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Luc 1 v 1-1 ; 4v 14-21 (Alphonse Maillot)
Texte : Luc 1/1-1 & 4/14-21
Genre : Notes homilétiques Auteur : Alphonse MAILLOT Source : Mon âme magnifie le Seigneur — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année C – Avent-Noël-Epiphanie. Mission Intérieure de l’Eglise Evangélique Luthérienne, 1991 (p. 77-79). 3° dimanche ordinaire Luc 1/1-4 et 4/14-21 Je n'ai pas réussi à découvrir les liens (secrets ?) que les responsables des listes de lecture ont pensé discerner entre ces deux textes. J'espère que les lecteurs manifesteront plus de finesse que moi. 1/1-4 : Prenons donc tout d'abord le préambule où, non seulement dans la manière, mais aussi dans la majesté de sa langue, Luc reprend les usages grecs. Luc tient à rappeler d'entrée qu'il est fondamentalement et formellement un vrai Grec, ce qui rend certaines de ses affirmations ou quelques-uns de ses récits plus marquants. Par exemple (je l'ai dit ailleurs, mais certains clous valent la peine d'être bien enfoncés), il est l’évangéliste qui met le mieux en relief le rôle des femmes, alors que les grecs (de l'époque) étaient les plus virulents des misogynes. Je délaisse le cœur du texte, sur lequel la TOB donne de très pertinents renseignements, car, avec quelques exégètes, c'est à "l'honorable (!) Théophile" que j'entends m'intéresser (cf. Actes 1/1). En effet, il me semble que c'est un "mot-clef" = l'Aimant Dieu = tous ceux qui aiment Dieu. Or, il y avait beaucoup de Grecs qui étaient des Théophiles, des "aimants-Dieu", mais ne sachant pas qui mettre sous ce nom (cf. Actes 17/23). Et celui que tous les Théophiles vénèrent, Luc entend à sa manière le leur faire découvrir dans la personne de l'homme Jésus, qu'il va prendre un soin infini à resituer dans l'histoire concrète des hommes. Il a donc pris toutes ses précautions, consulté des témoins de première... main, ou mieux "de première vue", pour raconter la vie de Jésus, mais plus précisément à tous les Théophiles (Grecs ou parlant grec en particulier) qui vont de par ce monde. Et il va alors commencer cette histoire (v. 5) : "Il était, non pas une fois, mais aux jours d'Hérode, etc…". Et si, jusqu'ici, il s'est fait grec avec les Grecs et pour les Grecs, maintenant il va (tout en la situant bien pour que chacun se souvienne que l'histoire de Jésus n'est pas un mythe, mais une histoire vraie, terrestre) n'être plus que chrétien, en se consacrant uniquement à la vie de Jésus, ou plus exactement aux événements et paroles concernant le Christ, qui l'ont marqué le plus. 4/14-21 : Après la tentation (une vraie celle-là) traversée "au désert", Jésus commence son ministère galiléen. On insistera sur ce choix de la ville et la région, qui n'est pas fait seulement parce que Jésus a été élevé à Nazareth, mais surtout parce que les Galiléens (et leur religion) étaient mal considérés par les Juifs grand teint (Luc 13/1-5 ne manquera pas de rappeler à ces derniers qu'il pourrait bien leur arriver les mêmes malheurs — cf. Siloé — qu'aux Galiléens..., s'ils ne changent pas de manière de comprendre le monde et les autres, et s'ils ne se sortent pas de cette vue simpliste : "Tout ce qui n'est pas judéen est hérétique"). Et Jésus rencontre (par la puissance de l'Esprit : 4/14) d'abord un grand succès. Comme tout Juif adulte en avait le droit, au moment capital du culte (la lecture de la Torah), il déroule le rouleau d'Esaïe et y choisit (c'est sans aucun doute très intentionnel) le chapitre 61, où il lit les phrases rapportées aux v. 18-19 : Esaïe 61/1-3c, versets auxquels il ajoute, non sans une vigueur et une liberté souveraines, Esaïe 58/6. On regrettera que Luc ait oublié (en Esaïe 61/1) "panser les cœurs brisés" (car cette dernière expression désigne certainement les neurasthéniques et autres déprimés pour qui le Christ est aussi venu). Jésus affirme donc : a) "Je suis le Messie attendu" : 61/1 (il en a eu la certitude définitive après son baptême et la Tentation) ; et il va "exposer son programme". b) "Il me revient, dit-il, d'annoncer l'Evangile à ceux qu'on méprise et "rejette dans les coins" (les "humiliés" qui font un jeu de mots continuel dans l'Ancien Testament avec "pauvres"). c) "Il me revient de libérer les captifs ; les captifs, en particulier des ordonnances humaines ou d'une Torah mal comprise", etc… Tous les termes sont à prendre ici dans leur double sens : par exemple, aveugles physiques et aveugles spirituels (Jean 9). d) Et surtout avec Esaïe 58/6 : "Il me revient de délivrer les opprimés", puis avec un retour à 61/2 (tronqué !) d'instaurer une année jubilaire (où tous les esclaves doivent être libérés). Jésus comprend son ministère à venir comme l'arrivée du fameux Jubilé de Lévitique 25/10-13, dont beaucoup pensent qu'il reste lettre morte. Jésus, en tout cas, entend le vivre et le faire vivre à tous. On comprendra le scepticisme des auditeurs. Autres textes de la même catégorie
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Luc 01 v 1-4 Pierre Muller