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Luc 05 v 1-11 Jean-Daniel Wohlfahrt
Luc 5/1-11
Ils laissèrent tout et le suivirent. Deux barques pleines à en déborder de poissons. Ils laissèrent tout. J'en connais qui auraient dit: "0n va d'abord mettre tout cela au congélateur puis on viendra". ou encore "il faut vendre, mettre l'argent à la banque, puis on viendra" . Qui sait ce qui ce passera plus tard Peut-être aussi: "On va d'abord distribuer aux pauvres puis on viendra". Pierre et Jean étaient travailleurs. Ils connaissaient la valeur du travail, ils connaissaient la valeur de la nourriture gagnée à la sueur de leur front. Voilà qu'ils abandonnent tout sur place, sans hésitation sans discussion, sans rien mettre de côté, pour un homme qu'ils connaissent à peine. Nous sommes au début du long périple de Jésus dans la Palestine. Difficile à admettre? pas pour celui qui a rencontré Christ. Que s'est-il donc passé pour que ces hommes durs abandonnent une telle pêche? Ils ont obéi au Christ! Ne crains point, désormais tu seras pêcheur d'hommes. Est-ce donc l'attrait d'un nouveau métier, la possibilité d'abandonner un métier fait de lutte contre les éléments ingrats et périlleux? La nouvelle existence? Le texte nous montre qu'il n'obéit pas par calcul, par intérêt, il obéit spontanément. Pierre s'est converti et à partir de cela rien ne compte sinon Christ et le royaume de Dieu. Cette conversion est évoquée avec beaucoup de pudeur: elle tient en deux mots: "Maître, Seigneur". Dans le premier il y a l'estime de Pierre pour cet homme qui vient de guérir sa belle-mère. L'estime pour cet homme qui sait parler aux foules: "Maître nous avons travaillé toute la nuit sans rien prendre; mais sur ta parole je jetterai les filets". C'est ce maître qui fera le miracle. A-t-on le droit de dire que l'obéissance de Pierre est la conséquence d'un espoir de pêche après tant d'heures d'efforts inutiles? Pierre s'attend-il à une récompense pour avoir prêté sa barque à Jésus? Il semble qu'il ait obéi sans grand espoir. D'abord qu'est-ce que Jésus connaît de la pêche? N'est-il pas charpentier? Et cet ordre de jeter les filet en pleine eau ne contredit-il pas les règles de la pêche? Pierre obéit et le miracle se produit. la pêche est surabondante, il faut faire venir une deuxième barque à la rescousse. Et l'épouvante les saisit la crainte devant l'incompréhensible. La crainte devant l'intervention du surnaturel, de Dieu. Cette pêche extraordinaire n'est que l'aspect le moindre du miracle: le miracle c'est dans le cœur de Pierre qu'il s'accomplit: Seigneur, retire-toi de moi parce que je suis un homme pécheur. La reconnaissance de Pierre, de sa véritable nature de pécheur à qui une grâce a été faite. Oh non pas la grâce d'une barque pleine mais la grâce de la rencontre de Dieu en Jésus-Christ . Il comprend que quand on a rencontré Jésus, quand Jésus s'est emparé de quelqu'un Qu'une seule chose est importante: le salut, l'obéissance et l'adoration: "Seigneur", plus le maître qui remplit la vie, le Seigneur qui lave les péchés et sauve le pécheur Mais comment s'est opéré la grâce de cette conversion car c'est bien de cela qu'il s'agit? C'est la rencontre qui a opéré ce miracle, La guérison de la belle mère de Pierre est-ce que cela le concernait personnellement? Non. Un miracle qui touche les autres excite notre admiration, peut-être aussi notre scepticisme mais surtout l'admiration. La lecture des récits de miracles peut nous faire admirer mais ne nous fera pas abandonner le résultat si tangible de votre travail pour suivre l'inconnu qui a réalisé le miracle. Pour arriver à délaisser barques, filets et poissons Pierre a été touché dans ce qu'il avait de plus profond, de plus caché, de plus secret: sa nature profonde, sa nature de pécheur. Jésus lui a fait dire tout haut ce qu'il n'osait dire tout bas: je suis un homme pécheur. Cette rencontre a été une rencontre personnelle. Pierre réparait ses filets en écoutant Jésus parler à la foule mais quoi? Pendant le =sermon on ouvre le parapluie et tout passe sur les épaules des voisins. Ce n'est pas le sermon qui a agit. C'est l'appel direct. Jésus n'a pas besoin des hommes il n'a que faire d'une masse anonyme. Il veut Pierre. Il te veut toi, il me veut moi à son service. Pour Pierre cela commence par la barque que Jésus emprunte , cela commence parce que ce n'est pas terminé pour autant. Nous ne nous mettons pas définitivement en ordre avec Jésus en lui donnant un peu de ce que nous possédons. Jésus veut régner sur nos forces, nos possibilités, nos connaissances et nous mettre totalement à son service. Pour cela Jésus nous cherche personnellement. Pierre ne se décide pas. Jésus l'appelle. Il ne l'appelle pas à travers le sermon mais à travers la rencontre personnelle. C'est quand la foule se sépare que commence le travail du Christ. Alors le sermon n'a-t-il servi à rien? La prédication de l'Eglise est-elle vaine ? Non car elle sensibilise, elle veut préparer le chemin du Seigneur et nous préparer tous à la rencontre du Christ. Quand on limite sa vie religieuse au culte du dimanche, on risque de passer à côté de l'appel du Christ, parce que Christ n'est pas toujours là quand nous l'attendons mais il nous surprend comme il a dû surprendre Pierre en lui demandant de le conduire. Jésus ne vient pas à nous à heure fixe; il n'attend pas toujours que nous soyons dans ce qu'on appelle une situation propice de douleur, de tristesse, de découragement ou d'isolement. Il y a des rencontres à ces moments-là mais aussi en dehors de ces heures. Pierre réparait ses filets et rien ne laisse dire qu'il était attristé de ses efforts vains de la nuit. Jésus a besoin de lui d'abord pour une petite chose insignifiante, l'éloigner de la côte, le conduire. Et bien souvent Jésus prend contact avec nous par de petites demandes qui nous semblent insignifiantes et que nous aurions tendance à oublier, à refuser car, quel est leur rapport avec le royaume de Dieu que nous voulons atteindre? C'est le premier pas que fait Jésus et il a dû surprendre Pierre mais il doit nous faire penser à cette phrase que Jésus fait dire au maître de ce serviteur: "tu as été fidèle dans les petites choses, je t'établirai sur les grandes. Pierre était disponible pour les petites choses. Il le sera aussi pour les grandes, pour l'évangélisation, pour l'appel, la pêche des hommes. Jésus ne demande pas tout de suite à Pierre de prouver sa foi en allant de par le monde; d'abord les petites choses. Dans notre vie n'en est-il pas de même? Dieu nous demande beaucoup de petites choses. Sommes-nous prêts à les accomplir, sommes-nous prêts à nous mettre au service de Dieu dans tout ce qu'il nous demande, Même dans les tâches ingrates ou attendons-nous que Dieu nous demande d'être pêcheurs d'hommes? Si nous n'entendons pas ces petits appels il n'y aura jamais d'autres appels. Ne soyons donc pas comme le héron de la fable qui ne voulut pas pour si peu ouvrir son bec et qui s'en est repenti. Dieu appelle des disciples, et si nous savons le voir, le recevoir en nous, en tant que Seigneur, alors il nous dira à nous: "Tu seras pêcheur d'hommes". Et si notre découverte de Christ passe par les mêmes étapes que celle de Pierre alors le problème de savoir ce que nous abandonnons ne se pose plus parce que nous laisserons tout pour le suivre. Autres textes de la même catégorie
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Luc 05 v 1-11 Francis BOSC