelqu'un, réellement la paix grandit. On le sait d'expérience. Encore faut-il que notre interlocuteur soit lui aussi ami de la paix ; s'il ne l'est pas, Jésus leur dit "Secouez la poussière de vos pieds" , c'est-à-dire ne vous laissez pas alourdir par les échecs, les refus... Que rien ne vous fasse "traîner les pieds", en quelque sorte ! Eux aussi connaîtront l'insécurité : Jésus, lui-même, il faut bien le dire, se présentait comme un "Sans domicile fixe", lui qui n'avait pas d'endroit où reposer la tête" ; si l'on comprend bien, il en sera de même de ses disciples : "N'emportez ni argent, ni sac, ni sandales." Eux aussi devront apprendre à vivre au jour le jour sans se soucier du lendemain, se contentant de "manger et boire ce qu'on leur servira" , tout comme le peuple au désert ne pouvait ramasser la manne que pour le jour même. Eux aussi auront des choix à faire, parfois crucifiants, à cause de l'urgence de la mission : "Laisse les morts enterrer leurs morts, mais toi, va annoncer le Règne de Dieu" (Lc 9, 60) était une phrase exigeante pour dire que les devoirs les plus sacrés à nos yeux s'effacent devant l'urgence du Royaume de Dieu. "Ne vous attardez pas en salutations sur la route" est une phrase du même ordre : pour ses disciples qui étaient des orientaux, les longues salutations étaient un véritable devoir. Eux aussi devront résister à la tentation du succès : "Ne passez pas de maison en maison." Eux aussi devront apprendre à souhaiter transmettre le flambeau à leur tour : la mission est trop grave, trop précieuse, pour qu'on l'accapare : elle ne nous appartient pas ; car l'une des tentations les plus subtiles est sans doute de ne pas souhaiter vraiment d'autres ouvriers à nos côtés. "Priez le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers à sa moisson" : il ne s'agit pas d'instruire Dieu de quelque chose qu'il ne saurait pas, à savoir que nous avons besoin d'aide. Il le sait mieux que nous ! Il s'agit pour nous, en priant, de nous laisser éclairer par Lui. La prière ne vise jamais à informer Dieu : ce serait bien prétentieux de notre part ! Elle nous prépare à nous laisser transformer, nous . Dernière tentation : la gloriole de nos réussites. "Ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms sont inscrits dans les cieux" : il faut croire que, de tout temps, le vedettariat guette les disciples : les véritables apôtres ne sont peut-être pas les plus célèbres. On peut penser que les disciples ont surmonté toutes ces tentations puisque, à leur retour, Jésus pourra leur dire : "Je voyais Satan tomber du ciel comme l'éclair." Jésus qui entreprend sa dernière marche vers Jérusalem puise là sûrement un grand réconfort ; puisque aussitôt après Luc nous dit "A l'instant même, il exulta sous l'inspiration de l'Esprit Saint et dit : Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l'avoir révélé aux tout-petits." Autres textes de la même catégorie
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