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Luc 09 v 28b-36 Aimé Berthalon
Texte : Luc 9/28b-36
Genre : Prédication Auteur : Aimé BERTHALON Source : Prédication pour le 11.03.2002 (2° dimanche du Carême). Bible et Liturgie. Prière Au moment où nous allons ouvrir ta Parole, donne-nous, Seigneur, de l'écouter ; donne-nous de la recevoir ; donne-nous ton Esprit, pour que ce passage soit pour nous Bonne Nouvelle. Lectures bibliques : Luc 9/28-36 2 Pierre 1/12-21 Prédication Les tentes que veulent dresser les apôtres et le détail chronologique "une semaine après" au premier verset de la lecture de Luc, permettent de penser que cet épisode de la Transfiguration est situé par Luc, comme par Marc et Matthieu, à l'époque de la fête des tentes ou des Tabernacles, fête importante pour le peuple juif, fête qui rappelle la marche du peuple au désert, après la sortie d'Egypte. Toute la famille devait, pendant huit jours, vivre dans des huttes de branchages. A l'origine, il s'agissait certainement d'une fête agricole à l'automne, et la fête des Tabernacles a été confondue avec cette fête des récoltes, qui était en premier lieu la fête des vendanges. Au moment où le raisin mûrissait, on avait l'habitude de construire des cabanes de branchages près des vignes pour surveiller la récolte et empêcher les déprédations des animaux et le vol des raisins. Et, au fur et à mesure que les siècles s'écoulaient, cette fête était devenue une célébration liée à l'histoire d'Israël. Tous les sept ans, c'était l'occasion d'effectuer une lecture solennelle de la Loi, ce qui était comme un renouvellement de l'Alliance du Sinaï. C'était devenu, après l'exil, un moment d'exaltation nationaliste et, sous les occupations successives, après la déception provoquée par la disparition du royaume des Maccabées qui, eux, avaient obtenu l'indépendance du pays et ravivé la flamme nationale, cette fête des Tabernacles était l'occasion, pour les extrémistes juifs, de montrer leur attachement au royaume de David, toujours écrasé par les Romains au début de notre ère. Et c'est peut-être pour cette raison que Jésus se retire à l'écart, d'abord pour éviter que le peuple entraîné par les extrémistes et par la présence de ce Messie, ne cherche à le faire roi, et surtout pour éviter que les disciples eux-mêmes — on se souvient du caractère de Pierre — ne se laissent gagner par cette fièvre politique qui n'avait rien à voir avec sa mission et son ministère. Et Matthieu, plus précis que Luc, dit : "six jours après", ce qui correspond probablement au premier jour de la fête des Tabernacles qui était le Grand Jour de l'Expiation, jour où le nationalisme juif était le plus visible. Ce récit de la Transfiguration se situe à un moment bien précis du ministère de Jésus, et les évangélistes l'ont placé au même moment : avant la montée vers Jérusalem et la croix, et après la confession de Pierre : "Tu es le Christ" et la première annonce de la Passion. D'aucuns y ont vu une légende de la résurrection, d'autres le thème de l'intronisation royale, mais, avec le plus grand nombre, nous pouvons admettre que les choses se sont bien passées comme Luc le dit et le croit. Le témoignage de Pierre dans le passage de l'épître est clair à ce sujet : "Nous vous affirmons ce que nous avons vu et entendu". Dans ce récit de la Transfiguration, nous retrouvons les trois témoins de la résurrection de la fille de Jaïrus : Pierre, Jacques et Jean. Ils sont aussi au Jardin des Oliviers. La relation entre ces trois épisodes de la vie de Jésus s'impose. Le premier, la résurrection de la jeune fille, manifeste le pouvoir de Jésus sur la mort. Le deuxième, la Transfiguration, est une anticipation de la gloire de la Résurrection. Le troisième, Gethsémané, parle de souffrances extrêmes, d'agonie, en contraste total avec les deux premiers. Mais il montre de quelle manière Jésus marche vers sa gloire, en acceptant de rentrer pleinement dans le plan de Dieu. Le langage de ce passage de l'évangile rappelle le langage de l'Apocalypse. Les vêtements blancs, l'aspect du visage qui rayonne, signifient que Dieu lui-même fait reposer sa gloire sur Jésus, et atteste sa messianité. La présence d'Elie et de Moïse apporte le témoignage de l'Ecriture qui annonçait la venue du Messie. L'incompréhension des disciples est une réaction humaine bien normale devant un tel événement. C'est Pierre qui exprime la bonne volonté maladroite des trois disciples quand il propose de monter trois tentes, ce qui n'est pas sans rappeler la fête des Tabernacles. La présence divine se manifeste par une nuée, comme lors de la fuite d'Egypte, et par la voix qui s'adresse aux disciples en leur recommandant d'écouter ce Fils à qui son Père rend témoignage. Que pouvons-nous retenir de cette lecture de Luc ? Peut-être deux choses : - en premier lieu, retenir que le plan de Dieu s'accomplit. Le Messie annoncé par les prophètes est là sur cette montagne de la Transfiguration, et la voix céleste le confirme : "Celui-ci est mon Fils, mon élu". Elie, précurseur du Messie selon une tradition très ancienne, participe à cette scène, ainsi que Moïse, celui avec qui l'Alliance fut conclue au Sinaï. La présence d'Elie et de Moïse, c'est le témoignage de l'Ecriture qui annonçait cette venue du Messie. Donc, peut-être, la première chose à retenir, c'est la fidélité de Dieu, car sa promesse a été réalisée. - en second lieu, retenir que Dieu ne nous laisse pas seuls pour réaliser ce qu'il nous demande. Notre lecture de ce chapitre 9 de Luc nous dit que les disciples étaient désemparés. Durant ces quelques jours qui ont précédé la Transfiguration, après la période exaltante qui a vu la résurrection de la fille de Jaïrus, l'envoi en mission des douze, la multiplication des pains, voilà que Jésus leur dit, en Luc 9 au verset 22, "qu'il fallait qu'il souffre beaucoup, qu'il soit rejeté par tous, qu'il soit mis à mort et qu'il ressuscite". Puis, au verset 23 : "Si quelqu'un veut me suivre, qu'il se charge de sa croix". C'est très dur pour les disciples d'entendre leur maître leur dire qu'il fallait qu'il meure et qu'eux-mêmes seraient persécutés. Ils ont besoin de quelque chose qui les réconforte et qui les rassure. Ils ont besoin d'un signe qui leur montre que les souffrances et la mort de leur maître ne réduiront pas à néant leur espérance. Et c'est la Transfiguration, avec cette assurance donnée par Dieu lui-même que Jésus est bien le Messie annoncé. Et pour leur donner confiance, c'est cette blancheur, ce rayonnement, cette nuée, cette voix qui sont des signes du Royaume. Certes, la rassurante vision de la Transfiguration va disparaître. Mais ce moment intense leur est pourtant donné pour qu'ils aient la force d'avancer un peu plus sur le chemin où ils se sont engagés avec Jésus. Et pour nous, c'est peut-être quelquefois la même chose. Dieu nous donne des moments forts, des signes qui nous permettent d'avancer un peu plus, comme les disciples. Signes différents selon les individus. Pour les uns, ce sera une lecture ; pour les autres, peut-être un cantique, une rencontre, un exaucement. Pour l'apôtre Paul, le signe a été le chemin de Damas ; pour Pascal, le signe a été une nuit d'extase où la parole du Christ lui a été révélée. Plus près de nous, pour un chrétien hindou dans les années 20, le sadhou Sundar Singh, qui a évangélisé une partie de la région himalayenne dans des conditions extrêmement difficiles, pour lui, le signe qui lui permettait d'avancer, c'était une présence invisible à ses côtés. A nous de reconnaître ces moments de notre vie où le Seigneur nous a donné un signe. Et, comme les disciples, sûrs de sa fidélité et de son assistance, à nous d'avancer ! Amen. Envoi Va sur les routes de la vie, tu n'es pas seul. Ouvre les mains, partage ton pain, libère ton cœur, oublie ta peur. Dieu te porte. Tu te dis son disciple. Deviens son témoin. Bénédiction Ensemble nous recevons la bénédiction : "Que le Dieu de la paix, de l'amour et de l'espérance nous bénisse, le Père, le Fils, le Saint-Esprit". Autres textes de la même catégorie
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Cultes contemporains
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